De la ferme à l’as­siette, il n’y a qu’un pas !

L'Orne Combattante (SN) - - Briouze Et Son Pays - M.T.

Face à la crise du lait, cinq pro­duc­teurs du pays de Briouze ont dé­ci­dé de se re­grou­per pour faire de la vente di­recte dans leur com­merce à Briouze. Ob­jec­tif : re­tis­ser le lien avec les consom­ma­teurs.

De­nis et Flo­rence Thom­me­rel, Thier­ry Salles, Jean-Luc Pluet et Ro­main Enée font le pa­ri d’ou­vrir leur com­merce de vente di­recte au pre­mier tri­mestre 2017.

Ces cinq agri­cul­teurs, âgés entre 33 et 53 ans, tra­vaillent dans le pays de Briouze. Leurs ex­ploi­ta­tions sont de taille iden­tique, une cin­quan­taine de vaches cha­cune.

Pro­duc­teurs AOP chez Flé­chard, en­tre­prise spé­cia­li­sée dans la trans­for­ma­tion de ma­tières grasses lai­tières, trois d’entre eux sont éga­le­ment adhé­rents à Fai­reF­rance.

« Un la­bel lan­cé en mai 2012 suite à la crise du monde agri­cole », ex­plique De­nis Thom­me­rel, agri­cul­teur à Bellou-en-Houlme.

Le la­bel ras­semble plus de 800 pro­duc­teurs en France « dont 162 en Nor­man­die », pré­cise l’agri­cul­teur, qui fait par­tie du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion..

« C’est une marque so­li­daire et équi­table, qui per­met aux agri­cul­teurs de re­prendre une place de choix dans la fi­lière et ain­si de re­ce­voir une ré­mu­né­ra­tion dé­cente pour leur tra­vail », dé­taille Thier­ry Salles, pro­duc­teur à La Fres­nayeau-Sau­vage.

L’ou­ver­ture de ce com­merce est née d’un constat. « Les crises du sec­teur lai­tier de 2009 et de 2015. Cette der­nière a été pire en­core », tiennent à sou­li­gner les pro­duc­teurs.

500 € par mois

L’État a pour­tant dé­blo­qué des aides il y a quelques mois. « Ce n’est pas suf­fi­sant. Pour mon ex­ploi­ta­tion, ce­la re­pré­sente seule­ment 400 €. On ne dé­gage que 500 € par mois en ce mo­ment », ré­pond De­nis Thom­me­rel.

Les agri­cul­teurs ont donc dé­ci­dé de prendre le tau­reau par les cornes « De­puis 40 ans, on su­bit la si­tua­tion. En nous ba­sant seule­ment sur la pro­duc­tion, nous avons lais­sé la trans­for­ma­tion à d’autres. On a per­du le pou­voir… », lance Thier­ry Salles.

Dans le cadre de leurs mis­sions pour Fai­reF­rance, ils ren­contrent les consom­ma­teurs. « On nous pose sou­vent la ques­tion : « Pour­quoi ne trans­for­mez-vous pas votre propre lait ? ». »

Glace, yaourt, vo­lailles…

L’idée fait son bout de che­min dans les têtes de nos agri­cul­teurs. C’est dé­ci­dé : ils as­su­re­ront pro­duc­tion, trans­for­ma­tion et vente.

Leur ma­ga­sin est si­tué dans le bourg, rue de Falaise. On y trou­ve­ra : glace, yaourt, crème, fromage blanc ou en­core confi­ture de lait et bûche de Noël gla­cée.

« D’autres pro­duits lo­caux vien­dront s’ajou­ter comme des vo­lailles, oeufs, viande rouge et blanche, Poi­ré, miel, fromage de bre­bis. » Dans leur com­merce, on de­vrait éga­le­ment re­trou­ver des ma­de­leines Jean­nette.

« Les pro­duc­teurs qui le sou­haitent pour­ront y vendre leurs pro­duits. On tra­vaille­ra seule­ment avec ceux qui font de la qua­li­té comme nous », pré­vient Thier­ry Salles.

Des em­plois à la clé ?

Trans­pa­rence, proxi­mi­té et qua­li­té sont les maîtres mots de l’équipe. Les cinq agri­cul­teurs vont mettre en place éga­le­ment dans une pièce de leur com­merce, un la­bo­ra­toire pé­da­go­gique. « Le la­bo per­met­tra aux consom­ma­teurs qui le dé­si­rent de voir la fa­bri­ca­tion de nos yaourts et de nos pro­duits gla­çés. » Ils comptent faire ve­nir les écoles du sec­teur pour leur faire dé­cou­vrir leur mé­tier. « Ce­la rentre dans notre phi­lo­so­phie, celle d’al­ler vers le consom­ma­teur. On doit re­trou­ver ce lien de re­prend De­nis confiance », Thom­me­rel.

Le com­merce s’ap­pel­le­ra Au pré de ma ferme et ou­vri­ra au pre­mier tri­mestre 2017. Il se­ra ou­vert 5/7 jours. « Nous vou­lons faire de l’agri­cul­ture non dé­lo­ca­li­sable. Ce com­merce se­ra créa­teur d’em­plois ici ou dans nos fermes », es­père l’agri­cul­teur.

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