F. Cor­teg­gia­ni, un ogre de la BD

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs -

Fran­çois Cor­teg­gia­ni, des­si­na­teur puis scé­na­riste de bande des­si­née, a pu­blié près de 220 al­bums ! De La jeu­nesse de Blue­ber­ry à Alix en pas­sant par Pif ou les Pieds Ni­cke­lés, il per­pé­tue la lé­gende de la BD !

De­puis quand vous in­té­res­sez-vous à la bande des­si­née ?

Je suis pas­sion­né par la BD de­puis l’âge de 7 ans. Je ne sor­tais pas, je li­sais tout ce qui me tom­bait sous la main, comme Tin­tin, Spi­rou. Mon père avait un co­pain bu­ra­liste qui lui re­fi­lait tous les pe­tits for­mats : Pé­pi­to, Tar­tine ou Blek le Roc. Ma voi­sine me re­pas­sait Vaillant, un heb­do de bandes des­si­nées, proche du Par­ti com­mu­niste. Ma mère, qui était pieuse, m’ap­por­tait des re­vues ca­tho­liques. Plus tard, grâce aux re­vues Phé­nix et Char­lie Men­suel, j’ai dé­cou­vert la BD amé­ri­caine. Comment de­vient-on des­si­na­teur ou scé­na­riste ?

J’ai tou­jours vou­lu faire de la BD, ra­con­ter des his­toires. J’ai dé­bu­té dans un jour­nal qui s’ap­pe­lait L’Es­poir heb­do, à Nice. En 1970, au sa­lon du livre de Nice, je ren­contre Fran­quin et Tillieux. Mais aus­si Peyot, qui vou­lait que j’aille tra­vailler chez lui. Mon père n’a pas vou­lu, je n’étais pas ma­jeur. Si­non, j’au­rais des­si­né des Sch­troumpfs toute ma vie ! D’autres ren­contres ont été dé­ter­mi­nantes ?

Oui, quand une des toutes pre­mières li­brai­ries de BD s’est im­plan­tée à Nice. Un jour, Phi­lippe Druillet et Jean Gi­raud [Alias Gir, Moe­bius, NDLR] ont dé­bar­qué dans la bou­tique. Ils m’ont conseillé de mon­ter à Pa­ris. Ce que j’ai fait, en 1973. Puis tout s’est en­chaî­né. Et quand je suis al­lé voir Ch­ris­tian Go­dard, créa­teur de Nor­bert et Ka­ri et Mar­tin Mi­lan, pour lui de­man­der des scé­na­rios, il m’a conseillé de les écrire moi-même. Voi­là comment cette aven­ture a dé­mar­ré. En re­vanche, je ne peux tra­vailler qu’avec des des­si­na­teurs avec les­quels je m’en­tends bien. Parce qu’il faut une réelle col­la­bo­ra­tion entre le scé­na­riste, le des­si­na­teur et le co­lo­riste. Comment faites-vous pour pas­ser d’une his­toire à une autre ?

Telle his­toire me re­pose de telle autre ! Blue­ber­ry me re­pose d’Alix, qui me re­pose de Pif, qui me re­pose des Pieds Ni­cke­lé, etc. La lit­té­ra­ture, le ci­né­ma m’ins­pirent. Je bou­quine énor­mé­ment : des ro­mans d’aven­tures de Jack Lon­don ou Ro­bert Louis Ste­ven­son. D’ailleurs, Je vis au mi­lieu de tel­le­ment de bou­quins qu’il me se­rait im­pos­sible de dé­mé­na­ger ! Comment se porte la BD, au­jourd’hui ?

La vi­trine est très belle, mais le mé­tier est de plus en plus pré­caire. Peu d’au­teurs en vivent vrai­ment. Pour les plus jeunes, c’est com­pli­qué. À notre époque, il y avait des jour­naux.

On pou­vait être tes­té sur 3 ou 4 pages. Main­te­nant, c’est l’al­bum di­rect. Et si les ventes ne sont pas au ren­dez-vous, c’est ter­mi­né, à la trappe !

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