Un sui­vi à vie pour les chouettes ef­fraies

Dans le cadre d’un pro­gramme ini­tié par le Mu­séum d’his­toire na­tu­relle de Pa­ris, les chouettes ef­fraies sont ba­guées afin de suivre leur trace.

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande - Guy Val­lée

Mer­cre­di 29 juin, James JeanBap­tiste, sa­la­rié du GON (groupe or­ni­tho­lo­gique nor­mand) est ba­gueur of­fi­ciel du CRBPO (centre de re­cherche sur la bio­lo­gie des po­pu­la­tions d’oi­seaux) est ve­nu, dans l’église de Taille­bois, ba­gueur quatre jeunes chouettes ef­fraies, de leur vrai nom ef­fraie des clo­chers (ty­to al­ba) cou­ram­ment ap­pe­lées dames blanches en rai­son de la cou­leur do­mi­nante de leur pelage.

Ce ba­guage des jeunes chouettes ef­fraies s’ins­crit dans un pro­gramme d’iden­ti­fi­ca­tion de cette es­pèce de ra­pace ins­tau­ré par le Mu­séum na­tio­nal d’his­toire na­tu­relle de Pa­ris qui consiste à nu­mé­ro­ter à vie l’oi­seau afin de suivre sa trace.

Une ef­fraie nor­mande re­trou­vée en Bel­gique

« Une chouette ef­fraie ba­guée en Nor­man­die a été re­trou­vée en Bel­gique. Cet oi­seau noc­turne a une es­pé­rance de vie d’une di­zaine d’an­nées, mais il est très ex­po­sé du­rant sa pre­mière an­née » pré­cise James Jean-Bap­tiste.

Il y a quelques mois, les membres de l’as­so­cia­tion Bar­bas­tel­la, as­so­cia­tion créée à la base pour la sau­ve­garde de la chauve-sou­ris épo­nymes, et ba­sée à Sainte-Ho­no­rine-la-Char­donne, ont ins­tal­lé des ni­choirs dans le clo­cher de Taille­bois et chez quelques par­ti­cu­liers, pour per­mettre aux chouettes et aux chauves-sou­ris de ve­nir s’y ins­tal­ler. C’est ain­si qu’un couple de chouettes ef­fraies s’y est ins­tal­lé et a don­né nais­sance, il y a une cin­quan­taine de jours, à six jeunes chouettes ef­fraies, dont quatre ont sur­vé­cu et dé­cou­verts der­niè­re­ment par Jo­han Lau­nay, pré­sident de Bar­bas­tel­la.

C’est ce der­nier qui a pré­ve­nu James Jean-Bap­tiste pour or­ga­ni­ser cette opé­ra­tion de ba­guage des jeunes chouettes ef­fraies qui, après Taille­bois, s’est pour­sui­vie à Sainte-Ho­no­rine-laGuillaume, où, dans une mai­son de par­ti­cu­liers, il a ba­gué deux jeunes du même âge.

Outre le ba­guage de l’oi­seau, di­verses in­for­ma­tions sont re­le­vées, telles que ses me­sures de taille et de ses ailes afin de les ré­per­to­rier dans un ca­hier pour iden­ti­fier l’ani­mal.

La chouette ef­fraie se nour­rit es­sen­tiel­le­ment de pe­tits ron­geurs (cam­pa­gnols, mu­lots, sou­ris) et de mu­sa­raignes. En cas de manque de ces pe­tits ron­geurs, elle peut s’at­ta­quer aux pe­tits la­pins, des be­lettes ou des pe­tits oi­seaux, des chauves-sou­ris, des am­phi­biens ou en­fin de gros in­sectes.

À quoi sert le ba­guage des oi­seaux ?

Sur chaque bague sont gra­vés un nu­mé­ro unique et les in­for­ma­tions suf­fi­santes pour per­mettre le ra­pa­trie­ment pos­tal de la bague vers le centre émet­teur de celle-ci (en l’oc­cur­rence le GON) afin de re­cueillir les in­for­ma­tions sur le sui­vi de l’ani­mal. Toute per­sonne qui trouve un oi­seau ba­gué doit re­tour­ner la bague par voie pos­tale à l’or­ga­nisme émet­teur.

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