Le ly­cée Gué­hen­no de Flers perd un poste de CPE

Le ly­cée Jean-Gué­hen­no était en grève jeu­di 21 avril. Com­mu­nau­té édu­ca­tive et élèves pro­testent contre la sup­pres­sion d’un poste de conseiller prin­ci­pal d’édu­ca­tion.

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande Entre Et -

« C’est une dé­ci­sion in­com­pré­hen­sible ».

Une grande ma­jo­ri­té des en­sei­gnants du ly­cée Jean-Gué­hen­no, à Flers, soit une soixan­taine, était en grève, ce jeu­di 21 avril, pour pro­tes­ter contre la sup­pres­sion d’un poste de conseiller prin­ci­pal d’édu­ca­tion (CPE).

Les ly­céens se joignent au mou­ve­ment

A la ren­trée sco­laire 2016, les CPE ne se­raient plus que trois dans cet éta­blis­se­ment qui compte plus de 1 000 élèves dont un in­ter­nat de 100 places. Un poste avait dé­jà été sup­pri­mé, il y a 5 ans. « Nous sommes le seul ly­cée dans ce cas », note un gré­viste.

Les ly­céens se sont réunis en as­sem­blée gé­né­rale suite au mou­ve­ment de l’équipe édu­ca­tive et ont, eux aus­si, dé­ci­dé de se joindre au mou­ve­ment. « Nous sou­te­nons notre CPE. Nous en avons be­soin », clame un re­pré­sen­tant des ly­céens.

Pour les en­sei­gnants, le rôle des conseillers prin­ci­paux d’édu­ca­tion est pri­mor­dial dans les ly­cées, no­tam­ment à Flers, où des élèves connaissent des dif­fi­cul­tés so­ciales.

« Leur rôle est de trai­ter les pro­blèmes in­di­vi­duel­le­ment. Ils peuvent tra­vailler en pro­fon­deur avec l’élève, ce que ne peut pas faire l’en­sei­gnant avec une classe en­tière », sou­ligne Ch­ris­tophe Ade­line, se­cré­taire SNES-FSU du ly­cée.

« Pierre an­gu­laire du sys­tème édu­ca­tif », il a en charge le sui­vi de pré­sence des élèves. Le CPE a aus­si un rôle d’écoute et d’ac­com­pa­gne­ment des jeunes par­fois en proie à des sou­cis per­son­nels. « L’éga­li­té des chances est mise à mal », constate une gré­viste. Le CPE a aus­si une mis­sion de sur­veillance, avancent les gré­vistes, d’au­tant plus im­por­tante en plein plan vi­gi­pi­rate.

Le per­son­nel ne voit pas comment à trois, les CPE vont pou­voir cou­vrir l’en­semble de la se­maine, de 8 heures le lun­di, à 18 heures le ven­dre­di, sur le site de Gué­hen­no, qui a la par­ti­cu­la­ri­té « d’être écla­té ».

La mu­ni­ci­pa­li­té sou­tient le mou­ve­ment

Gaëlle Pio­line, 1re ad­jointe au maire de Flers et conseillère ré­gio­nale, ain­si que Lo­ri Hel­lo­co, ad­joint au maire et conseiller dé­par­te­men­tal, étaient sur place ce jeu­di, pour sou­te­nir le mou­ve­ment. « Le CPE est une interface es­sen­tielle avec les fa­milles », note Gaëlle Pio­line. Pour elle, cette sup­pres­sion va à l’encontre de « la lutte contre le dé­cro­chage sco­laire et la dé­lin­quance ». « C’est un maillon en moins dans la po­li­tique de pré­ven­tion », ajoute Lo­ri Hel­lo­co.

Au dé­tri­ment des élèves en dif­fi­cul­té

Pour les syn­di­ca­listes, cette sup­pres­sion de poste se fe­ra au dé­tri­ment des élèves et no­tam­ment de ceux qui sont « le plus en dif­fi­cul­tés ».

Le pro­vi­seur du ly­cée, Ch­ris­tine Bouix, va de­man­der une au­dience au rec­teur pour abor­der « les pro­blèmes en­gen­drés par cette sup­pres­sion de poste ».

Glo­ba­le­ment, Na­tha­lie Le Bi­han, se­cré­taire gé­né­rale de la CGT Educ’ac­tion, dé­plore « une baisse ré­gu­lière du per­son­nel édu­ca­tif ».

Les syn­di­ca­listes dé­noncent des classes sur­char­gées no­tam­ment en se­conde où les élèves sont jus­qu’à 35 en cours.

Des ma­ni­fes­tants ont, ce jeu­di, dis­tri­buer des tracts en centre-ville de Flers. Les syn­di­ca­listes ont aus­si de­man­dé une au­dience au rec­teur. Ils en­vi­sagent d’autres ac­tions si la si­tua­tion n’évo­lue pas.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.