Le re­pas of­fert aux an­ciens n’au­ra pas lieu en 2016

Comme pour le Sa­lon de l’Ha­bi­tat par ailleurs, la mu­ni­ci­pa­li­té est dans la ré­flexion quant à l’évo­lu­tion du re­pas an­nuel of­fert aux aî­nés. En toile de fond, la vo­lon­té de faire ici ou là des éco­no­mies pour bou­cler le bud­get de la Ville.

L'Orne Combattante (SN) - - La Ferté Et Son Pays -

Dans de nom­breuses com­munes, le dé­but de l’au­tomne est souvent l’oc­ca­sion pour les élus d’in­vi­ter les an­ciens à par­ta­ger un re­pas « cha­leu­reux et convi­vial », de mettre à l’hon­neur les doyens qui sym­bo­lisent l’His­toire de la ci­té. Ce dé­jeu­ner vient ain­si rompre la mo­no­to­nie du quo­ti­dien, voire la so­li­tude pour cer­tains. Même si le ser­vice est la plu­part du temps as­su­ré par les bé­né­voles, cette ac­tion re­pré­sente néan­moins un cer­tain coût, soit pour le CCAS (centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale) ou pour le bud­get com­mu­nal.

A La Fer­té-Ma­cé, où la ma­ni­fes­ta­tion peut réunir jus­qu’à 450 par­ti­ci­pants, les élus ont eu en­vie de chan­ger la for­mule l’an pas­sé avec une res­tau­ra­tion plus lé­gère et un après-mi­di dan­sant « An­nées 50 » ani­mé par Ma­nue­la et Sté­phane dans le cadre de la Se­maine Bleue. Les or­ga­ni­sa­teurs avaient fait ap­pel à des ly­céens fer­tois pour as­su­rer l’ac­cueil et le ser­vice. « Il y a eu mal­heu­reu­se­ment moins de monde qu’à l’ha­bi­tude, re­con­naît le maire, Jacques Dal­mont, mais les per­sonnes qui étaient pré­sentes, étaient très sa­tis­faites ».

Re­por­té fin mars

Pour cette an­née 2016, alors que le bud­get de la Ville est de plus en plus dif­fi­cile à bou­cler (la mu­ni­ci­pa­li­té tra­vaille à un plan d’éco­no­mie de fonc­tion­ne­ment qui pour­rait avoi­si­ner les 600 000 €), il a été dé­ci­dé de ne pas or­ga­ni­ser ce re­pas en oc­tobre et de le dif­fé­rer au prin­temps 2017. « Nous pen­sons le pro­gram­mer fin mars dé­but avril, confie le pre­mier ma­gis­trat, ce qui va nous don­ner le temps pour re­pen­ser la for­mule afin de sa­tis­faire le plus grand nombre ».

Jus­qu’alors, ce re­pas re­pré­sen­tait pour la Ville un coût d’en­vi­ron 10 000 €. « Il était gra­tuit pour les plus de 70 ans et il était de­man­dé une par­ti­ci­pa­tion fi­nan­cière aux autres » rap­pelle l’élu. S’il ne sou­haite pas sup­pri­mer ce ren­dez-vous an­nuel, qui est une tra­di­tion de­puis des an­nées, le maire en­tend « conci­lier le sou­ci de ra­tio­na­li­sa­tion et le ser­vice, le plai­sir pro­cu­ré à nos an­ciens ». Il n’écarte pas l’idée de trans­fé­rer le fi­nan­ce­ment de cette ma­ni­fes­ta­tion au CCAS. « Mais, rien n’est ar­rê­té. Nous sommes en pleine ré­flexion ».

Un re­pas plé­bis­ci­té

Du cô­té des as­so­cia­tions d’an­ciens, mal­gré la concer­ta­tion sou­hai­tée par la mai­rie, ce chan­ge­ment d’ha­bi­tude a eu du mal à pas­ser. Vice-pré­sident de l’Age d’or du Pays fer­tois, Ro­bert Pot­tier, 85 ans, en ap­pelle à un re­tour au re­pas tra­di­tion­nel. « Et c’est l’avis de bon nombre de nos adhé­rents, confie-t-il. Quand on ar­rive à 70 ou 80 ans, la danse n’in­té­resse pas tout le monde. C’est dom­mage de vou­loir chan­ger. Si on veut faire des éco­no­mies, je pense qu’on peut ro­gner sur autre chose. Et puis, le fait qu’un maire offre un re­pas à ses an­ciens, c’est un juste re­tour des im­pôts que l’on a payés » ob­serve-t-il avec hu­mour.

Du cô­té de l’Union des re­trai­tés et per­sonnes âgées, le sen­ti­ment est un peu plus nuan­cé. « L’an der­nier, le fait de par­ler de thé dan­sant a sans doute ar­rê­ter des per­sonnes, es­time la pré­si­dente Re­née Houillère. Pour ma part, je sou­hai­te­rais que l’on re­vienne à un re­pas tra­di­tion­nel, peut-être un peu moins co­pieux. Et pour­quoi pas de­man­der une pe­tite par­ti­ci­pa­tion à cha­cun ».

Les élus ont donc cinq mois pour trou­ver une for­mule qui puisse conten­ter la grande ma­jo­ri­té des aî­nés, qui semblent pré­fé­rer le coup de four­chette au pas de danse.

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