Il cultive les cac­tus

Le mot cac­tus vient du grec an­cien kák­tos, dé­si­gnant le char­don. Il a en­suite dé­ri­vé pour dé­si­gner ces plantes aux formes bi­zarres et par­fois re­pous­santes.

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage et Suisse Normande - Guy Val­lée

Les cac­tus « Aïe ! aïe ! aïe !, ouille !, aïe ! aïe ! aïe ! » dit Jacques Du­tronc dans sa cé­lèbre chan­son.

Ce­pen­dant, tous les cac­tus ne piquent pas. C’est une plante gé­live qui craint l’ac­cu­mu­la­tion des pé­riodes de froid. D’après les bo­ta­nistes, son ori­gine se trouve au Mexique, mais ce sont les Grecs qui lui au­raient don­né ce nom cac­tus en rai­son du mot Kák­tos qui dé­signe le char­don.

Une plante très pi­quante que l’on trouve dans les en­droits non en­tre­te­nus. Le cac­tus est une plante grasse ou suc­cu­lente, c’est-à-dire des plantes xé­ro­phytes qui stockent dans leurs tis­sus des ré­serves de suc pour faire face aux longues pé­riodes de sé­che­resse.

Un écart de 50°c

Les pre­miers cac­tus se­raient ap­pa­rus sur terre il y a au moins 30 à 40 mil­lions d’an­nées et ils ont su s’adap­ter aux chan­ge­ments de cli­mat d’où la dis­pa­ri­tion des feuilles pour pro­po­ser des formes dif­fé­rentes. C’est la seule plante ca­pable de sur­vivre dans des condi­tions ex­trêmes d’où leurs ap­pa­rences très dif­fé­rentes. On en trouve en forme de boulle (les ma­mui­la­ria), de cierge (ce­reus), de ra­quette (opun­tia). Le cac­tus consomme le gaz car­bo­nique et peut vivre dans cer­tains en­droits où il ne tombe que 250 mm d’eau dans l’an­née avec un écart de tem­pé­ra­ture de 50°c (plus 30°/40°c à moins 10 °c). Il existe 2.000 es­pèces dif­fé­rentes de cac­tus tan­dis qu’il y a en­vi­ron 3.000 es­pèces de plantes suc­cu­lentes.

Celles qui sont très pi­quantes se pro­tègent de cette fa­çon contre les agres­sions des ani­maux et autres in­sectes. Celles qui sont re­cou­vertes de poils, à l’exemple des ce­reus, se pro­tègent ain­si du vent et de la pluie. Cer­taines sé­crètent des sub­stances toxiques ca­pables de tuer des ani­maux. Ja­dis, sur l’île de Cu­ba, cer­tains in­di­vi­dus se ser­vaient des gros cac­tus très pi­quants pour en­fer­mer leurs es­claves dans leur pro­prié­té.

Le ha­sard d’une rencontre

Au ha­sard d’une rencontre avec un écri­vain pas­sion­né de cac­tus, Claude Se­rais est tom­bé amou­reux de ces plantes qu’il a dé­ci­dé de culti­ver dans le jar­din de sa mai­son de La Car­neille au mi­lieu des an­nées quatre-vingt­dix. Il en pos­sède ain­si de très nom­breuses es­pèces de formes dif­fé­rentes dont il prend le plus grand soin. Il les met tous à l’abri du gel et des in­tem­pé­ries pen­dant la pé­riode hi­ver­nale.

« À par­tir de 20 mai, je les res­sors tous et je les plante en pleine terre jus­qu’au gel. La plu­part sont is­sus de bou­tures et peuvent grim­per jus­qu’à 2 mètres de hau­teur, et même beau­coup plus » in­dique Claude Se­rais.

Ce der­nier pré­cise que le cac­tus est une plante très pro­té­gée car en­vi­ron un tiers de ses es­pèces est ap­pe­lé à dis­pa­raître à cause de la dé­fo­res­ta­tion, des amé­na­ge­ments des villes, du chan­ge­ment cli­ma­tique, du dé­ve­lop­pe­ment de l’agri­cul­ture et… de l’at­trait de la plante par les col­lec­tion­neurs.

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