Elle conteste une fac­ture : sans élec­tri­ci­té de­puis le 24 juin

De­puis près de 15 jours, une Fer­toise de 28 ans, ma­man d’un en­fant de 5 ans, se re­trouve pri­vée d’élec­tri­ci­té : EDF ayant de­man­dé à ERDF de lui cou­per suite à une fac­ture im­payée. Une fac­ture que l’abon­née conteste, sou­te­nue par le Col­lec­tif AC !

L'Orne Combattante (SN) - - La Ferté Et Son Pays - Mi­chel Mo­ri­ceau

Voi­là plus de trois mois, que Ca­role*, une jeune Fer­toise, mène un com­bat au quo­ti­dien au su­jet d’une fac­ture que lui a adres­sée son four­nis­seur d’élec­tri­ci­té : EDF. Ins­tal­lée dans un ap­par­te­ment F3 de­puis 2013, elle vit seule avec son en­fant de 5 ans et tra­vaille dans la res­tau­ra­tion. « Quand je suis ar­ri­vée, j’avais des men­sua­li­sa­tions à payer de 59 €, qui sont pas­sées en­suite à 70 €, ce qui était une consom­ma­tion nor­male, confie-t-elle. Mais, c’est fin mars der­nier que j’ai re­çu un nou­vel échéan­cier pré­vi­sion­nel où la men­sua­li­té pas­sait à 108,86 € ».

Eton­née de cette nou­velle somme, la jeune femme a contac­té EDF pour connaître la rai­son de cette hausse im­por­tante. « On me ré­cla­mait éga­le­ment de payer une fac­ture de 1 150,38 € pour un rat­tra­page. Jusque-là j’ai tou­jours payé mes fac­tures, mais pour celle-là je n’étais pas d’ac­cord ».

Blo­qué en heures creuses

Dé­sem­pa­rée, la jeune femme s’est adres­sée à une as­sis­tance so­ciale qui l’a orien­tée en­suite vers le Col­lec­tif AC de Flers, et son pré­sident Jean Di­val, ha­bi­tué à ac­com­pa­gner dans leurs dé­marches les par­ti­cu­liers confron­tés à ce type de sou­cis. « Elle m’a in­for­mé qu’elle avait eu des me­naces de cou­pure d’élec­tri­ci­té pour le non rè­gle­ment d’une fac­ture, ra­conte ce der­nier. Dans un cour­rier d’ERDF, il était dit qu’il avait été consta­té une pos­sible ano­ma­lie du comp­teur. Ces fac­tures prou­vaient qu’il était blo­qué de­puis un cer­tain temps en heures creuses ».

Un dys­fonc­tion­ne­ment qui au­rait été ré­so­lu suite à une in­ter­ven­tion d’ERDF sur le comp­teur le 21 avril der­nier. La Fer­toise ayant eu plu­sieurs re­lances avec me­nace de cou­pure, Jean Di­val contacte EDF le 18 mai. « Mon in­ter­lo­cu­teur m’a pré­ci­sé qu’il ne pou­vait y avoir de cou­pure tout pen­dant qu’ERDF ne leur a pas com­mu­ni­qué l’in­ter­ven­tion faite sur le comp­teur dé­faillant ».

Et pour­tant le 24 juin, cette cou­pure va bien in­ter­ve­nir. « Je me suis re­trou­vée sans élec­tri­ci­té, ce qui n’est pas évident quand on tra­vaille et que l’on a un en­fant de 5 ans. Pour lui faire la toi­lette à l’eau chaude, je dois al­ler chez ma mère. Au­tre­ment, pour le reste, je m’ar­range avec des voi­sins ». Face à cette si­tua­tion, Jean Di­val a contac­té à nou­veau EDF. « Mon in­ter­lo­cu­trice a in­di­qué que la cliente de­vait ré­gler 50 % de la fac­ture et pro­po­ser un échéan­cier de reste afin de per­mettre la re­mise en ser­vice du comp­teur. J’ai pro­tes­té éner­gi­que­ment ».

Dans l’im­passe, Jo­sé Col­la­do, conseiller dé­par­te­men­tal est sol­li­ci­té. « J’ai eu de longs échanges avec des re­pré­sen­tants EDF pour es­sayer de né­go­cier, mais sans suc­cès. Je dé­plore cette fa­çon d’agir avec cette cou­pure bru­tale du comp­teur alors que la per­sonne ho­no­rait ses nou­velles men­sua­li­tés. Un ac­cord n’ayant pas été trou­vé, ce dos­sier va sans doute de­voir al­ler au conten­tieux ». Dans le même temps, Ca­role a eu plu­sieurs échanges avec EDF. « On lui a pro­po­sé un rè­gle­ment de 200 € pour que le cou­rant soit re­mis, puis 100 €. Ce mar­chan­dage est in­ac­cep­table car il tend à faire por­ter la culpa­bi­li­té sur cette jeune femme » ob­serve Jean Di­val, qui en­vi­sage d’in­ter­ve­nir au­près du Pré­fet.

Eche­lon­ne­ment

Char­gée des re­la­tions avec la presse chez EDF pour l’Ouest, Ma­rie-Hé­lène Mai­son­neuve sou­haite rap­pe­ler dans un pre­mier temps que la fac­tu­ra­tion aux clients se fait suite aux re­le­vés ef­fec­tués par ERDF (au­jourd’hui Ene­dis) sur ses comp­teurs. « Sou­vent, les abon­nés confondent l’acompte et la ré­gu­la­ri­sa­tion, ex­plique-t-elle. Dans ce dos­sier, ce qui est ré­cla­mé cor­res­pond bien à la consom­ma­tion réelle. Le comp­teur a en­re­gis­tré les bonnes consom­ma­tions, mais c’est la bas­cule qui ne s’est pas faite entre heures creuses et heures pleines du fait du dys­fonc­tin­ne­ment d’un re­lais. C’est la ré­par­ti­tion qui n’est donc pas bonne. Par ailleurs, l’échéan­cier que l’abon­née a re­çu cor­res­pond fi­na­le­ment à une pro­vi­sion pour la fac­ture 2017. Il y au­ra en­suite un ré­ajus­te­ment en fonc­tion de la consom­ma­tion, dans un sens ou dans un autre ».

La re­pré­sen­tante d’EDF a in­di­qué que, pour ce dos­sier, le ser­vice consom­ma­teur de la so­cié­té a fait des pro­po­si­tions à la jeune Fer­toise. « Dans ce genre de si­tua­tion, nous sommes tou­jours à l’écoute et prêts à trou­ver un ar­ran­ge­ment. On lui a pro­po­sé de payer dans un pre­mier temps 100 €, et d’éche­lon­ner en­suite sa dette, mais elle ne l’a pas ac­cep­té. La cou­pure est vrai­ment uti­li­sée en der­nier res­sort » conclut Ma­rie-Hé­lène Mai­son­neuve.

Face à cet im­bro­glio et à ce désac­cord per­sis­tant entre les deux par­ties, une ac­tion en jus­tice est en­vi­sa­gée par l’avo­cate de la jeune femme.

« Je dé­plore la cou­pure »

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