Un re­pas de chefs pour les plus dé­mu­nis, à Flers

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande Entre Et - M. M.

Un in­cen­die s’est dé­cla­ré, jeu­di 24 no­vembre, dans la cui­sine d’un ap­par­te­ment de la Ré­si­dence Saint-Jean, rue des Ecoles, près du com­mis­sa­riat, à Flers.

Les sa­peurs-pom­piers ont été aler­tés vers 21 h 40. 18 sol­dats du feu sont in­ter­ve­nus avec deux en­gins in­cen­die, la grande échelle et une am­bu­lance.

A leur ar­ri­vée, l’oc­cu­pante des lieux, une femme de 54 ans, était sor­tie de l’ap­par­te­ment en­fu­mé. Le si­nistre a été ra­pi­de­ment maî­tri­sé.

La vic­time, in­com­mo­dée par la fu­mée, a été trans­por­tée à l’hô­pi­tal pour y su­bir des exa­mens.

L’in­cen­die se­rait dû à la dé­faillance d’un ap­pa­reil élec­trique.

A la veille des fêtes de fin d’an­née, les fa­milles les plus dé­mu­nies de notre ré­gion pour­ront pro­fi­ter d’un re­pas pré­pa­ré par des grands chefs.

1 000 convives sont in­vi­tés à ve­nir dé­gus­ter un vé­ri­table dî­ner de fête à Saint-Lô, Caen, Mor­tagne-au-Perche mais aus­si à Flers où 200 per­sonnes sont at­ten­dues, mer­cre­di 7 dé­cembre, à la salle de La Pe­tite A.

Cette ini­tia­tive hu­ma­niste est née de la ren­contre entre Ro­ger Bel­lier, pré­sident de l’Umih de l’Orne, l’union des mé­tiers et des in­dus­tries de l’hô­tel­le­rie, et de Claude Weill, pré­sident de la Banque ali­men­taire de l’Orne. L’idée était « d’of­frir un re­pas fes­tif, qu’on puisse ap­por­ter du ré­con­fort aux per­sonnes qui ne peuvent pas ve­nir au res­tau­rant », se rap­pelle Ro­ger Bel­lier, pré­sident de l’Umih de l’Orne.

Une ini­tia­tive « dés­in­té­res­sée »

En 2012, 300 bar­quettes avaient été confec­tion­nées par les chefs du club hô­te­lier de Ba­gnoles-de-l’Orne puis dis­tri­buées par la Banque ali­men­taire de l’Orne, à Alen­çon.

L’opé­ra­tion a évo­lué de­puis ses dé­buts avec le ren­fort d’autres par­te­naires, no­tam­ment des Umih de La Manche et du Calvados et du club hô­te­lier de Flers. Les jeunes en for­ma­tion dans les CFA (centres de for­ma­tion d’ap­pren­tis) de Saint-Lô et d’Alen­çon et à la MFR (mai­son fa­mi­liale ru­rale) de Trun-Ar­gen­tan ont éga­le­ment re­joint le mou­ve­ment. Ils se­ront en salle et en cui­sine.

C’est tout na­tu­rel­le­ment que la ville de Flers a ac­cep­té de prê­ter la salle de La Pe­tite A pour ac­cueillir ce mo­ment de so­li­da­ri­té. « C’est une très belle ini­tia­tive qui doit être si­gna­lée. Elle est ci­toyenne, dés­in­té­res­sée et in­tel­li­gente », in­siste le dé­pu­té­maire de Flers, Yves Goas­doué.

A Flers, 200 per­sonnes du ter­ri­toire par­mi les moins for­tu­nées vont ain­si pou­voir se ré­ga­ler d’une ter­rine de boeuf aux pe­tits lé­gumes en ge­lée et une mous­se­line aux herbes fraîches. Sui­vront un blanc de vo­laille sauce aux grains de cas­sis et ses gnoc­chis à la ro­maine. Après le fromage, ce se­ra bien sûr la bûche gla­cée qui s’im­po­se­ra, en ces temps de fête. Un verre de cidre, d’un pro­duc­teur lo­cal, se­ra éga­le­ment of­fert.

Pour pré­pa­rer les re­pas, ce qui né­ces­site trois jours de tra­vail, plus de 35 chefs ont ré­pon­du pré­sents dont Yo­han Le­lei­zan, d’Au bout de la rue, pré­sident du club hô­te­lier de Flers, Maxime Ex­cellent de l’Hô­tel So­phie, à Briouze, Oli­vier Ri­chard, du 1927 du Ca­si­no de Ba­gnoles, Franck Quin­ton, du Ma­noir du Lys à Ba­gnoles, Yvon Le­bailly, d’O Gayot, ou Ar­naud Bou­lan­ger de la Po­ti­nière du lac et pré­sident du club hô­te­lier de Ba­gnoles…

Bien­tôt dans toute la Nor­man­die

« Le sa­voir-faire en ma­tière cu­li­naire doit être dis­pen­sé aux plus dé­mu­nis. Il ne s’agit pas d’aide ali­men­taire mais de res­tau­rer la di­gni­té des gens », sou­ligne Yves Goas­doué. « Ça nous fait plai­sir de faire plai­sir », ajoute Ro­ger Bel­lier. Pour Claude Weill, il s’agit d’une re­con­nais­sance pour ces gens et c’est aus­si mon­trer que la Banque ali­men­taire four­nit des pro­duits de qua­li­té.

L’opé­ra­tion fait des émules et l’Eure et la Seine-Ma­ri­time pour­raient imi­ter ses voi­sins « ce qui por­te­rait le nombre de re­pas de 1 000 à 1 500, en 2017 », se ré­jouit Pas­cal Cham­pagne, vi­ce­pré­sident de l’Umih de l’Orne, qui tient à ce que ce ren­dez-vous soit main­te­nu à cette époque et le mer­cre­di « pour qu’il y ait des en­fants ». Se­ra-t-elle un jour une opé­ra­tion na­tio­nale ?

Quoi qu’il en soit, lors de cette jour­née du 7 dé­cembre, tous es­pèrent éblouir leurs in­vi­tés. Ce se­ra la plus belle des ré­com­penses.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.