Tho­mas Bou­lard, de Luke : « Il y a mille rai­sons de hur­ler »

Avec son rock sin­cère et en­core plein de ré­volte, le groupe Luke se­ra au Fes­ti­val Art So­nic, ven­dre­di 22 juillet. En­tre­tien avec son chan­teur, Tho­mas Bou­lard.

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs -

De­puis La Sen­ti­nelle, titre qui a fait connaître Luke au grand pu­blic, le groupe a fait du che­min, sor­ti plu­sieurs al­bums. Cha­cun de ses membres a fait du che­min, vous avez des en­fants et je me de­man­dais : com­ment on fait pour gar­der cette éner­gie, cet es­prit rock, tout en mû­ris­sant ?

Je pense que c’est une ques­tion de co­lère. Je crois que, de toute fa­çon, ce n’est pas une ques­tion d’âge parce que, fi­na­le­ment, si on re­garde, ne se­rait-ce qu’en lit­té­ra­ture, par exemple, j’ai pas l’im­pres­sion que les grands au­teurs se sont as­sa­gis… Non pas que je me com­pare à eux, mais ce que je veux dire, c’est que dans leur en­vie d’écrire et leur ma­nière de hur­ler, j’ai pas l’im­pres­sion que la lit­té­ra­ture soit à l’image d’un calme au fur à me­sure du temps qui passe. Je pense que c’est plu­tôt l’in­verse. C’est juste qu’on ne les écoute plus. On n’en­tend plus ces gens-là.

Alors, ça fait drôle, quand on a mon âge, on a peut-être plus de lu­ci­di­té, peut-être plus de re­gard ai­gui­sé. Et, je pense que quand on est un ar­tiste, on doit sur­tout être du cô­té des gens do­mi­nés, des gens hu­mi­liés et pas du cô­té des do­mi­nants. Je pense qu’il faut avoir une hon­nê­te­té in­tel­lec­tuelle et sen­sible à l’égard du monde qui nous en­toure. Il faut avoir une cu­rio­si­té du monde qui nous en­toure, l’ob­ser­ver, en faire par­tie et puis re­con­naître qu’il y a mille rai­sons de hur­ler et de hur­ler très fort.

Oui, ef­fec­ti­ve­ment, ce n’est pas ré­ser­vé aux ado­les­cents et il existe plein d’exemple pour le prou­ver.

Je crois que la rage ado­les­cente est né­ces­saire. Il faut juste l’en­tre­te­nir, comme il faut aus­si en­tre­te­nir la can­deur et le re­gard d’un en­fant. Il faut en­tre­te­nir ça en soi pour conti­nuer à faire de la mu­sique.

Pour les Fes­ti­va­liers d’Art So­nic, à quoi doivent-ils s’at­tendre ? Qu’est ce qui est pré­vu pour la tour­née.

Oh, rien du tout. On va faire exac­te­ment le même concert (Rires). Non, sé­rieu­se­ment, il faut dire aux gens que s’ils veulent avoir des con­certs qui n’ont rien à voir avec les autres, ils ont qu’à mettre du bud­get. Ils ne vont pas en plus de té­lé­char­ger nos disques et avoir des con­certs qui n’ont rien à voir avec les autres. Il faut mal­trai­ter un peu les lec­teurs. Il faut leur dire la vé­ri­té. Faut dire les choses (Rires).

J’es­père que l’on fe­ra un très bon concert. Nous, quand on joue, on es­saie de faire le meilleur concert pos­sible. On met toutes nos tripes. Et puis, il faut bien voir que c’est un concert de rock. On est quatre. Il n’y a pas de fi­let. Et puis il n’y a pas de dé­co­ra­tion, il n’y a pas de dé­co­rum pour mas­quer l’ab­sence d’en­vie, ou l’ab­sence d’éner­gie. Voi­là. On a main­te­nant l’ha­bi­tude de grandes messes vi­déo à la place de la mu­sique. Les gens sont hy­per­tro­phiés en terme de spec­tacle. Pour moi, la mu­sique, c’est des per­sonnes qui branchent des gui­tares, des basses et qui jouent. C’est ça que j’aime dans un concert de rock. Je viens d’une époque, des an­nées 70, où c’était le punk et ça me plaît bien. J’aime bien le cô­té : 1,2,3,4 et on y va !

Ques­tion ty­pique de jour­na­liste lo­cal : vous connais­sez la Nor­man­die ?

Oui. Il y a quelques jours, nous étions à Pont-Au­de­mer en Nor­man­die aux Mas­ca­rets. La Nor­man­die, on y va sou­vent. On a fait Beau­re­gard, on a joué à Caen il y a en­core deux mois. C’est plu­tôt une ré­gion qui nous réus­sit. Moi, j’aime beau­coup la Nor­man­die. Je ne dis pas ça pour bros­ser les Nor­mands dans le sens du poil. Je me per­mets de le dire parce que je connais bien cette ré­gion puisque j’ai pas mal de fa­mille de là-bas.

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