Col­lecte de sang

L'Orne Combattante (SN) - - Flers Et Son Pays - M. M.

Pa­roisse Bx Mar­cel-Cal­lo, Flers. Sa­me­di 9 juillet : 18 h 30, StJean. Di­manche 10 juillet : 9 h 30, St-Jean. 10 h, St-Mi­chel.10 h 30, Saint-Georges-des-Gro­seillers.11 h, St-Ger­main. Pa­roisse St-Pierre-St-Paul en bo­cage. Di­manche 10 juillet : 10 h 30, messe à La Lande-Pa­try. Cha­pelle St-Jean-Eudes, 13 bis, rue Charles-Mous­set. Di­manche 10 juillet : 10 h 30, messe. Pa­roisse Ste-Anne de la Va­renne, Mes­sei. Di­manche 10 juillet : 10 h 30, Mes­sei. Eglise évan­gé­lique. de Mes­sei à Flers. Eglise pro­tes­tante. Di­manche 10 juillet : oe­cu­mé­nique au temple d’Athis. Di­manche 10 juillet : 10 h, culte, 95 bis, rue 10 h 30, cé­lé­bra­tion La pro­chaine col­lecte de sang or­ga­ni­sée par l’ami­cale pour le don de sang bé­né­vole se tien­dra le ven­dre­di 22 juillet, uni­que­ment l’après-mi­di, de 14 heures à 18 h 30, au rez-de­chaus­sée du Fo­rum (ac­cès par le bas de la rue du col­lège). Pour don­ner, il faut être âgé de 18 à 70 ans, pe­ser plus de 50 kg et être re­con­nu apte au don après en­tre­tien avec le mé­de­cin pré­sent sur le lieu de col­lecte. Chaque don­neur bé­né­fi­cie­ra d’un re­pas froid pré­pa­ré par la Croix rouge. En cas de pre­mier don, il convient de pré­sen­ter une pièce d’iden­ti­té.

Entre 1932 et 1940, Raoul Diagne a évo­lué au sein de l’équipe du Ra­cing Club de Pa­ris avec la­quelle il rem­porte à trois re­prises la coupe de France, en 1936, 1939 et 1940 et une fois le cham­pion­nat de France en 1936.

Après avoir joué à Tou­louse et An­ne­cy, pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale, il ter­mine sa car­rière au Sé­né­gal, en 1949. Le foot­bal­leur s’en­gage alors dans une car­rière d’en­traî­neur. Il passe par la Bel­gique puis l’Al­gé­rie avant d’ar­ri­ver dans le bo­cage, en 1953.

Rares sont les Flé­riens à se rap­pe­ler du pas­sage de Raoul Diagne à l’US Flers, il y a main­te­nant plus de 50 ans. Jean-Ma­rie Du­bois, an­cien pré­sident du FC Flers, est de ceux-là. Il avait 20 ans à cette époque. « Il était char­mant, sou­riant et très simple », se rap­pelle le joueur. Mal­gré son pal­ma­rès im­pres­sion­nant, « il était beau­coup plus simple que les foot­bal­leurs d’au­jourd’hui ».

Jean-Ma­rie Du­bois garde l’image d’un spor­tif qui, la qua­ran­taine pas­sée, ai­mait re­tour­ner sur le ter­rain en jouant avec l’équipe ré­serve. Raoul Diagne, ma­rié à une Flé­rienne, fai­sait éga­le­ment du se­cré­ta­riat pour le club et a si­gné la carte de membre ac­tif de Jean-Ma­rie Du­bois. « Il s’était très bien in­té­gré à l’équipe », se sou­vient l’an­cien pré­sident.

Du­rant l’ère Diagne, le club en­chaîne les bons ré­sul­tats et ac­cède à la pro­mo­tion d’hon­neur puis à la di­vi­sion d’hon­neur. C’est aus­si à cette époque qu’un nou­veau stade est amé­na­gé. Le parc des sports de Flers est inau­gu­ré par Guy Mol­let, alors pré­sident du Conseil, en pré­sence de l’en­traî­neur, en 1956. L’an­cien joueur pro­fes­sion­nel quitte Flers en 1961 et de­vient sé­lec­tion­neur de l’équipe na­tio­nale du Sé­né­gal. Il n’ou­blie pas Flers pour au­tant en fai­sant ve­nir son équipe lors d’un match ami­cal.

« Un joueur spec­ta­cu­laire »

Ce fils de dé­pu­té de la III Ré­pu­blique a fré­quen­té les grandes écoles et ne se des­ti­nait pas à une car­rière spor­tive. « Son père le voyait plu­tôt ban­quier », rap­porte Jé­rôme Josse, pro­fes­seur d’his­toire-géo­gra­phie dans le Doubs qui a étu­dié la re­pré­sen­ta­tion de Raoul Diagne dans la presse entre 1930 et 1940. Le jeune Raoul se lance fi­na­le­ment dans cette voie qui l’em­mè­ne­ra au plus haut ni­veau.

Le foot­bal­leur, un des pre­miers spor­tifs à se pro­fes­sion­na­li­ser, était consi­dé­ré comme « un joueur spec­ta­cu­laire, no­tam­ment par sa taille im­po­sante pour cette pé­riode (1,87 m) mais aus­si par sa dé­tente, sa po­ly­va­lence dans le jeu ain­si que par ses dé­ga­ge­ments », note l’his­to­rien. Le joueur a no­tam­ment oc­cu­pé avec brio de nom­breux postes jus­qu’à ce­lui de gar­dien mais c’était en tant qu’ar­rière qu’il était le plus per­for­mant.

Pré­ju­gés ra­ciaux

C’est aus­si par sa cou­leur de peau que le jeune homme se dis­tingue. La France des an­nées 30 est alors un vaste em­pire qui cherche à im­po­ser son mo­dèle de vie dans ses co­lo­nies et à as­seoir sa do­mi­na­tion po­li­tique et éco­no­mique. La so­cié­té fran­çaise n’es­time pas la po­pu­la­tion de ces ter­ri­toires comme son égal. Pour elle, ce sont des sau­vages qu’il faut « ci­vi­li­ser ».

Bien que Raoul Diagne soit Fran­çais et is­su d’une classe so­ciale ai­sée, il n’échappe pas aux pré­ju­gés ra­ciaux de cette so­cié­té, vé­hi­cu­lés no­tam­ment par la presse. Jé­rôme Josse a consta­té, dans la ré­dac­tion de son mé­moire, que le vo­ca­bu­laire ani­ma­lier était sou­vent em­ployé pour le dé­si­gner. On l’ap­pelle par exemple la ga­zelle noire ou l’arai­gnée noire, du fait de ses grandes jambes. Pour l’his­to­rien, ce­la ren­voie « à l’image du sau­vage que la so­cié­té de l’époque conti­nue à pro­pa­ger ». D’autres sur­noms ren­voient uni­que­ment à la cou­leur de sa peau lors­qu’on l’ap­pelle par exemple Jo­sé­phine, comme Jo­sé­phine Ba­ker, chan­teuse de

Pour­tant, « Raoul Diagne a su s’im­po­ser au­près du pu­blic et nul ne vient re­mettre en cause sa place de ti­tu­laire. Lorsque Mau­rice Pef­fer­korn mène une en­quête pour

au­près de ses lec­teurs afin de dé­ter­mi­ner quelle se­rait leur équipe na­tio­nale, Raoul Diagne fi­gure sans sur­prise au sein de cette équipe au poste d’ar­rière », pour­suit Jé­rôme Josse qui note qu’il est « un élé­ment es­sen­tiel de l’équipe de France ».

Pour l’his­to­rien, il est in­con­tes­ta­ble­ment « l’homme qui a ou­vert la voie aux spor­tifs de cou­leur dans le foot­ball fran­çais ».

In­ter­ro­gé sur son in­té­gra­tion en équipe de France à l’oc­ca­sion de la coupe du monde de 1998, Raoul Diagne di­ra, se­lon les pro­pos rap­por­tés par les jour­na­listes du Point, « ce­la s’est fait très na­tu­rel­le­ment. Je n’ai presque ja­mais su­bi de mé­chantes ré­flexions ».

Né en Guyane, en 1910, ce pion­nier du foot­ball pro­fes­sion­nel, à bien des égards, s’est éteint à 92 ans, en 2002. Il au­ra écrit une page de la grande his­toire du foot­ball et même plus. Il au­ra par­ti­ci­pé, mal­gré lui, à faire évo­luer la so­cié­té.

Son his­toire n’est pas sans rap­pe­ler celle du clown Cho­co­lat, pre­mier ar­tiste de la scène fran­çaise, por­té à l’écran avec suc­cès par Ro­sch­dy Zem avec James Thier­rée et Omar Sy, en 2015.

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