Les pom­pons rouges du ba­gad de Lann-Bi­houé vont son­ner le 8 mai

L'Orne Combattante (SN) - - Condé Et Son Pays -

La plus cé­lèbre for­ma­tion mu­si­cale mi­li­taire ani­me­ra la cé­ré­mo­nie du 8 mai à Con­dé-en-Normandie. Les cor­ne­muses et bom­bardes de ces ma­rins-son­neurs par­courent le monde en­tier. En­tre­tien avec le ma­jor Phi­lippe Re­nard, le Penn-ba­gad.

Comment est né le ba­gad ?

Tout a com­men­cé en 1952. Le maître Prin­ci­pal Pierre Rou­me­gou aper­çoit, sor­tant de la poche d’un vi­si­teur, une bom­barde. Il n’en a pas joué de­puis 1924. Il la porte à ses lèvres. Les of­fi­ciers ma­ri­niers, qui ont pour la plu­part com­men­cé à dî­ner, quittent aus­si­tôt leurs tables, se prennent par le pe­tit doigt et dansent. Le ba­gad prend forme.

Le ba­gad est connu pour son style bien par­ti­cu­lier. Qui le com­pose ?

Nous sommes cette an­née 27 son­neurs. Des amou­reux de la musique bre­tonne. Des ma­te­lots qui, pour la plu­part, jouent dans des for­ma­tions ci­viles. La moyenne d’âge est de 21 ans. Ils jouent de l’ac­cor­déon, de la cla­ri­nette, du saxo, du cla­vier ou des per­cus­sions contem­po­raines, tout en s’ins­pi­rant de la tra­di­tion Bre­tonne et Cel­tique ou des pays de l’Est.

C’est aus­si de grandes aven­tures et ren­contres…

En 1957, le ba­gad em­barque sur le porte- avions « BoisBel­leau » et di­rec­tion New-York après es­cale à Ca­sa­blan­ca et à Fort-de-France. Pen­dant un mois, les ma­rins bre­tons vont sé­duire les Amé­ri­cains et la forte co­lo­nie ir­lan­daise. Deux ans plus tard, ils jouent à Or­léans de­vant le Gé­né­ral de Gaulle. Le ba­gad a joué éga­le­ment de­vant les pré­si­dents Gis­card d’Es­taing, Mit­ter­rand et Chi­rac.

Comment le ba­gad est de­ve­nu une ré­fé­rence mon­diale ?

Les pom­pons rouges font tou­jours re­cette. Ils sont ai­més. Au­jourd’hui, nous jouons avec Alain Sou­chon, Laurent Voul­zy et Alan Sti­vell. Nous fai­sons des fes­ti­vals, l’Olym­pia, Le Pa­lais des Con­grès, Ber­cy. Après Con­dé­sur-Noi­reau, nous irons en Aus­tra­lie et à la Réunion. Comment sont re­cru­tés les son­neurs ?

Ce sont avant tout des ma­rins. Nous pas­sons des au­di­tions. Les meilleurs sont re­cru­tés. Ce sont des mu­si­ciens pro­fes­sion­nels qui, par contrat d’une an­née, re­nou­ve­lable quatre fois, re­pré­sentent notre Ma­rine Na­tio­nale. Les filles n’ont pas le droit au pom­pon rouge. Nos son­neurs ont com­pé­tences ex­cep­tion­nelles en musique tra­di­tion­nelle. Mais il faut sa­voir que le ba­gad c’est aus­si un état d’es­prit et un rè­gle­ment. Ceux qui en dé­rogent, ne sont pas gar­dés.

Vous en­chaî­nez les dates telles des rock stars !

C’est un vé­ri­table ma­ra­thon. Notre tour­née dé­bute en fé­vrier pour se ter­mi­ner en nombre. Il n’y a, hé­las, que 52 week-ends dans l’an­née. Im­pos­sible par consé­quent de sa­tis­faire les cen­taines de de­mandes qui tombent sur le bu­reau du Penn-Ba­gad !

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