La re­vanche sur la vie d’un jeune Or­nais porte-dra­peau

Tho­mas Li­bert, ha­bi­tant de Champ­se­cret, a réa­li­sé son rêve ul­time la se­maine pas­sée. À l’oc­ca­sion de l’Eu­ro, l’ado­les­cent de 16 ans a été le porte-dra­peau de la Po­logne. At­teint d’une ma­la­die au­to im­mune, il prend ain­si une re­vanche sur la vie.

L'Orne Combattante (SN) - - Magazine -

« Tho­mas est un bat­tant » glisse d’en­trée sa mère, Édith Li­bert. Le té­lé­phone ne cesse de son­ner au do­mi­cile fa­mi­lial. Les nou­velles vont vite. Le jeune Tho­mas fait la fier­té de sa fa­mille, mais aus­si de son vil­lage, après avoir por­té sur son épaule le dra­peau de la Po­logne le jeu­di 30 juin. La joie se lit sur le vi­sage de sa mère, fier de son fils. Une fier­té qui n’est pas sans ha­sard. En ef­fet, l’ado­les­cent est at­teint d’une ma­la­die au­to im­mune, le pur­pu­ra. « C’est une ma­la­die du sang as­sez connue, mais de forme ré­frac­taire à tout trai­te­ment pour le cas de Tho­mas », ex­plique Édith Li­bert.

Au de­là de la ma­la­die

Après 3 an­nées se­mées d’em­bûches (dont une abla­tion de la rate), le jeune homme va pou­voir re­prendre une ac­ti­vi­té sen­si­ble­ment si­mi­laire à celle des ado­les­cents de son âge. Une vic­toire pour lui et sa fa­mille. Il va en­fin pou­voir vivre à fond sa pas­sion : le foot­ball. De­puis son plus jeune âge, il est ac­cro à ce sport. Pas­sion trans­mise d’abord par son père Marc, et son frère Co­ren­tin, qui était jus­qu’à l’an pas­sé im­pli­qué dans le club de La-Fer­rière-aux-Etangs.

« Il ne pen­sait pas à son opé­ra­tion mais qu’au match »

Bien que ses der­nières an­nées aient été ryth­mées par ses sou­cis de san­té, Tho­mas n’a ja­mais aban­don­né son hob­by, sa rai­son de vivre. Plus qu’un sport, le foot­ball semble être un exé­cu­toire. L’as­so­cia­tion Les Fées pa­pillons l’a très vite com­pris, et a ac­com­pa­gné le champ­se­cre­tois à l’hé­ber­ge­ment pour lui, mais aus­si pour son frère aî­né qui l’a ac­com­pa­gné.

« L’un des plus beaux mo­ments de ma vie »

Les deux frères ont donc re­joint la ci­té pho­céenne pour vivre cette ren­contre qui, comme le re­late Tho­mas, est « l’un des plus beaux mo­ments de sa vie ». Avant la ren­contre qui op­po­sait le Por­tu­gal à la Po­logne, le champ­se­cre­tois a pu ta­per dans le bal­lon avec l’an­cien dé­fen­seur cen­tral de l’Olym­pique de Mar­seille, Ha­bib Beye. « On a fait une ren­contre avant le match à un point de ren­dez­vous avec Ha­bib Beye. Il était su­per-cool, on a fait un foot avec, il nous a si­gné des au­to­graphes sur nos tee-shirts. C’était vrai­ment un su­perbe mo­ment avec lui ». L’émo­tion est mon­tée cres­cen­do pen­dant cette jour­née. Tho­mas dé­crit le sen­ti­ment à son en­trée sur la pe­louse, por­tant le dra­peau de la sé­lec­tion des aigles blancs. « Beau­coup d’émo­tion, ça fait bi­zarre d’être sur le ter­rain. Il y avait du monde, de l’am­biance, et en plus on se voit dans l’écran géant. L’am­biance était folle au mo­ment de l’en­trée du dra­peau. Je me suis re­tour­né. Le kop des Po­lo­nais était juste der­rière moi. Il y avait des fu­mi­gènes et leur dra­peau des­cen­dait sur les sup­por­ters en tri­bune ».

« Un câ­lin à Lopes »

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