Bra­quage de la bi­jou­te­rie Ger­bet : un se­cond homme condam­né

La bi­jou­te­rie Ger­bet, en centre-ville de Flers, avait été le théâtre d’un vol avec vio­lences mer­cre­di 18 juin 2014. Un homme a dé­jà été condam­né lun­di 9 mai à 5 ans de pri­son. Un de ses com­plices pré­su­més com­pa­rais­sait, à son tour, mar­di 31 mai.

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse Normande -

Un homme de 26 ans a été condam­né à 5 ans de pri­son ferme, mar­di 31 mai, par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan pour le vol avec vio­lences com­mis à la bi­jou­te­rie Ger­bet, en centre-ville de Flers, il y a près de 2 ans.

Un de ses com­plices pré­su­més a dé­jà été ju­gé lun­di 9 mai par ce même tri­bu­nal. Il a été condam­né à 5 ans de pri­son éga­le­ment (lire notre édi­tion du jeu­di 12 mai).

Les faits re­montent au mer­cre­di 18 juin 2014, en fin de ma­ti­née, un jour de mar­ché.

Mal­gré le monde pré­sent aux alen­tours, trois hommes, vi­sages dé­cou­verts, avaient fait ir­rup­tion dans la bi­jou­te­rie.

La gé­rante avait alors ten­té d’ac­tion­ner le dis­po­si­tif d’alarme. En vain.

Elle avait aus­si­tôt été sai­sie par les trois cam­brio­leurs et avait « été je­tée dans l’es­ca­lier qui mène dans un pe­tit ate­lier au sous-sol ».

Li­go­tée et bâillon­née, elle avait en­suite été gar­dée par l’un d’eux tan­dis que les autres, mu­nis de gants, avaient pillé les vi­trines de la bi­jou­te­rie. Ils étaient en­suite par­tis comme ils étaient ve­nus em­por­tant un bu­tin es­ti­mé à plus de 50 000 €.

« Je me suis dit : là, c’est cuit »

La gé­rante, Bri­gitte Bi­dard, ex­plique les faits pour la se­conde fois de­vant le tri­bu­nal. « Un des trois hommes était pas­sé peu après mon ou­ver­ture le ma­tin, il vou­lait voir une montre. J’ai sen­ti un re­pé­rage. J’ai failli ap­pe­ler la po­lice mais il y avait beau­coup de monde dans la rue avec le mar­ché et les tra­vaux alors je ne l’ai pas fait pen­sant qu’un cam­brio­lage n’était pas réa­li­sable ».

Deux heures après, deux hommes sont en­trés dans le ma­ga­sin sui­vi du troi­sième qui était dé­jà pas­sé. « Je me suis dit : là, c’est cuit ». Par­lant du pré­ve­nu, elle pré­cise : « il m’a pro­je­tée dans l’es­ca­lier. J’ai de la chance d’avoir fait du judo, par ins­tinct de sur­vie je me suis ac­cro­chée à lui… J’ai réus­si à le faire pi­vo­ter de fa­çon à ce que ce soit lui qui se re­trouve des­sous ».

« On a bu, on ne se ren­dait pas compte »

Le tra­vail d’en­quête a per­mis d’iden­ti­fier les pré­ve­nus, trois hommes ori­gi­naires des pays de l’est. Ces der­niers sont connus dans une autre pro­cé­dure à Cher­bourg pour vol ag­gra­vé com­mis 2 mois après le cam­brio­lage de Flers. Le troi­sième com­plice n’a, à ce jour, tou­jours pas été re­trou­vé.

La vic­time qui avait dé­jà été cam­brio­lée en 2009, a fait part du trau­ma­tisme qu’elle a vé­cu. « Le stress a été grand. J’ai re­pris mon tra­vail au bout de 2 mois contre l’avis de mon mé­de­cin si­non je n’au­rais ja­mais re­tra­vaillé. Je n’ai ja­mais pu y re­tour­ner seule du­rant ces deux mois et pour que je puisse re­prendre mon ac­ti­vi­té, mes amis m’ont of­fert un chien de garde ».

Le pré­ve­nu, ac­tuel­le­ment dé­te­nu au Havre, où il ef­fec­tue la peine de pri­son à la­quelle il a été condam­né par le tri­bu­nal de Cher­bourg pour le vol com­mis en août 2014, a tout d’abord nié les faits. Il les a re­con­nus à l’au­dience pré­ci­sant que le vol n’était en au­cun cas pré­mé­di­té.

« Je suis ar­ri­vé à la gare de Flers le ma­tin même, j’ai ren­con­tré deux autres per­sonnes avec qui j’ai bu de l’al­cool. On a dé­ci­dé de faire un tour en ville, il y avait beau­coup de bruit car il y avait des tra­vaux. On est en­tré dans la bi­jou­te­rie comme ça pour voir. Elle a vou­lu ap­puyer sur le bou­ton. Ma ré­ac­tion a été d’at­tra­per sa main. On est tom­bé dans l’es­ca­lier qui se trou­vait der­rière moi. Ça s’est pas­sé en quelques se­condes. J’ai vo­lé des bi­joux. Je ne sais pas pour­quoi j’ai fait ça, ce n’était pas pré­vu… On a bu de l’al­cool, on ne se ren­dait pas compte ».

Il re­con­naît avoir vo­lé 300 à 500 grammes d’or qu’il a, par la suite, en­voyés en Géor­gie « pour faire des ca­deaux » à sa fa­mille. « Je ne suis pas un vo­leur pro­fes­sion­nel », af­firme-t-il, à la barre.

Des faits « froi­de­ment me­nés »

Pour Serge Des­doits, avo­cat de la par­tie ci­vile, « on nous pré­sente un scé­na­rio ba­sé sur le ha­sard alors que c’est lui la tête pen­sante, le chef du com­man­do. Tout ce­la a été or­ga­ni­sé, cal­cu­lé, ré­flé­chi ». Il rap­pelle que l’opé­ra­tion a du­ré « 10 mi­nutes 55 se­condes pour piller la bi­jou­te­rie et tout ce­la tran­quille­ment, se­rei­ne­ment, sans au­cune peur, sans au­cune crainte ».

« Il est cer­tain que c’était pré­mé­di­té dès lors qu’il y a eu re­pé­rage. Les trois au­teurs se connais­saient, ils ont été ar­rê­tés pour d’autres faits com­mis en réunion. On a af­faire à un vol qui re­lève de tout sauf du ha­sard », a sou­li­gné Hugues de Phi­ly, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique.

Concer­nant le vol avec vio­lences, « il ne fait au­cun doute qu’il a par­ti­ci­pé à la chute dans l’es­ca­lier ».

Le mi­nis­tère pu­blic a de­man­dé au tri­bu­nal de re­le­ver l’état de ré­ci­dive lé­gale, le pré­ve­nu ayant dé­jà été condam­né pour des faits si­mi­laires.

« Les faits ont été com­mis en plein jour et ont été froi­de­ment me­nés. Ce type de dé­lin­quance est in­to­lé­rable et ne doit en au­cun cas être ba­na­li­sé », a rap­pe­lé le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique au tri­bu­nal lui de­man­dant de ne pas des­cendre en des­sous de la peine à la­quelle a été condam­né l’autre pré­ve­nu mais de le condam­ner plus sé­vè­re­ment. Il a re­quis 7 ans de pri­son ferme.

Le tri­bu­nal a fi­na­le­ment condam­né l’homme de 26 ans, à 5 ans de pri­son ferme. Il est res­té en dé­ten­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.