20 tués sur les routes de l’Orne en 2016 : la sé­rie noire conti­nue

Le bi­lan est dra­ma­tique. De­puis le 1er jan­vier 2016, 20 per­sonnes ont été tuées sur les routes de l’Orne. Les 18 - 24 ans re­pré­sentent plus d’un tiers des vic­times.

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande - M.M.

2016 s’an­nonce dé­jà comme une an­née noire sur les routes de l’Orne. De­puis le dé­but de l’an­née, 20 per­sonnes ont per­du la vie dans un ac­ci­dent.

La ten­dance ob­ser­vée en 2015 semble mal­heu­reu­se­ment se confir­mer.

L’an pas­sé, la route avait fait 32 morts, le chiffre le plus haut consta­té de­puis 2009 où 37 tués étaient à dé­plo­rer. A titre de com­pa­rai­son, en 2014, 21 per­sonnes étaient dé­cé­dées.

Des ac­ci­dents plus vio­lents

Le chiffre de la mor­ta­li­té dans l’Orne est re­par­ti net­te­ment à la hausse au cours du se­cond se­mestre 2015. Entre le mois de juillet et la fin de l’an­née 2015, 23 per­sonnes ont per­du la vie dans un ac­ci­dent. En un an donc, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, le bi­lan est de 43 tués dans le dé­par­te­ment, ce qui re­pré­sente entre 3 et 4 dé­cès par mois sur nos routes.

C’est un bi­lan « dra­ma­tique », ne peut que consta­ter Phi­lippe De­la­chaus­sée, di­rec­teur du co­mi­té de l’Orne de la Pré­ven­tion routière.

Au re­gard des chiffres de l’ac­ci­den­to­lo­gie de 2016, il re­marque tou­te­fois qu’il n’y a pas eu beau­coup plus d’ac­ci­dents. « Nous en avons consta­tés 85 de­puis le dé­but de l’an­née, c’est six de plus que sur la même pé­riode, en 2015 (au cours du pre­mier se­mestre 2015, neuf per­sonnes étaient dé­cé­dées dans l’Orne, NDLR). Les ac­ci­dents semblent plus vio­lents ».

Une hy­po­thèse qui se confirme éga­le­ment par l’aug­men­ta­tion du nombre de bles­sés hos­pi­ta­li­sés qui est pas­sé de 51 à 67 sur la même pé­riode.

Phi­lippe De­la­chaus­sée dé­plore éga­le­ment que la tranche d’âge à payer le plus lourd tri­but est celle des 18 - 24 ans. Sept per­sonnes dé­cé­dées se trou­vaient dans cette classe d’âge. « Ils re­pré­sentent plus d’un tiers des tués », se dé­sole-t-il. Et d’ajou­ter, « c’est un gâ­chis hu­main et so­cial. Quel­qu’un qui perd un en­fant le gar­de­ra toute sa vie. C’est une grosse souf­france ».

L’al­cool tue sept per­sonnes

Phi­lippe De­la­chaus­sée s’alarme éga­le­ment d’un autre fac­teur : l’al­cool. « Ce qu’il y a de ter­rible, c’est que nous dé­plo­rons trois ac­ci­dents avec de l’al­cool qui ont tué sept per­sonnes ». Le di­rec­teur re­marque une plus forte pré­sence de drogue et d’al­cool chez les conduc­teurs.

A ce­la s’ajoute aus­si l’in­at­ten­tion. « Des gens conduisent en fai­sant autre chose. Je pense no­tam­ment au té­lé­phone por­table ».

Des ac­ci­dents plus nom­breux dans l’ouest

Même s’il est vrai que le dé­par­te­ment ne compte pas beau­coup de 2X2 voies, Phi­lippe De­la­chaus­sée ne pense pas que ces ac­ci­dents sont en lien avec le ré­seau rou­tier. « Les routes ne sont pas mau­vaises, glo­ba­le­ment ». Il n’y a pas non plus de lieu par­ti­cu­liè­re­ment ac­ci­den­to­gène même si le di­rec­teur constate que la ma­jo­ri­té des ac­ci­dents sont sur­ve­nus dans l’ouest du dé­par­te­ment.

Les ac­ci­dents se­raient donc plus vio­lents, ce qui tra­dui­rait peut-être une prise de risques plus grande des conduc­teurs. Pour ten­ter d’en­di­guer le phé­no­mène, la Pré­ven­tion routière va conti­nuer à me­ner ses mis­sions d’in­for­ma­tion au­près des usa­gers de la route.

« Le nombre de morts sur nos routes est énorme. C’est d’au­tant plus im­por­tant que nous sommes un pe­tit dé­par­te­ment », conclut Phi­lippe De­la­chaus­sée.

Alors que le se­cond se­mestre 2016 vient de com­men­cer, la ten­dance va-t-elle en­fin s’in­ver­ser ?

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