Un Fer­tois veut en fi­nir avec les rup­tures de fils élec­triques

Le 20 avril der­nier, un câble élec­trique s’est rom­pu et est tom­bé sur la chaus­sée, rue Wil­frid Chal­le­mel. Un in­ci­dent de trop pour un ri­ve­rain, Pas­cal Du­cher, qui a in­ter­pel­lé le maire dans une lettre ou­verte.

L'Orne Combattante (SN) - - La Ferté Et Son Pays - Michel Mo­ri­ceau

Ins­tal­lé rue Pierre-Ne­veu avec sa fa­mille de­puis 20 ans, Pierre Du­cher s’in­quiète pour la sé­cu­ri­té des siens et des pas­sants suite à la mul­ti­pli­ca­tion des in­ci­dents sur les ré­seaux élec­triques de son quar­tier. « Ce­lui qui s’est pro­duit le 20 avril est le 4e de­puis oc­tobre 2012. Heu­reu­se­ment, il n’y a pas eu de dé­gâts cette fois-ci, mais le per­son­nel de la ville a dû mettre en place des bar­rières de sé­cu­ri­té pour évi­ter qu’un pas­sant n’entre en con­tact avec les deux mor­ceaux de câble, dont l’un pen­dait à hau­teur d’homme et l’autre avait été ras­sem­blé sur le trot­toir » .

Dans un cour­rier au maire, le Fer­tois a rap­pe­lé la sé­rie de dys­fonc­tion­ne­ments. Un câble s’était dé­jà rom­pu rue Wil­frid Chal­le­mel, à peu près au même en­droit, le 27 oc­tobre 2012. « Il s’agis­sait du câble neutre et les dé­gâts ma­té­riels avaient été consi­dé­rables pour les ri­ve­rains, sans par­ler du dan­ger re­pré­sen­té par le câble à terre jus­qu’à ce que les pom­piers mettent en place un pé­ri­mètre de sé­cu­ri­té en at­ten­dant l’in­ter­ven­tion d’ERDF. Il y au­rait beau­coup à dire con­cer­nant les in­dem­ni­sa­tions d’ERDF. Ce qui est cer­tain, c’est qu’il reste tou­jours un pré­ju­dice à la charge des vic­times » .

Le 25 sep­tembre 2013, ERDF in­ter­ve­nait en ur­gence (c’est-àdire en cou­pant l’élec­tri­ci­té sans pré­ve­nir les usa­gers) rue de la La­van­de­rie où un câble me­na­çait de rompre. « Je me suis trou­vé dans l’im­pos­si­bi­li­té de li­vrer un client, qui a pa­tien­té 2 heures » note Pas­cal Du­cher.

Qui est res­pon­sable ?

Es­ti­mant « anor­mal et in­quié­tant » ces deux in­ci­dents rap­pro­chés dans le même quar­tier, le Fer­tois avait pro­fi­té des mu­ni­ci­pales de 2014 pour de­man­der au maire quelles me­sures il comp­tait prendre. « Il m’a dé­cla­ré que ce pro­blème re­le­vait ex­clu­si­ve­ment d’ERDF, ce qui est to­ta­le­ment faux. ERDF est seule­ment conces­sion­naire du ré­seau. D’après le code des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, c’est bien la com­mune, le cas échéant dans le cadre d’un syn­di­cat d’élec­tri­fi­ca­tion, qui est pro­prié­taire du ré­seau, hor­mis les trans­for­ma­teurs, et qui en as­sure le contrôle. Le Code de l’éner­gie pré­voit même que l’au­to­ri­té concé­dante, c’est-à-dire la com­mune ou le syn­di­cat d’élec­tri­fi­ca­tion, a le droit, pour un mo­tif d’in­té­rêt pu­blic, d’exi­ger la sup­pres­sion d’une par­tie des ou­vrages d’une conces­sion ou d’en faire mo­di­fier les dis­po­si­tions et le tra­cé » .

Dé­but d’in­cen­die

Pour le Fer­tois, « la com­mune a donc tous les atouts en main pour mettre fin à une si­tua­tion dan­ge­reuse » . Le 1er fé­vrier 2015, un autre câble, en­core neutre, s’était rom­pu Pierre Ne­veu, « pro­dui­sant des dé­gâts ma­té­riels très lourds et en­traî­nant même un dé­but d’in­cen­die » . La mai­rie avait alors or­ga­ni­sé une réunion avec les ri­ve­rains. « Le seul but était de nous ap­por­ter des ex­pli­ca­tions tech­niques sur le phé­no­mène dont nous avions été vic­times. Alors que nous en étions dé­jà à trois in­ci­dents, il était clai­re­ment ap­pa­ru que le maire ne voyait au­cune rai­son de prendre des me­sures par­ti­cu­lières » .

Aus­si, après le 4e in­ci­dent du 20 avril 2016, Pas­cal Du­cher veut en fi­nir avec cette me­nace qui pèse. « Si rien n’est fait, il est évident qu’une nou­velle chute de câble élec­trique va se pro­duire. Il faut es­pé­rer qu’il n’y au­ra per­sonne sur le trot­toir à ce mo­ment-là, no­tam­ment les pa­rents et éco­liers Ste-Ma­rie » .

Tra­vaux d’ur­gence

Pour lui, il n’y a pas be­soin d’être élec­tri­cien pour com­prendre qu’un ré­seau où trois câbles cassent en 3 ans et de­mi sur un pé­ri­mètre de 200 mètres est dé­fec­tueux. « Il in­combe au maire de veiller à ce que tous les moyens soient mis en oeuvre pour re­mé­dier d’ur­gence à cette si­tua­tion, et en at­ten­dant les tra­vaux de re­mise en état, de prendre des me­sures conser­va­toires afin de li­mi­ter les risques » .

En­fin, rap­pe­lant que le 20 avril der­nier, le câble concer­né (le câble le plus près du sol) n’a pas été ré­pa­ré, mais pu­re­ment et sim­ple­ment sup­pri­mé, ain­si que le câble au- des­sus, Pas­cal Du­cher s’in­ter­roge : « ce­la semble in­di­quer que les deux câbles in­fé­rieurs ne sont pas in­dis­pen­sables. Si, dans les autres sec­tions des rues concer­nées, les deux câbles les plus près du sol sont dans un état proche de l’état de ce­lui qui s’est cas­sé, n’y au­rait-il pas ur­gence à les sup­pri­mer avant qu’ils ne cassent ? » .

« Se co­or­don­ner »

Pour le maire Jacques Dal­mont « le ré­seau élec­trique n’est pas la pro­prié­té de la com­mune, mais celle d’ERDF » , en re­vanche, le pre­mier édile re­con­naît que « ce ré­seau étant sur le do­maine pu­blic, la col­lec­ti­vi­té se doit d’as­su­rer la sé­cu­ri­té des usa­gers » , en l’oc­cur­rence les pié­tons et les ri­ve­rains. « Que ce soit pour des pierres ou une che­mi­née qui me­nacent de tom­ber, on se doit d’in­ter­ve­nir au­près des pro­prié­taires pour exi­ger d’eux les tra­vaux né­ces­saires » a pris en exemple le maire, qui en­tend en faire de même avec ERDF.

« Nous al­lons ren­con­trer les res­pon­sables d’ERDF pour faire un état des lieux et dé­ter­mi­ner un échéan­cier des tra­vaux à en­vi­sa­ger, an­nonce Jacques Dal­mont. Cou­rant 2015, nous avons pas­sé une conven­tion avec eux pour co­or­don­ner les chan­tiers, no­tam­ment quand il s’agit d’en­fouis­se­ment de ré­seaux, afin que l’autre par­te­naire ne se re­trouve pas de­vant le fait ac­com­pli. Le sou­hait est de ne pas at­tendre mais d’an­ti­ci­per » . En fonc­tion du diag­nos­tic qui se­ra réa­li­sé, le quar­tier de la rue Pierre-Ne­veu pour­rait donc faire par­tie des prio­ri­tés.

Der­nière mi­nute

Est-ce-une coïn­ci­dence, mais de­puis lun­di der­nier 2 mai, les choses bougent dans ce dos­sier. « J’ai re­çu une per­sonne du ca­bi­net To­po-Etudes de Sées qui a été man­da­té en ur­gence par ERDF, ra­conte Pas­cal Du­cher. Une étude va être me­née pour en­vi­sa­ger un éven­tuel en­fouis­se­ment des ré­seaux rue Wil­frid-Chal­le­mel » . Un pro­jet qui reste tou­te­fois au condi­tion­nel pour l’ins­tant.

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