Après les inondations, deux com­mer­çants vont de l’avant

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse Normande - T.G. M. M. J.L.

« On n’est pas plus à plaindre que les autres, mais on su­bit des consé­quences ». Franck De­nis est éle­veur de vaches lai­tières. Membre de la FDSEA, son ex­ploi­ta­tion est ins­tal­lée à La Lande-Pa­try, tout près du stade du Ha­zé. Jeu­di 26 mai, un quart de la sur­face de ses pâ­tu­rages a été inon­dé.

L’Ha­riel, la ri­vière qui se jette dans l’étang du châ­teau de Flers, a très net­te­ment dé­bor­dé dans son champ. Son ter­rain, qui fait ré­gu­liè­re­ment of­fice de bas­sin de ré­ten­tion en cas de fortes pluies, sur­tout en pé­riode hi­ver­nale, n’a, cette fois-ci, pas pu as­su­rer ce rôle.

« Jeu­di, 50 ml d’eau sont tom­bés en une heure sur le même sec­teur. On a eu 4 ha d’her­bages en­tiè­re­ment inon­dés pen­dant plu­sieurs heures. L’eau est par­tie pen­dant la nuit », ra­conte Franck De­nis. « C’est mon­té en deux heures de temps. Je me souviens qu’il n’y avait pas d’eau dans mon champ juste après l’orage. Comme tout le monde, on su­bit les consé­quences. Les agri­cul­teurs sont tou­chés. J’ai un col­lègue qui a vu des clô­tures em­por­tées par l’eau. Chez un autre, c’est le pont qui per­met aux ani­maux de tra­ver­ser la ri­vière qui a été em­por­té ». Par bon­heur, ses vaches ont pu se ré­fu­gier sur un ta­lus si­tué dans son champ.

Même si les consé­quences sont mi­nimes, en com­pa­rai­son avec ce que cer­tains com­merces de Flers ont vé­cu, l’agri­cul­teur a tout de même dû s’or­ga­ni­ser. « L’herbe était souillée de terre et de dé­tri­tus. Des eaux usées avaient dé­bor­dé et le len­de­main ma­tin l’herbe sen­tait les égouts »

« On ne pou­vait pas re­mettre les vaches dans ces champs. Elles ont été mises dans un ter­rain moins tou­ché ». Mar­di 31 mai, l’éle­veur n’avait tou­jours pas re­con­duit ses bêtes dans l’her­bage concer­né par l’inon­da­tion.

Conscient de sa chance, Franck De­nis note qu’un phé­no­mène de cette am­pleur n’est pas cou­rant : « Il y a très long­temps que ce n’était pas ar­ri­vé. La der­nière fois, c’était il y a au moins 10 ou 15 ans ».

Le phé­no­mène s’est pro­duit bien après les fortes pluies qui ont sé­vi vers 17 heures. Les étangs du châ­teau n’ont pas pu conte­nir toute l’eau qui a dé­bor­dé. « Ça a conti­nué à mon­ter jus­qu’à 22 heures », té­moigne Pas­cal Lho­mer. Les com­mer­çants étaient en­core sur place lors de l’inon­da­tion, le bar-ta­bac fer­mant ses portes à 21 heures. Ce­la a per­mis de li­mi­ter les dé­gâts.

« J’ai tout sur­éle­vé », ra­conte Pas­cal Lho­mer. Les chaises ont été mises sur les tables ain­si que le ta­bac. Les pertes sont fi­na­le­ment mi­nimes. Le commerce, ou­vert 6 jours sur 7, a dû fer­mer ses portes pen­dant 3 jours, le temps de le re­mettre en état, en­traî­nant une perte d’ac­ti­vi­té.

Suite aux vio­lents orages tou­chant la com­mune de Flers le jeu­di 26 mai, plu­sieurs com­merces ont été contraints de tem­po­rai­re­ment fer­mer leurs portes.

No­tam­ment « Dra­gée’in » to­ta­le­ment souillé par la boue. Une ving­taine de cen­ti­mètres s’était in­fil­trée dans le ma­ga­sin dé­trui­sant mar­chan­dises et équi­pe­ments.

Dé­sor­mais, le commerce a re­trou­vé toute son al­lure. Dès le pe­tit ma­tin du sa­me­di 28 mai, une équipe Gran­vil­laise de net­toyage a re­mis à neuf l’en­semble de la sur­face.

Mal­gré une benne en­tière rem­plie d’ar­ticles in­ven­dables, les pro­prié­taires sont sou­la­gés et heu­reux de pou­voir an­non­cer la réou­ver­ture de leur ma­ga­sin dès le 31 mai.

Leur voi­sin, le ma­ga­sin « Nous avons eu deux gros jours de net­toyage », té­moigne le couple. Il a fal­lu, après la dé­crue, es­suyer toute la boue qui s’était dé­po­sée sur le sol.

Des dé­gra­da­tions

Lun­di, les clients ont pu être de nou­veau ac­cueillis dans des condi­tions nor­males. Dans le bar, dif­fi­cile d’ima­gi­ner ce qu’il s’est pas­sé quelques jours au­pa­ra­vant. Pour­tant, il reste en­core « Mon­ba­na », a lui rou­vert ses portes dès le ven­dre­di 27 mai dans l’après-mi­di. L’ob­jec­tif était de pou­voir ac­cueillir les clients le plus ra­pi­de­ment pos­sible en vue quelques stig­mates. Des déshu­mi­di­fi­ca­teurs ont eu beau être po­sés ra­pi­de­ment pour as­sai­nir le lieu, la ta­pis­se­rie se dé­colle à cer­tains en­droits et le bas du comp­toir, qui a bai­gné dans l’eau, est abî­mé. Le couple craint d’avoir à re­faire des tra­vaux. « Tout est neuf ici », sou­pi­ren­tils. Ils at­tendent les conclu­sions de l’ex­pert.

Les gé­rants vont tou­te­fois de l’avant. « C’est notre ou­til de tra­vail. On y passe beau­coup de la fête des Mères qui avait lieu le week-end du 28 et 29 mai.

Les dif­fé­rents pro­prié­taires se disent ex­trê­me­ment vi­gi­lants, scru­tant la mé­téo afin de pou­voir de temps. C’est dé­plai­sant de voir des dé­té­rio­ra­tions mais il faut re­la­ti­vi­ser, il n’y a pas eu de casse hu­maine ». Ils pensent éga­le­ment à toutes les per­sonnes dont l’ha­bi­ta­tion a été inon­dée.

Aux pro­chaines fortes pluies, « nous al­lons y pen­ser mais nous ne sommes pas stres­sés », concluent les com­mer­çants. prendre toutes les pré­cau­tions pos­sibles en cas de nou­velles in­tem­pé­ries.

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