De l’EC Con­dé au Tour de France

Le 15 avril 2007, le jeune grim­peur or­nais Guillaume Mar­tin si­gnait sa pre­mière vic­toire en mi­nimes dans le prix de Con­dé-sur-Noi­reau. Dix ans plus tard, il est au dé­part de son pre­mier Tour de France, sa­me­di 1er juillet, à Düsseldorf.

L'Orne Combattante (SN) - - La Une -

En­core in­con­nu du grand pu­blic, le jeune grim­peur or­nais Guillaume Mar­tin, pour­rait écla­ter aux yeux de ce­lui-ci à l’oc­ca­sion du Tour de France qu’il va dis­pu­ter pour la pre­mière fois, à l’âge de 24 ans, au cours de sa deuxième an­née de cou­reur pro­fes­sion­nel. C’est avec le plein de confiance qu’il va s’élan­cer au dé­part, sa­me­di 1er juillet, à Düsseldorf, en Al­le­magne, où l’équipe Wan­ty-Groupe Go­bert a été bâ­tie pour l’épau­ler au maxi­mum dans les étapes de mon­tagne.

« Je sais que je vais perdre du temps dans la pre­mière étape contre-la-montre de 14 km, dans les rues de Düsseldorf, mais l’avan­tage, c’est que la mon­tagne va vite ar­ri­ver avec le som­met de la Planche-des-belles-Filles, dans les Vosges, dès mer­cre­di 5 juillet. »

Très mé­ti­cu­leux dans sa pré­pa­ra­tion, Guillaume Mar­tin est al­lé, seul re­con­naître les étapes de mon­tagne dans les Alpes, du­rant 9 jours juste après l’ar­ri­vée du Cri­té­rium du Dau­phi­né qu’il a ache­vé à la 18e place du clas­se­ment gé­né­ral.

Le fait de cô­toyer les meilleurs ne l’in­quiète pas plus que ça.

« Je sais que je n’ai pas leur ni­veau, mais je me suis sur­pris au Dau­phi­né. Je ne suis pas si loin que ça. Je connais bien les étapes dans les Vosges et la Ju­ra, et si je trouve l’ou­ver­ture, je ne vais pas me pri­ver. »

Dans les 50 pre­miers à Pa­ris ?

L’ob­jec­tif du jeune grim­peur or­nais, et l’es­poir de ses di­ri­geants belges, est d’ac­com­pa­gner les meilleurs en mon­tagne, le plus long­temps pos­sible dans tous les mas­sifs mon­ta­gneux sur l’en­semble du Tour.

S’il y par­vient, une place dans les 50 pre­miers du clas­se­ment gé­né­ral fi­nal, à Pa­ris, est lar­ge­ment à sa por­tée. Tou­te­fois, ce n’est que sa deuxième an­née pro­fes­sion­nelle, son contrat avec Wan­ty-Groupe Go­bert a dé­jà été re­con­duit, fin 2016, pour la sai­son 2018. Preuve que ses di­ri­geants tiennent à le gar­der et qu’ils forment de grands es­poirs sur lui.

À lui, dé­sor­mais de dé­mon­trer qu’il est ca­pable de ré­pondre aux nom­breuses at­tentes de ces der­niers et de ses nom­breux sup­por­ters de la ré­gion de Flers et Con­dé-sur-Noi­reau.

Do­mi­ci­lié jus­qu’à son pas­sage dans les rangs pro­fes­sion­nels, à Sainte-Ho­no­rine-la-Char­donne, a dé­bu­té la com­pé­ti­tion en 2007 sous les cou­leurs de l’Étoile cy­cliste Con­dé-sur-Noi­reau. De­puis ses dé­buts, que nous avons re­la­tés ré­gu­liè­re­ment dans nos co­lonnes, il a im­pres­sion­né son en­tou­rage par ses grandes qua­li­tés de grim­peur. Il a très vite gra­vi les éche­lons ré­gio­naux, na­tio­naux, et in­ter­na­tio­naux pour ar­ri­ver au plus haut ni­veau en 2016 au sein de l’équipe pro­fes­sion­nelle belge de 2e di­vi­sion mon­diale Wan­tyG­roupe Go­bert.

Pi­lier du club France

Dès la fin de la ca­té­go­rie des ca­dets, à l’âge de 16 ans, il a in­té­gré le club France chez les ju­niors où il s’est très vite mon­tré à son avan­tage, no­tam­ment lors des cham­pion­nats du monde 2011 à Co­pen­hague, au Danemark où il a été un grand ar­ti­san de la vic­toire de son équi­pier, le Flé­rien Pierre-Hen­ri Le­cui­si­nier. En 2013, il a in­té­gré les rangs es­poirs où, là en­core, il s’est très vite im­po­sé pour de­ve­nir l’un des pi­liers de l’équipe de France.

Doué phy­si­que­ment, il l’est aus­si in­tel­lec­tuel­le­ment et c’est en toute lo­gique qu’il a su s’im­po­ser au sein de son équipe pro­fes­sion­nelle où ses di­ri­geants l’ont dé­si­gné lea­der pour les courses à étapes.

Pas­sion­né de phi­lo­so­phie, il a dé­cro­ché un mas­ter dans cette dis­ci­pline tout en conju­guant le cyclisme de très haut ni­veau. Dans ses ba­gages, il em­porte des livres qui traitent de phi­lo­so­phie, y com­pris dans ceux du pro­chain Tour de France où en guise de ré­cu­pé­ra­tion, il se plon­ge­ra dans la lec­ture avant de s’en­dor­mir.

Tout près des meilleurs

Après un dé­but de sai­son com­pli­qué suite à une ten­di­nite sur­ve­nue à cause d’un pro­blème de ma­té­riel lors du stage en Espagne en vue du Tour de France où son équipe est in­vi­tée par l’or­ga­ni­sa­teur, il a re­trou­vé de très bonnes sen­sa­tions au cri­té­rium du Dau­phi­né li­bé­ré au mois de juin. Il s’est re­trou­vé aux cô­tés des meilleurs, Ch­ris­to­pher Froome, Al­ber­to Con­ta­dor, Fa­bio Aru, Ri­chie Porte, et consorts, dans les étapes de mon­tagne. Il s’est même per­mis d’at­ta­quer dans l’étape de l’Alpe-d’Huez du sa­me­di où il ter­mine 17e à 10 se­condes de l’Es­pa­gnol Ale­jan­dro Val­verde.

Di­manche der­nier (le 25 juin) sur le cir­cuit plat du cham­pion­nat de France, dis­pu­té à Saint-Omer, dans le Pas-de-Ca­lais, il ne s’est pas conten­té de suivre. Il sa­vait qu’il n’avait au­cune chance dans le fi­nal en l’ab­sence de dif­fi­cul­tés sé­rieuses (il au­ra pré­fé­ré que la course se dé­roule à Saint-Omer, en Suisse-Nor­mande !). C’est ain­si qu’il s’est glis­sé dans une échap­pée de dix-sept cou­reurs après 50 km de course pour res­ter de­vant jus­qu’à un peu moins de 30 km de l’ar­ri­vée au mo­ment où les équi­piers des sprin­ters ont rou­lé pour ra­me­ner leurs lea­ders à l’avant.

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