Anne-Ma­rie De­nis, pré­si­dente de la FDSEA de l’Orne

En juillet 2015, des agri­cul­teurs en co­lère blo­quaient les prin­ci­paux axes au­tour de Flers. Un an après, com­ment va la pro­fes­sion ? En­tre­tien avec la pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion dé­par­te­men­tale des syn­di­cats d’ex­ploi­tants agri­coles de l’Orne, Anne-Ma­rie De

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande - Pro­pos re­cueillis par Tho­mas Gour­lin

Un an après la mo­bi­li­sa­tion qui avait par­tiel­le­ment blo­qué Flers et d’autres villes, où en est-on ?

Un an après, la si­tua­tion reste très com­pli­quée. Heu­reu­se­ment que le syn­di­ca­lisme agri­cole a été ac­tif pour li­mi­ter la chute des prix de la viande et du lait. On est res­tés avec une marge haute en 2015. On ne sait pas où ça va s’ar­rê­ter en 2016. Di­sons que nous avons réus­si à li­mi­ter un peu ces pro­blèmes. Aus­si, nous avons réus­si à ob­te­nir un peu d’aides no­tam­ment via une di­mi­nu­tion des charges so­ciales. Ça ré­équi­libre la si­tua­tion de nos agri­cul­teurs par rap­port à leurs voi­sins eu­ro­péens. Mais, au dé­part, ils ne vou­laient pas en en­tendre par­ler. Mais ces aides ou ces me­sures ne vont pas ré­gler le pro­blème.

Il faut réus­sir à s’ac­cor­der avec les in­dus­triels et la grande dis­tri­bu­tion. Nous, agri­cul­teurs, on dé­tient l’ou­til et la pro­duc­tion. Les grandes et moyennes sur­faces dé­tiennent le client et peuvent l’orien­ter comme ça les ar­range.

Et le pou­voir po­li­tique ? At­ten­dez-vous quelque chose de la part des élus, du gou­ver­ne­ment ?

On at­tend beau­coup de l’évo­lu­tion du vo­let agri­cole de la loi Sa­pin. Nous sou­hai­tons une prise en compte de nos coûts de pro­duc­tion. Nous avons aler­té plu­sieurs fois nos élus lo­caux, nos dé­pu­tés, nos sé­na­teurs. On place d’ailleurs beau­coup d’es­poirs dans le Sé­nat qui a dé­jà ai­dé l’agri­cul­ture. Mais, par ailleurs, les in­dus­triels ont du mal à te­nir leurs en­ga­ge­ments. Nous de­vons faire preuve d’une vi­gi­lance ex­trême.

En­fin, il va sur­tout fal­loir de­man­der aux po­li­tiques quelles orien­ta­tions ils en­tendent don­ner à la po­li­tique de l’Union eu­ro­péenne. Je pense qu’il faut ré­gu­ler et har­mo­ni­ser les coûts, les charges et la ca­pa­ci­té de pro­duc­tion.

Com­ment vont les ex­ploi­ta­tions agri­coles de l’Orne en ce mo­ment ? Est ce que la mé­téo a des consé­quences ?

Nous sommes in­quiets cette an­née sur les cé­réales. Di­sons que nous avons une an­née très com­pli­quée sur la qua­li­té des cé­réales. Avec la mé­téo de ces der­nières se­maines, la pro­duc­tion est moins im­por­tante et la qua­li­té est moins bonne. Il y a des gousses de cé­réales qui ont per­du 50 % de leurs grains et qui, en plus, ne pour­ront pas faire de la fa­rine.

On ob­serve aus­si une re­cru­des­cence des ma­la­dies.

Si­non, pour ceux qui font de la pro­duc­tion d’herbe, c’est com­pli­qué. Par exemple, j’ai es­sayé trois fois de faire du foin. On a dû en­ru­ban­ner car nous n’avons pas réus­si à faire sé­cher le foin. Aus­si, ce se­ra un foin de qua­li­té moyenne. Pour nour­rir les bêtes, il va fal­loir ache­ter.

Beau­coup de pro­duc­tions sont tou­chées par cette mé­téo. Le lin, par exemple, est dans un état la­men­table. Il est ver­sé. En ce mo­ment, les agri­cul­teurs re­prennent des con­tacts avec les po­li­tiques et les banques. Di­sons que l’an der­nier nous vi­vions un contexte éco­no­mique dif­fi­cile. Cette an­née, le contexte ne s’est pas fran­che­ment amé­lio­ré et la mau­vaise mé­téo vient s’ajou­ter à ça.

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