L’église mé­dié­vale de Mé­guillaume sau­vée

L'Orne Combattante (SN) - - Putanges Et Son Pays -

Sa­me­di 24 juin, les Amis de l’église Saint-Sé­bas­tien de Mé­guillaume et la com­mune de Pu­tanges-le-Lac, inau­gu­raient la res­tau­ra­tion du ta­bleau de Saint Sé­bas­tien et la res­ti­tu­tion des pein­tures mé­dié­vales du choeur, en pré­sence de Cé­cile Za­pla­na, sous-pré­fet, et de nom­breux élus.

L’église était trop pe­tite pour re­ce­voir toutes les per­sonnes ve­nues sou­te­nir les ac­teurs du projet et ad­mi­rer le tra­vail ef­fec­tué, une par­tie de l’as­sem­blée a dû as­sis­ter, de­hors, à la ma­ni­fes­ta­tion.

Pierre Chaix, pré­sident de l’as­so­cia­tion, a rap­pe­lé que cette pe­tite église mé­dié­vale est au­jourd’hui sau­vée, après avoir tra­ver­sé plus de six siècles : « l’église ru­rale a conser­vé toute son au­then­ti­ci­té et pos­sède des élé­ments ar­chi­tec­tu­raux et ar­chéo­lo­giques no­tables. »

Une as­so­cia­tion créée en 2008

L’aventure a dé­bu­té en 2006, grâce à Ni­cole Lot­tin et Yves Le­trosne, an­cien ar­chi­tecte, qui ont « su fé­dé­rer les éner­gies et nous avons créé l’as­so­cia­tion. »

Le projet de res­tau­ra­tion a dé­bu­té en 2008 par une étude réa­li­sée par l’ar­chi­tecte du Pa­tri­moine « que nous avons fi­nan­cée et qui a été le fil conduc­teur de tous les tra­vaux ef­fec­tués. L’an der­nier, des tra­vaux de gros-oeuvre ont per­mis de res­tau­rer la belle char­pente dont il ne reste que quatre exem­plaires en Normandie, sa cou­ver­ture et une par­tie de la ma­çon­ne­rie. L’ar­chi­tecte des Mo­nu­ments His­to­riques avait sou­li­gné, à l’époque, tout l’in­té­rêt pa­tri­mo­nial de l’église et la né­ces­si­té de sau­ver cette église. »

Dès le dé­part, l’as­so­cia­tion a créé un par­te­na­riat avec l’école de Giel Don Bos­co : les élèves ont no­tam­ment res­tau­ré les bancs du XVIIe siècle de l’église, bé­né­vo­le­ment, sur les­quels était as­sis le pu­blic as­sis­tant à l’inau­gu­ra­tion.

Pierre Chaix a aus­si re­mer­cié tous les bé­né­voles qui ont réa­li­sé cinq chan­tiers im­por­tants, « préa­la­ble­ment aux tra­vaux me­nés par les ar­ti­sans, per­met­tant ain­si de réa­li­ser des éco­no­mies chif­frées à plus de 30 000 €. »

Un tronc pour les dons

Il a conclu en pré­ci­sant qu’un tronc se trou­vait dans l’église, « dans le­quel vous pou­vez faire un don pour nous ai­der, car l’as­so­cia­tion a dé­pen­sé tout l’ar­gent dont elle dis­po­sait, mais vous le voyez, c’était pour la bonne cause ! »

Sé­bas­tien Le­roux, maire de Pu­tanges-le-Lac, a spé­ci­fié que « c’est une belle réus­site de res­tau­ra­tion que l’on doit à l’ac­tion col­lec­tive. Sans ce col­lec­tif, sans les fi­nan­ceurs, les ac­teurs, as­so­cia­tifs, élus et les ar­ti­sans au sa­voir-faire de qua­li­té, cette réa­li­sa­tion n’au­rait pas pu se faire. Au­jourd’hui, nous dé­cou­vrons un vo­let d’un peu plus de 20 000 € d’in­ves­tis­se­ment, s’in­té­grant dans un en­semble de tra­vaux qui se chiffre à près de 120 000 €. »

Les tra­vaux ont été fi­nan­cés par l’Etat pour 45 000 €, le dé­par­te­ment pour 20 000 €, la ré­serve parlementaire de Na­tha­lie Gou­let, sé­na­trice, pour 5 000 €, la Sau­ve­garde de l’Art Fran­çais pour 15 000 €, les fonds pri­vés de la Fon­da­tion et les dons col­lec­tés par l’as­so­cia­tion pour 30 000 €. Le reste a été fi­nan­cé par la com­mune.

Sé­bas­tien Le­roux a fait re­mar­quer que « grâce à cette mo­bi­li­sa­tion, nous pou­vons au­jourd’hui ad­mi­rer un su­perbe pa­tri­moine res­tau­ré, un té­moi­gnage de notre his­toire, qui n’est pas qu’un rap­pel du pas­sé, mais bien un élé­ment de notre pré­sent, de notre ave­nir. »

Serge Dru­geon, maire dé­lé­gué, a re­mer­cié l’as­so­cia­tion « qui s’est mo­bi­li­sée pour la sau­ve­garde de ce pa­tri­moine com­mu­nal. Nos mo­nu­ments, nos lieu­dits, nos édi­fices, portent en eux, non seule­ment le té­moi­gnage de l’his­toire, mais éga­le­ment l’em­preinte des hommes et des femmes qui ont bâ­ti Chê­ne­douit. L’église de Saint­Sé­bas­tien est un lieu où tous les chê­ne­do­liens, croyants ou non croyants, ont plai­sir à venir se pro­me­ner, se res­sour­cer ou sa­vou­rer un mo­ment de quié­tude. »

Pein­tures mé­dié­vales

Em­ma­nuelle Ca­det, spécialiste des dé­cors mé­dié­vaux a ex­pli­qué à l’as­sem­blée son tra­vail de conso­li­da­tion des an­ciennes pein­tures mé­dié­vales dé­cou­vertes au­tour des baies ro­manes, avec de la pein­ture à base d’ocre rouge et jaune.

« À l’ou­ver­ture des baies et au dé­ga­ge­ment des en­duits mo­dernes et ré­cents, nous avons mis à jour les traces d’un dé­cor mé­dié­val et les bor­dures d’angles fes­ton­nées. »

Les traces de dé­cors mé­dié­vaux se re­trouvent dans la nef et au­tour de la baie sud et fe­ront l’ob­jet de la pour­suite des tra­vaux.

Pour clore la cé­ré­mo­nie d’inau­gu­ra­tion, Phi­lippe Sé­guy, his­to­rien et jour­na­liste, a re­tra­cé la vie de Saint Sé­bas­tien et son mar­tyr.

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