“L’ob­jec­tif à long terme est de dé­ve­lop­per une équipe qui soit l’une des plus do­mi­nantes dans le monde. C’est ce qui ex­plique le choix d’in­té­grer beau­coup de nou­veaux joueurs que nous voyons bien pro­gres­ser à l’ave­nir”

L'Univers du Rugby - - Angleterre - Ed­die Jones ( sé­lec­tion­neur)

L’ An­gle­terre n’a rien ou­blié de l’hu­mi­lia­tion su­bie en Coupe du monde ( éli­mi­na­tion au 1er tour sur son sol) mais elle a vite ré­agi en nom­mant un nou­veau sé­lec­tion­neur. L’Aus­tra­lien Ed­die Jones a in­jec­té du sang neuf dans sa pre­mière sé­lec­tion avec sept nou­veaux joueurs. Et comme les chan­ge­ments in­ter­viennent à tous ni­veaux, le bras­sard de ca­pi­taine de­vrait pas­ser de Ch­ris Rob­shaw à Dy­lan Hart­ley, rap­pe­lé en équipe na­tio­nale après avoir pur­gé une très longue sus­pen­sion. Il fal­lait plus qu’un élec­tro­choc pour ré­veiller tout un pays alors que se pro­file un dif­fi­cile Tour­noi des VI Na­tions avec trois matches à l’ex­té­rieur ( Ecosse, Ita­lie, France) pour deux ren­contres mus­clées à Twi­cken­ham face à l’Ir­lande et le Pays de Galles, au coeur de la com­pé­ti­tion. Ja­mais l’An­gle­terre n’avait nom­mé un coach étran­ger à la tête du XV de la Rose ! C’est dire l’am­pleur des dé­gâts su­bis l’au­tomne der­nier. Ed­die Jones a fait des mi­racles avec le Ja­pon dans cette Coupe du monde. Les joueurs du Pays du So­leil le­vant avaient bat­tu l’Afrique du Sud et les Sa­moa, no­tam­ment. Aveu de fai­blesse de Fé­dé­ra­tion an­glaise. Non seule­ment elle choi­sit un en­traî­neur étran­ger ( sa consoeur du foot l’avait de­van­cée) mais elle in­ter­dit à ses joueurs d’évo­luer dans un cham­pion­nat autre que le Pre­mier­ship s’ils veulent être sé­lec­tion­nables. Ce pays n’est plus à une contra­dic­tion près… Pour­vu que ça l’ar­range. L’Aus­tra­lien a fait le mé­nage en plein hi­ver en écar­tant Tom Youngs, Geoff Par­ling, Tom Wood, Da­vid Wil­son, Rob Web­ber et Ben Mor­gan alors que les noms de Hen­ry Slade, Kie­ran Brookes et Jon­ny May ont éga­le­ment été zap­pés de la pre­mière liste. Sam Bur­gess est re­tour­né ré­flé­chir au rugby à XIII, le centre Brad Bar­ritt et le de­mi de mê­lée Ri­chard Wig­gles­worth ont été igno­rés par Mis­ter Jones. L’Aus­tra­lien s’est ex­pli­qué : « J’ai par­lé aux joueurs qui n’ont pas été sé­lec tion­nés. Na­tu­rel­le­ment, ils sont dé­çus mais ils savent ce dont ils ont be­soin pour re­ve­nir dans le groupe. La porte n’est fer­mée pour per­sonne, à condi­tion d’être com­pé­ti­tif dans le Pre­mier­ship et en Coupe d’Eu­rope. » Le coach ve­nu des an­ti­podes n’a pas re­te­nu Ma­nu Tui­la­gi pour le match d’ou­ver­ture à Mur­ray­field mais il fe­ra ap­pel à lui plus tard dans le Tour­noi, quand il au­ra un peu plus de com­pé­ti­tion dans les jambes. Dave Ewers est dans le même cas du cô­té de la Cor­nouaille, à Exe­ter. Les An­glais n’ont rem­por­té qu’un seul Tour­noi des VI Na­tions de­puis 2003 ! C’était en 2011 avec Martin John­son à la tête de la sé­lec­tion. Six mois plus tard, John­son par­tait après la dé­bâcle es­suyée en Nou­velle­Zé­lande lors de la Coupe du monde ( dé­faite 19­12 face à la France

en quarts de fi­nale). Ed­die Jones a an­non­cé la cou­leur en par­lant de vic­toire im­pé­ra­tive en Ecosse : « Nous avons sé­lec­tion­né un groupe de joueurs qui doit al­ler à Mur­ray­field pour ga­gner. C’est notre pre­mière prio­ri­té. Com­men­cer par une vic­toire. Nous avons for­mé un en­semble qui mixe po­ten­tiels en de­ve­nir et élé­ments ex­pé­ri­men­tés. » Mais Jones, qui a en­voyé l’Aus­tra­lie en fi­nale de Coupe du monde ( 2003) et rem­por­té le titre avec l’Afrique du Sud ( 2007), en tant qu’ad­joint de Jack White, voit plus loin pour l’An­gle­terre. « L’ob­jec­tif à long terme est de dé­ve­lop­per une équipe qui soit l’une des plus do­mi­nantes dans le monde. C’est ce qui ex­plique le choix d’in­té­grer beau­coup de nou­veaux joueurs que nous voyons bien pro­gres­ser à l’ave­nir. Ils ont le po­ten­tiel pour ça. » Les heu­reux élus sont de beaux bé­bés qui ont fait leurs preuves dans les dif­fé­rentes sé­lec­tions chez les jeunes. Josh Beaumont, Jack Clif­ford, El­liot Da­ly, Ol­lie De­vo­to, Sam Hill, Paul Hill et Ma­ro Itoje sont les sept nou­veaux sur les­quels Ed­die Jones mi­se­ra dans un fu­tur proche. « Ces joueurs in­carnent l’ave­nir. On les voit gran­dir en An­gle­terre et se dé­ve­lop­per pour être les meilleurs dans le monde. Nous vou­lons construire un groupe où il y ait du ta­lent et de la com­pé­ti­ti­vi­té à chaque po­si­tion » , conclut le suc­ces­seur de Stuart Lan­cas­ter. L’ar­rière Jack Clif­ford et le trois­quarts centre d’Exe­ter Sam Hill ont été cham­pions du monde en 2013 chez les ju­niors avec Luke Co­wan­Di­ckie, qui signe son re­tour après avoir fê­té sa pre­mière cape sous l’ère Lan­cas­ter. Il y avait de la jeu­nesse dans les dif­fé­rentes équipes ali­gnées par l’an­cien sé­lec­tion­neur, Ed­die Jones fait place à une nou­velle gé­né­ra­tion qui se­ra bi­chon­née par ses deux ad­joints, Paul Gus­tard et Steve Bor­th­wick. On sait aus­si que Jones ai­me­rait in­té­grer à son staff Jon­ny Wil­kin­son qui conti­nue de bu­ter, même à la re­traite ! Il pré­fère tra­vailler avec un staff tech­nique ré­duit. « Nous gar­dons un staff res­ser­ré pour en­voyer un mes­sage clair. Si les joueurs ont un pro­blème en at­taque, il n’y a qu’un en­traî­neur à ve­nir voir, c’est moi ! Si j’ai be­soin d’aide pour y ar­ri­ver, j’in­tè­gre­rai quel­qu’un dans l’en­ca­dre­ment. » Si Hart­ley prend le bras­sard comme pré­vu, le mes­sage du coach de­vrait être trans­mis sans pro­blème. Le ta­lon­neur de Nor­thamp­ton est une grande gueule qui de­vrait bien s’en­tendre avec un en­traî­neur qui ouvre ses bières avec les dents ! Le pa­quet d’avants a été ren­for­cé avec les jeunes Co­wan­Di­ckie, Paul Hill, Ma­ro Itoje et Josh Beaumont, qui n’est autre que le fils du ca­pi­taine Bill Beaumont, au­teur du Grand Che­lem en 1980. Ed­die Jones veut une mê­lée forte, de la vi­tesse et de l’im­pact dans toutes les lignes. De l’exi­gence et du tra­vail, aus­si. Les su­jets de Sa Ma­jes­té ont bien com­pris que cet Aus­tra­lien avait sif­flé la fin de la ré­cré.

“Si les joueurs ont un pro­blème en at­taque, il n’y a qu’un en­traî­neur à ve­nir voir, c’est moi !” Ed­die Jones

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