1 an après : « On s’est ha­bi­tué à voir au jour le jour »

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande - L.L.

En juillet 2015, Ju­di­caël Du­maine, jeune agri­cul­teur ins­tal­lé avec ses pa­rents à Saint-Cor­nier-des-Landes avait par­ti­ci­pé aux ac­tions des pro­duc­teurs de lait sur la ré­gion flé­rienne. Un an après, la si­tua­tion a-t-elle chan­gé ? « Non » ré­pond le jeune homme. « C’est tou­jours la même chose, au ni­veau du lait, c’est même à la baisse ». Payé 295 € les 1000 litres en juillet 2015, le lait rap­porte au­jourd’hui 266€. Bien loin des 367 € né­ces­saires à l’équi­libre des comptes. « Les in­dus­triels nous ré­pondent tou­jours qu’il y a un sur­plus au ni­veau de la pro­duc­tion du lait ». Les baisses de charge an­non­cées res­tent sans ef­fet sur les comptes de l’ex­ploi­ta­tion. « Au ni­veau de la co­ti­sa­tion MSA par exemple, sur 12 000 €, ce­la re­pré­sente une baisse de 400 € ». Le Fonds d’al­lé­ge­ment de charge (FAC) a per­mis sim­ple­ment « d’ho­no­rer une fac­ture d’ali­ment pour un mois ».

Né­go­cia­tions

Pour au­tant, les agri­cul­teurs n’ont pas dé­ci­dé pour le mo­ment de pas­ser à l’ac­tion, comme ils avaient pu le faire l’an pas­sé. C’est en cou­lisse que les res­pon­sables syn­di­caux s’ac­tivent. « Des dis­cus­sions sont en cours, dans l’Orne, les jeunes agri­cul­teurs ont ren­con­tré les po­li­tiques lo­caux, il y a un mois. Au ni­veau de la fi­lière viande, des né­go­cia­tions sont en cours avec Mac Do­nald. » Mais en at­ten­dant, les agri­cul­teurs souffrent. « Le fioul a lé­gè­re­ment bais­sé par rap­port à l’an der­nier, mais le so­ja, le col­za re­partent à la hausse ». Il a fal­lu serrer les coûts. « Je mets moins d’en­grais, je dif­fère cer­tains achats… »

Beau­coup de ser­vices sup­pri­més

« J’ai sup­pri­mé beau­coup de ser­vices » re­con­naît le jeune agri­cul­teur. « J’avais un contrô­leur lai­tier, au­jourd’hui, je le fais moi-même, je me passe de ses con­seils tout comme mon conseiller PAC. On met la per­for­mance de cô­té, on se dé­brouille au mieux, seul ».

Les jour­nées de tra­vail se sont en­core un peu plus al­lon­gées. « On a en­core plus de bou­lot qu’avant ». Et la mo­ti­va­tion ? « Ca dé­pend des jours… Elle est tou­jours là mais il y a des choses qui sont de plus en plus dures à sup­por­ter, on est à cran… », « c’est un gar­çon au ca­rac­tère im­pul­sif » re­con­naît sa mère « mais il l’est d’au­tant plus au­jourd’hui ». L’am­biance fa­mi­liale en pâ­tit, la ten­sion est pré­sente mais l’en- traide se ren­force. « Au ni­veau des jeunes no­tam­ment, on se serre en­core plus les coudes ».

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