Le Flé­rien Jé­rôme Guérin a cou­ru pour la li­ber­té

Pas­sion­né de course à pied, le Flé­rien Jé­rôme Guérin a cou­ru le ma­ra­thon de Pa­ris en ren­dant hom­mage aux vic­times des at­ten­tats en France et en Bel­gique.

L'Orne Combattante (SN) - - Sports - Guy Val­lée

À bien­tôt 72 ans, Le Flé­rien Jé­rôme Guérin a re­pris la course à pied en 2015, après quelques an­nées sans cou­rir. C’est à l’âge de 14 ans qu’il a dé­bu­té l’ath­lé­tisme au CA Mon­treuil, en ca­det où il cou­rait en de­mi-fond, sur 10 et 15 km. Il a ain­si par­ti­ci­pé quatre fois au cham­pion­nat de France où il a été mé­daillé de bronze sur le 1 000 mètres ca­dets. Après un ar­rêt de la com­pé­ti­tion entre 17 et 24 ans, il a dé­ci­dé de re­chaus­ser les points et de se lan­cer sur le ma­ra­thon. Sa meilleure per­for­mance sur la dis­tance est un chro­no de 2 h 54’ au ma­ra­thon de Reims. Quelques an­nées plus tard, il a par­ti­ci­pé à la der­nière édi­tion du ma­ra­thon de la Suis­se­nor­mande, entre Flers et Pontd’Ouilly, une course très dif­fi­cile par son dé­ni­ve­lé où il a cou­ru en 4 h 25’. Après cinq an­nées d’ar­rêt, il a re­pris l’en­traî­ne­ment en 2015 avec pour ob­jec­tif, le ma­ra­thon de Pa­ris où il a fran­chi la ligne d’ar­ri­vée après 4 h 05’ d’ef­forts.

« L’ob­jec­tif 2016 est entre 3 h 30 et 3 h 40’. L’an der­nier, j’avais 4 kg de trop, cette an­née ce n’est pas le cas et je m’en­traîne ré­gu­liè­re­ment de­puis 2 ans, à rai­son de cinq séances heb­do­ma­daires entre 60 et 90 mi­nutes. Je sens que j’ai pro­gres­sé, que je cours plus vite, que je suis plus lé­ger et sur­tout plus ré­sis­tant. »

Tout se joue au men­tal

Pour son 2e ma­ra­thon de Pa­ris consé­cu­tif, il a dé­ci­dé de rendre hom­mage aux vic­times des at­ten­tats de Pa­ris en 2015 et à ceux de Bruxelles, en ce mois de mars 2016. Il a ain­si fait flo­quer un maillot sur le­quel est in­di­qué : « Pen­sées pour Bruxelles et toute la Bel­gique » dans le dos, et « Je suis Char­lie » de­vant.

« C’est aus­si ma fa­çon de m’ex­pri­mer sur la course avec cette li­ber­té d’ex­pres­sion et pour la li­ber­té de cou­rir sans dan­ger ! » Sur le plan spor­tif, Jé­rôme Guérin es­père te­nir son ob­jec­tif se­lon un ta­bleau de marche à une moyenne ho­raire de 12 km/h. Pour ceux qui veulent se lan­cer dans l’aven­ture, voi­ci les quelques conseils qu’il donne vo­lon­tiers. « Dans un ma­ra­thon, il faut sur­tout évi­ter de par­tir vite et de prendre sa vi­tesse de croi­sière dès le dé­but. En ce qui me concerne ce se­ra 12 km/h. Même si on se sent bien, il faut gar­der sa vi­tesse et sur­tout ne ja­mais se mettre en sur­ré­gime, bien s’ali­men­ter en pre­nant les ra­vi­taille­ments tous les 5 km, en bu­vant et en man­geant des fruits secs et des sucres ra­pides. Dans les grandes courses, il y a des ré­gu­la­teurs de vi­tesse et c’est plus fa­cile de gé­rer sa ca­dence. Il y a le fa­meux mur du 30 au 37e km qui est un cap dif­fi­cile à pas­ser pour la plu­part des ma­ra­tho­niens. Tout dé­pend de son ni­veau d’en­traî­ne­ment. Mais ça se passe aus­si au men­tal. C’est un cap où les muscles se dur­cissent et où l’on res­sent une basse de ré­gime. Là, il faut bien s’ali­men­ter et évi­ter de mar­cher en gar­dant une fou­lée d’en­vi­ron 10 km/h. C’est vrai­ment une his­toire de men­tal qui fait toute la dif­fé­rence dans ce cas-là ! »

Le Flé­rien a fi­na­le­ment fran­chi la ligne d’ar­ri­vée en 12 924e po­si­tion après h 56’31’’. Un temps très lé­gè­re­ment su­pé­rieur à son ob­jec­tif mais tout de même en des­sous de quatre heures.

À no­ter que 41 708 concur­rents sont clas­sés dans cette 40e édi­tion.

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