Isa­belle Bo­scher vise le poste de député et le sou­tien d’En Marche

Isa­belle Bo­scher lance of­fi­ciel­le­ment sa cam­pagne aux élec­tions lé­gis­la­tives. L’élue ar­gen­ta­naise est can­di­date sur la troi­sième cir­cons­crip­tion de l’Orne (Ar­gen­tan-Flers). Son sup­pléant est connu. Moins son in­ves­ti­ture.

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse Normande - Ch­ris­to­pher Le­bran­chu

Ma­riée et mère de deux enfants, Isa­belle Bo­scher (51 ans) est en lice pour l’élec­tion lé­gis­la­tive sur la troi­sième cir­cons­crip­tion de l’Orne (Ar­gen­tan-Flers). En­sei­gnante au ly­cée Me­ze­ray d’Ar­gen­tan, elle se­ra sup­pléée par Lo­ri Hel­lo­co (25 ans), élève avo­cat, maire adjoint de Flers et conseiller dé­par­te­men­tal.

Avec quelle éti­quette

PS ou En Marche ? La ques­tion est po­sée. Et la réponse se fe­ra en­core un peu at­tendre. « Ac­tuel­le­ment, nous avons une in­ves­ti­ture PS mais j’ai de­man­dé l’in­ves­ti­ture En Marche. Car on n’est pas des po­li­ti­ciens. On est des vrais ci­toyens res­pon­sables », in­siste Isa­belle Bo­scher qui ne se re­con­naît pas dans les pro­po­si­tions de Be­noît Ha­mon et qui sou­tient de­puis quelques se­maines Emmanuel Macron. « Mais une in­ves­ti­ture ne chan­ge­ra pas la donne. On est convain­cus qu’on a de vraies va­leurs à dé­fendre. […] Notre can­di­da­ture est celle de ci­toyens en­ga­gés. Parce que nous le sommes que ce soit dans la vie as­so­cia­tive ou lo­cale. Liberté, éga­li­té, fra­ter­ni­té, laï­ci­té, ça veut dire quelque chose pour nous ».

« On avait in­vi­té à vo­ter pour Macron avant le pre­mier tour. Pour des so­cia­listes, c’est vrai que ça au­rait pu pa­raître bi­zarre parce qu’on avait un can­di­dat of­fi­ciel (N.D.L.R. Be­noît Ha­mon). Qui n’ar­ri­vait non seule­ment pas à ras­sem­bler les Fran­çais. Mais en­core moins sa fa­mille po­li­tique. Il ne s’agis­sait pas de pen­ser à l’ave­nir d’un par­ti po­li­tique mais à ce­lui de la France. C’est l’élec­tion présidentielle, ce n’est pas un congrès du Par­ti so­cia­liste », ré­plique son sup­pléant, Lo­ri Hel­lo­co. « La fa­ci­li­té au­rait consis­té à ce qu’on se taise. Ça nous au­rait évi­té de nous faire in­sul­ter par de nom­breux ca­ma­rades. Sauf qu’en po­li­tique, c’est le courage qui est mère de toutes les ver­tus ».

Ques­tion de ti­ming

Cette cam­pagne express – elle ne va du­rer que six se­maines*– s’ins­crit donc dans l’entre-deux tours de l’élec­tion présidentielle où leur can­di­dat est op­po­sé à Ma­rine Le Pen. « On se pro­jette d’abord dans le se­cond tour. En fai­sant ga­gner Emmanuel Macron, face aux idées du Front national. Parce qu’une élec­tion de Ma­rine Le Pen se ré­su­me­rait en une ca­tas­trophe dans la vie des gens », ap­puie Lo­ri Hel­lo­co.

« Le FN est un mi­roir aux alouettes. C’est le dis­cours des « Y’a qu’à, faut qu’on ». Je dis at­ten­tion, les plus fra­giles souf­fri­ront en­core plus », pour­suit Isa­belle Bo­scher. « On sou­haite com­men­cer à mo­bi­li­ser nos sym­pa­thi­sants dès main­te­nant car les lé­gis­la­tives ar­rivent très vite, pour être dans une vraie dy­na­mique dès le dé­but du mois de mai ».

« Construire l’équi­té ter­ri­to­riale »

Le maître mot d’Isa­belle Bo­scher lors de sa cam­pagne se­ra l’équi­té. Une va­leur qu’elle dit par­ta­ger avec Lo­ri Hel­lo­co et qui se­ra au coeur de son pro­jet po­li­tique. « Trop sou­vent, on nous parle d’éga­li­té. Or, l’éga­li­té veut dire qu’on donne la même chose à tout le monde. Et, on voit où ce­la nous mène au­jourd’hui en termes d’écoles, d’in­fra­struc­tures, de cou­ver­tures té­lé­pho­nique et nu­mé­rique… On a sur nos ter­ri­toires, des po­pu­la­tions qui se sentent com­plè­te­ment aban­don­nés, dé­lais­sés, qui ont le sen­ti­ment par­fois d’être dé­clas­sés. […] Il faut ar­rê­ter de mon­ter les ha­bi­tants les uns contre les autres. Au­jourd’hui, on a une cer­taine dé­fiance de cer­tains ru­raux vis-à-vis des villes et des ag­glos. De l’ag­glo de Flers ou de la ville d’Ar­gen­tan. Je l’ai sen­ti no­tam­ment quand on a construit la grande in­ter­com­mu­na­li­té », dit-elle.

« On a des pistes. Par exemple, l’école. Au­jourd’hui, on rai­sonne en termes d’éga­li­té. C’est tant d’élèves par­tout pa­reil. Je me dis pour­quoi, au nom de l’équi­té et de la va­lo­ri­sa­tion de tous les ter­ri­toires, on n’ac­cep­te­rait pas qu’il y ait moins d’enfants pour main­te­nir une école ru­rale. Parce que lors­qu’on ferme une école, le vil­lage se meurt », ex­plique la can­di­date.

« Si je suis élue, je ne se­rai que dé­pu­tée »

Ac­tuel­le­ment conseillère mu­ni­ci­pale, sup­pléante du député Yves Goas­doué et vi­ce­pré­si­dente d’Ar­gen­tan In­ter­com, Isa­belle Bo­scher dit être dans la ligne d’Emmanuel Macron dans ce qu’on ap­pelle le man­dat unique.

« On est en­tiers avec Lo­ri. On n’est pas dans la com­pro­mis­sion. Je me re­trouve com­plè­te­ment chez Emmanuel Macron lors­qu’il dit qu’il veut re­nou­ve­ler la classe po­li­tique. Que la re­nou­ve­ler, c’est le man­dat unique. Et ça me va très bien. Je pense que ceux qui font car­rière nuisent au re­nou­vel­le­ment de la dé­mo­cra­tie. Si je suis élue, je ne se­rai que dé­pu­tée », pro­met Isa­belle Bo­scher.

« Je ne se­rai pas professeur en même temps. Pas de vi­ce­pré­si­dence. Je res­te­rai conseillère mu­ni­ci­pale pour être au cou­rant et sa­voir ce qu’il se dit. Pour gar­der le contact. Mais je n’as­su­me­rai pas les res­pon­sa­bi­li­tés. Car, pour bien faire les choses, il faut y consa­crer du temps. Ceux qui me connaissent savent que je suis exi­geante et per­fec­tion­niste ».

*Les élec­tions lé­gis­la­tives au­ront lieu les di­manches 11 et 18 juin.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.