Leur ma­ni­fes­ta­tion n’était pas au­to­ri­sée, des élus convo­qués

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage et Suisse Normande - Maxime Tur­ber­ville.

Face à la po­lé­mique, le Ser­vice dé­par­te­men­tal d’in­cen­die et de se­cours (SDIS) du Cal­va­dos a dé­ci­dé de re­por­ter la mise en place de la fac­tu­ra­tion de cer­taines in­ter­ven­tions.

La dé­ci­sion avait été prise qu’à par­tir du 1er avril 2016, cer­taines in­ter­ven­tions des sa­peurs­pom­piers du Cal­va­dos se­raient dé­sor­mais payantes : 463 € pour le dé­clen­che­ment in­tem­pes­tif d’une alarme in­cen­die, 241 € pour re­le­ver une per­sonne âgée tom­bée à son do­mi­cile, ou pour gé­rer une al­coo­lé­mie ex­ces­sive…

La me­sure an­non­cée sans tam­bour ni trom­pette par JeanLéonce Du­pont, pré­sident UDI du con­seil dé­par­te­men­tal du Cal­va­dos et du syn­di­cat dé­par- te­men­tal des ser­vices de se­cours a ins­tan­ta­né­ment dé­clen­ché une vé­ri­table tem­pête mé­dia­tique à l’échelle du pays tout en­tier.

Il ap­pa­raît que les sa­peurs pom­piers ne sont pas prêts du point de vue tech­nique à éta­blir les fac­tu­ra­tions. Au­cune date n’est d’ailleurs avan­cée pour sa­voir quand la fac­tu­ra­tion se­ra ren­due pos­sible.

Il faut dire que la pres­sion contre cette me­sure n’est pas seule­ment d’ordre mé­dia­tique. Le syn­di­cat CGT des pom­piers a ain­si dis­tri­bué des tracts sur les mar­chés tan­dis qu’un col­lec­tif de ci­toyens a lan­cé une pé­ti­tion sur In­ter­net.

kLa CFDT à son tour est mon­tée au cré­neau.

Trois élus du pays de Briouze ont été en­ten­dus par la gen­dar­me­rie de la Fer­té-Ma­cé jeu­di 17 mars. Leur ras­sem­ble­ment contre l’écla­te­ment de leur CdC n’avait pas été au­to­ri­sé par la pré­fec­ture.

La gué­guerre entre la pré­fec­ture de l’Orne et cer­tains élus du pays de Briouze se pour­suit. Sa­me­di 12 mars, en­vi­ron 300 per­sonnes, des élus et des ha­bi­tants de la CdC de Briouze, pro­testent contre le dé­cou­page de leur com­mu­nau­té de com­munes dé­ci­dé dans le cadre de la ré­forme ter­ri­to­riale.

Plu­sieurs points de dé­parts sont au pro­gramme no­tam­ment à Saint-Hi­laire-de-Briouze et Poin­tel. Ils dé­cident de faire une marche puis de se réunir à Briouze, en centre-bourg, sur la voie pu­blique.

Sauf que le dos­sier de de­mande de ma­ni­fes­ta­tion, obli­ga­toire, n’a ja­mais été en­re­gis­tré en pré­fec­ture.

Le jeu­di 17 mars, Ch­ris­tine Pom­mier, maire de Saint-Hi­lai­rede-Briouze, Jean-Claude Bi­gnon, maire de Li­gnou et Bru­no Au­vray, maire du Grais et pré­sident de la CdC sont convo­qués à la gen­dar­me­rie de La Fer­té-Ma­cé.

« On s’y at­ten­dait. Les gen­darmes étaient sur place. Il n’y a pas eu d’en­trave à la cir­cu­la­tion ni de blo­cage de la route de La Fer­té-Ma­cé. C’était juste une opé­ra­tion es­car­got », se dé­fend Ch­ris­tine Pom­mier.

Neuf maires sur les 12 de la CdC étaient pré­sents se­lon l’élue.

Pour­quoi ne pas avoir de­man­dé l’au­to­ri­sa­tion en pré­fec­ture ? « On nous l’au­rait re­fu­sée. Le sous-pré­fet avait ap­pe­lé pour nous dire qu’on n’avait pas l’au­to­ri­sa­tion. »

L’élue ne re­grette pas. « Notre cas est entre les mains du pro­cu­reur d’Ar­gen­tan mais on a réus­si à in­ter­pel­ler le pré­fet qui n’a vi­si­ble­ment pas ap­pré­cié. On est tou­jours dé­ter­mi­nés et prêts à dé­fendre notre CdC. »

Pour Bru­no Au­vray, pré­sident de la CdC, « cette ma­ni­fes­ta­tion était jus­ti­fiée car nous de­vons dé­fendre les ci­toyens de Briouze. »

Lun­di 21 mars, le sché­ma dé­par­te­men­tal de co­opé­ra­tion in­ter­com­mu­nale a été adop­té par la pré­fec­ture. L’ar­rê­té pré­voit donc l’écla­te­ment de la CdC du pays de Briouze en deux. Une par­tie des 12 com­munes al­lant vers Flers Ag­glo et l’autre vers la com­mu­nau­té de com­munes du Val d’Orne.

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