JEF­FER­SON POI­ROT

C’est sans au­cun doute la plus grosse sur­prise de la pre­mière liste du nou­veau sé­lec­tion­neur tri­co­lore, Guy No­vès. Pas vrai­ment at­ten­du, le pi­lier Jef­fer­son Poi­rot es­pé­rait se­crè­te­ment avoir at­ti­ré l’at­ten­tion du staff des Bleus par ses per­for­mances. Obje

L'Univers du Rugby - - Sommaire - Par Paul Pé­rié

On le sa­vait, il al­lait y avoir du chan­ge­ment avec l’ar­ri­vée de Guy No­vès à la tête des Bleus. L’équipe de France, qui s’est long­temps ap­puyée sur des pi­liers ré­pu­tés au ni­veau mon­dial ­Ca­li­fa­no, Mar­con­net, De Villiers, Mas ­, peine au­jourd’hui à re­nou­ve­ler les troupes. Si Ra­bah Sli­ma­ni et Ed­dy Ben Arous ont confir­mé leur po­ten­tiel lors de la der­nière Coupe du monde, le XV de France de­vait faire émer­ger la re­lève, no­tam­ment avec la re­traite de Ni­co­las Mas. A gauche de la mê­lée, Guy No­vès a ain­si convo­qué le jeune pi­lier de l’Union Bor­deaux Bègles Jef­fer­son Poi­rot. Très mo­bile, ce so­lide gaillard de 112 kg pour 1,82 m a pro­gres­sé étape par étape. Na­tif de la ré­gion pa­ri­sienne et sup­por­ter du Pa­ris SG, Jef­fer­son ar­rive à La­linde, en Dor­dogne, à l’âge de 8 ans. C’est là qu’il dé­couvre le rugby. « J’ai dé­bu­té à 9 ans et je suis res­té dans le même club jus­qu’à 15 ans, ex­pli­quait­il en 2010. En ca­té­go­rie ca­dets, j’ai joué contre Brive. Lors du match re­tour, j’ai été re­pé­ré. » Alors troi­sième ligne, il in­tègre les équipes de jeunes du CAB en 2007. Poi­rot est ra­pi­de­ment re­pla­cé au poste de pi­lier. Il in­tègre l’équipe de France des U19. Jef­fer­son gra­vit les éche­lons, ce qui lui per­met de si­gner ses pre­mières ap­pa­ri­tions avec les pros en 2011­12. Il joue 10 matches sous le maillot des Cou­jous. « Il veut être rug­by­man et pas un pe­tit. Un grand » , dé­clare à l’époque Ni­co­las Go­di­gnon à « La Mon­tagne » ( Go­di­gnon l’avait eu sous ses ordres en Cra­bos). Poi­rot at­teint l’un de ses pre­miers ob­jec­tifs, jouer le Mon­dial U20 en Afrique du Sud en 2012. A l’in­ter­sai­son, alors que Brive a été re­lé­gué, il signe à l’UBB. Ra­phaël Ibañez prend les rênes du club au même mo­ment.

Ibañez : « Un jeune pi­lier mo­derne »

Pour l’an­cien ta­lon­neur in­ter­na­tio­nal, la convo­ca­tion de Jef­fer­son dans le groupe France est une juste ré­com­pense au re­gard de ses qua­li­tés et de son in­ves­tis­se­ment. « C’est un jeune pi­lier mo­derne, dy­na­mique, ex­plo­sif, à l’état d’es­prit irréprochable. Un vrai compétiteur, a ré­agi Ra­phaël Ibañez. Il a ac­quis de l’ex­pé­rience car à l’UBB, on lui a lais­sé l’op­por­tu­ni­té de s’épa­nouir en jouant beau­coup de matches, avec des élé­ments ex­pé­ri­men­tés au­tour de lui. Sa marge de pro­gres­sion est en­core as­sez grande. » En plus des conseils de l’an­cien ca­pi­taine du XV de France, le jeune pi­lier a beau­coup ap­pris au con­tact de Jean­Bap­tiste Poux. Lors­qu’on l’in­ter­ro­geait sur son mo­dèle, à ses dé­buts chez les pros, Jef­fer­son Poi­rot ci­tait plu­tôt Fabien Bar­cel­la, « un troi­sième ligne re­con­ver­ti pi­lier » comme lui. Ca­pable de charges dé­vas­ta­trices et so­lide en mê­lée, le pi­lier aux ori­gines ni­gé­rianes ­comme Ed­dy Ben Arous ­a at­ti­ré l’at­ten­tion du nou­veau sé­lec­tion­neur de l’équipe de France mal­gré la concur­rence de Xa­vier Chioc­ci, An­toine Ti­chit, Vincent De­ba­ty ou Tho­mas Do­min­go à gauche de la mê­lée. « Sur­pris mais as­sez ho­no­ré » , Poi­rot sa­vou­rait cette convo­ca­tion. « Toute la jour­née de mar­di, j’avais du mal à réa­li­ser. C’est sur­pre­nant et même si les jour­na­listes com­men­çaient à m’en par­ler, j’avais du mal à y croire et à me dire que je pou­vais être sé­lec­tion­né. » Hon­nête, le Bor­de­lais re­con­nais­sait qu’il au­rait « été dé­çu de ne pas y être » . Jef­fer­son a donc re­trou­vé le CNR de Mar­cous­sis, lui qui avait pas­sé une sai­son au pôle Espoirs. Réa­liste, il sait aus­si que tout peut al­ler très vite en rugby. « Il ne faut pas tom­ber dans le piège de se re­po­ser sur ça. Cer­tains joueurs pro­met­teurs le sont res­tés toute leur vie… » A lui de prou­ver qu’il est taillé pour le maillot bleu. Poi­rot en est par­fai­te­ment conscient. « C’est à moi de tra­vailler dur. Après, les sé­lec­tion­neurs fe­ront leur choix. Ils m’ont dé­jà fait un ca­deau en me pre­nant dans cette liste. C’est une pre­mière étape, ça me donne beau­coup de mo­ti­va­tion et de confiance. Je vais es­sayer de leur mon­trer qu’ils n’ont pas eu tort. »

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