SÉ­BAS­TIEN BÉ­ZY

Per­for­mant et ré­gu­lier de­puis plus d’un an avec le Stade Tou­lou­sain, Sé­bas­tien Bé­zy est l’une des so­lu­tions d’ave­nir au poste de de­mi de mê­lée. Son nom cir­cu­lait de­puis la nomination à la tête des Bleus de son an­cien ma­na­ger Guy No­vès, qui l’avait lan­cé s

L'Univers du Rugby - - Sommaire - Par Paul Pé­rié

R apide, do­té d’une ex­cel­lente tech­nique et d’une très bonne vi­sion du jeu, bon bu­teur… Sé­bas­tien Bé­zy ne manque pas de qua­li­tés et cel­les­ci n’avaient pas tar­dé à sau­ter aux yeux de bon nombre d’ob­ser­va­teurs. Pur pro­duit de la for­ma­tion tou­lou­saine, double cham­pion de France ca­dets, le jeune de­mi de mê­lée de 24 ans a été cou­vé par Guy No­vès pen­dant plu­sieurs sai­sons avant de s’im­po­ser comme un ti­tu­laire in­dis­cu­table. Dans l’ombre de Ja­no Ver­maak ou de son co­équi­pier chez les ca­dets, Jean- Marc Dous­sain, il a pro­gres­sé à son rythme. C’est au poste d’ou­vreur que Sé­bas­tien fait ses pre­miers pas sous le maillot rouge et noir en Top 14, le 23 avril 2011, à tout juste 19 ans. Il n’est alors que l’autre Bé­zy, frère de Ni­co­las, au­jourd’hui à Brive. Sa pre­mière ti­tu­la­ri­sa­tion in­ter­vient en oc­tobre 2012, tou­jours avec le nu­mé­ro 10 dans le dos, après un exer­cice où il n’est pas ap­pa­ru dans le groupe pro. Ce jour- là, il ins­crit 13 points dans la dé­faite des siens au Stade de France face au Stade Fran­çais. Les sup­por­ters tou­lou­sains dé­couvrent un joueur plein de cu­lot et d’atouts. La sai­son sui­vante, il dis­pute une ving­taine de matches, of­frant une al­ter­na­tive so­lide aux deux postes de la char­nière.

2014- 15, la sai­son de l’éclo­sion

La der­nière an­née du sor­cier Guy No­vès à la tête des Rouges et Noirs est celle de la confir­ma­tion pour le jeune joueur. Le Sud- Afri­cain Ja­no Ver­maak dé­çoit et Jean- Marc Dous­sain est de plus en plus sou­vent uti­li­sé comme de­mi d’ou­ver­ture, pour sup­pléer To­by Flood. Luke McA­lis­ter, lui, peine à re­trou­ver son ni­veau. Sé­bas­tien Bé­zy s’ins­talle ra­pi­de­ment comme le ti­tu­laire aux yeux du ma­na­ger tou­lou­sain. « Il est avec nous ( ndlr : dans le groupe pro­fes­sion­nel) de­puis trois ans. On l’a pré­pa­ré dou­ce­ment mais au­jourd’hui, il est payé de son tra­vail et s’il ne faut pas brû­ler les étapes, il com­mence à faire par­tie des meilleurs » , dé­clare Guy No­vès en dé­cembre après de bonnes per­for­mances en Coupe d’Eu­rope. Ses qua­li­tés tech­niques et sa vis­ta lui per­mettent de pe­ser sur les matches, mal­gré un ga­ba­rit mo­deste ( 1,74 m, 74 kg). Sur­tout, Bé­zy plaît au staff tou­lou­sain par sa fa­cul­té à ré­ité­rer les bonnes pres­ta­tions, se­maine après se­maine. « Sa ca­pa­ci­té à ré­pé­ter des matches de qua­li­té est vrai­ment in­té­res­sante. Il a com­pris que l’on n’at­ten­dait pas seule­ment de lui une bonne per­for­mance de temps en temps » , juge alors Guy No­vès. Lui ne s’en­flamme pas. « J’ai en­core beau­coup de pro­grès à faire, que ce soit dans la puis­sance de mon jeu au pied ou mes passes, mais je sens que je suis sur la bonne voie. » Une voie royale qui lui per­met de de­ve­nir ti­tu­laire in­dis­cu­table pour les phases fi­nales cette sai­son- là.

Les Bleus pour une confir­ma­tion

Au­jourd’hui, sous les ordres d’Ugo Mo­la, le Fran­ci­lien confirme. Ins­tal­lé au poste de nu­mé­ro 9, il fait preuve d’une ré­gu­la­ri­té sans faille. In­té­res­sant par sa ca­pa­ci­té à dy­na­mi­ser, Sé­bas­tien sait aus­si gé­rer les matches lors­qu’il sent son équipe en dif­fi­cul­té. Dès le dé­but de la sai­son en cours, le nou­vel en­traî­neur du Stade Tou­lou­sain af­fir­mait qu’il comp­tait sur le jeune de­mi de mê­lée. « C’est très pro­met­teur et je re­grette même que son éclo­sion ait été re­tar­dée. Il est en­core per­fec­tible mais c’est un gar­çon éle­vé au rugby qui m’in­té­resse, ca­pable d’ac­cé­lé­rer comme de gé­rer. » Bref, un bon­homme in­tel­li­gent, ins­tinc­tif, qui sent le jeu. Des qua­li­tés que louait Guy No­vès sur les bords de la Ga­ronne. Et que le Guy No­vès sé­lec­tion­neur n’a évi­dem­ment pas ou­bliées. Pour l’an­cien ca­pi­taine des Bleus Fabien Gal­thié, qui s’y connaît en de­mis de mê­lée, « Bé­zy colle au bal­lon. Il se trompe peu et il n’est pas sté­réo­ty­pé dans son jeu. Son champ vi­suel est ex­cellent : avant de faire sa passe, il sait ce qui se passe de­vant, der­rière, au­tour de lui… C’est un sen­si­tif. » Dès l’an­nonce de l’ar­ri­vée de l’an­cien ma­na­ger du Stade Tou­lou­sain à la tête du XV de France, Sé­bas­tien ap­pa­rais­sait comme un choix pos­sible en nu­mé­ro 9. Mal­gré la concur­rence de Paillaugue, Es­cande, Iri­ba­ren ou en­core Les­gourgues, c’est bien lui qui ac­com­pa­gne­ra les ex­pé­ri­men­tés Mor­gan Par­ra et Maxime Ma­che­naud dans le groupe France pour le pre­mier Tour­noi des VI Na­tions de l’ère No­vès. C’est par une alerte sur son té­lé­phone, pen­dant la pé­riode des fêtes, que le de­mi de mê­lée des Rouges et Noirs a ap­pris sa convo­ca­tion pour les stages. « Mon nom était ré­gu­liè­re­ment ci­té mais je ne m’at­ten­dais quand même pas à faire par­tie de cette liste, as­sure- t- il. Sur­tout quand je vois les noms de tous les de­mis de mê­lée fran­çais qui sont en place, au­jourd’hui, dans les clubs du Top 14. J’au­rais trou­vé nor­mal qu’ils ne me prennent pas car les autres 9 sont éga­le­ment très com­pé­tents. Ça me fait bi­zarre, en fait… » Tou­jours lu­cide, le Tou­lou­sain fai­sait preuve d’hu­mi­li­té. « Je suis évi­dem­ment très content mais je ne suis que dans une liste de 30, je n’ai pas en­core joué un match. Après, cette convo­ca­tion ne peut pas être une fin en soi. Au Stade Tou­lou­sain, je me sens de mieux en mieux au fil des matches. Le fait d’en­chaî­ner, de jouer sou­vent me per­met de pro­gres­ser et d’em­ma­ga­si­ner de la confiance. » A lui de sai­sir sa chance en sé­lec­tion.

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