Pour la passe de trois

L'Univers du Rugby - - Irlande - Par Ar­mel Le Bes­con

Vain­queur des deux der­niers Tour­nois des VI Na­tions, l’Ir­lande est à nou­veau fa­vo­rite. Le sé­lec­tion­neur, Joe Sch­midt, a in­té­gré quatre nou­veaux jeunes tan­dis que Ro­ry Best prend le ca­pi­ta­nat après le dé­part de Paul O’Con­nell. La tra­di­tion per­dure au pays du Trèfle !

Do­mi­na­trice en Eu­rope de­puis deux ans, l’Ir­lande a pu me­su­rer le che­min qui lui res­tait à par­cou­rir pour pas­ser un cap au ni­veau mon­dial. Bat­tue en quarts de fi­nale de la Coupe du monde par l’Ar­gen­tine ( 20- 43), elle est ren­trée à la mai­son plus tôt que pré­vu, éli­mi­née au même stade de la com­pé­ti­tion que le Pays de Galles, l’Ecosse et la France. Le XV du Trèfle re­vient dans sa cour pré­fé­rée, le VI Na­tions, pour dé­fendre sa double cou­ronne. Un exer­cice à sa por­tée une nou­velle fois. Paul O’Con­nell a ti­ré sa ré­vé­rence, lais­sant le ca­pi­ta­nat au ta­lon­neur Ro­ry Best. Le sé­lec­tion­neur néo- zé­lan­dais de l’équipe, Joe Sch­midt, au­rait hé­si­té entre Best et les troi­sièmes lignes Ja­mie Heas­lip et Sean O’Brien mais avec 89 capes, le ta­lon­neur de l’Ul­ster s’ins­cri­vait dans la conti­nui­té des grands ca­pi­taines de l’his­toire du rugby ir­lan­dais. Il est dé­jà ca­pi­taine dans son club et il in­carne la tra­di­tion du Trèfle. In­té­grer les ar­ri­vants et pous­ser les an­ciens. Joe Sch­midt a ap­pe­lé quatre nou­veaux joueurs qui vont dé­cou­vrir la sé­lec­tion dans le grand bain du Tour­noi. Josh Van Der Flier ( Leins­ter), CJ Stan­der ( Muns­ter), Ul­tan Dillane ( Con­nacht) et Stuart McC­los­key ( Ul­ster) viennent ra­jeu­nir le groupe, no­tam­ment chez les avants puisque les trois pre­miers oc­cupent les po­si­tions de troi­sième ou deuxième lignes. « Il y a de nou­veaux vi­sages. On a ré­sis­té à la ten­ta­tion d’en in­vi­ter quelques autres, très pro­met­teurs mais en­core un peu trop jeunes, ex­pli­quait Joe Sch­midt. Lais­sons- les gran­dir dans leurs pro­vinces. On va les lais­ser pro­gres­ser et pro­fi­ter des op­por­tu­ni­tés pour confir­mer leur ta­lent. » Le sé­lec­tion­neur ki­wi peut comp­ter sur sa tri­plette ma­gique Heas­lip- Mur­ray- Sex­ton pour dy­na­mi­ser le jeu ir­lan­dais. Le

“Il y a de nou­veaux vi­sages. On a ré­sis­té à la ten­ta­tion d’en in­vi­ter quelques autres, en­core un peu trop jeunes. Lais­sons- les gran­dir dans leurs pro­vinces”

Joe Sch­midt ( sé­lec­tion­neur)

“On n’a au­cun sou­ci de co­hé­sion car on joue en­semble de­puis long­temps. Les nou­veaux vont s’in­té­grer sans pro­blème”

Ro­ry Best ( ca­pi­taine)

suc­ces­seur de Brian O’Dris­coll, Rob­bie Hen­shaw ( 23 ans), est bien dans la place. Il se­ra as­so­cié à Keith Earls, suf­fi­sam­ment ex­pé­ri men­té au centre. Le Néo- Zé­lan­dais a choi­si sept joueurs des pro­vinces du Muns­ter et de l’Ul­ster pour dé­bu­ter le Tour­noi. Les pi­liers Mike Ross ( Leins­ter) et Cian Hea­ly ( idem) et le troi­sième ligne Ch­ris Hen­ry ( Ul­ster) n’ont pas trou­vé de spot dans sa sé­lec­tion. « Ce sont les bles­sures qui les em­pêchent d’être avec nous mais ils re­vien­dront plus tard » , as­sure Joe Sch­midt qui n’a pas re­te­nu non plus Tom­my Bowe, Iain Hen­der­son, Pe­ter O’Ma­ho­ny et Dan Tuo­hy pour dé­bu­ter à Du­blin, face au Pays de Galles. L’Ir­lande dis­pu­te­ra trois matches chez elle, ce qui est évi­dem­ment un avan­tage sa­chant qu’elle n’est pas fa­cile à ma­noeu­vrer à l’Avi­va Sta­dium. En re­ce­vant les Gal­lois, l’Ita­lie et l’Ecosse en clô­ture du Tour­noi le 19 mars, elle joue­ra sur du ve­lours. Il lui fau­dra bien né­go­cier ses voyages à Pa­ris et sur­tout à Twi­cken­ham le 27 fé­vrier, dans ce qui s’an­nonce comme le gros choc de ce VI Na­tions 2016 face au nou­veau XV de la Rose concoc­té par Ed­die Jones. Ro­ry Best, le nou­veau ca­pi­taine, ne voit pas pour­quoi l’Ir­lande ne dé­rou­le­rait pas. « On n’a au­cun sou­ci de co­hé­sion. On joue en­semble de­puis long­temps. Les nou­veaux n’au­ront pas de sou­ci, ils vont s’in­té­grer au jeu de l’équipe sans pro­blème. » War­ren Gat­land, le sé­lec­tion­neur du Pays de Galles, fait du XV du Trèfle son fa­vo­ri. « Ils ont l’ex­pé­rience pour eux et sur­tout, ils savent com­ment ga­gner, par­ti­cu­liè­re­ment sous la pres­sion. Ils ont per­du un ou deux joueurs très ex­pé­ri­men­tés mais ils consti­tue­ront une op­po­si­tion dé­li­cate dans ce Tour­noi. » Le ta­lon­neur de l’Ul­ster, âgé de 33 ans, veut en­traî­ner der­rière lui une équipe d’Ir­lande cou­ra­geuse. C’est ce qu’il a ap­pris de ceux qui por­taient le bras­sard de ca­pi­taine. « J’ai eu la chance de faire une grande par­tie de ma car­rière avec les meilleurs ca­pi­taines de l’his­toire du rugby ir­lan­dais, rap­pelle Ro­ry Best. Quand tu joues avec Pau­lie ( O’Con­nell) et Brian ( O’Dris­coll), tu ap­prends beau­coup de choses. Pour moi, c’est un hon­neur de leur suc­cé­der avec cette res­pon­sa­bi­li­té. Mais c’est dif­fi­cile aus­si de pas­ser après eux tel­le­ment ils avaient de ta­lent, sans par­ler de leur lea­der­ship na­tu­rel. Après, c’est un peu plus fa­cile de conduire une équipe comme celle- là car les nou­veaux et les an­ciens forment un bon groupe. Tout le monde est sur la même ligne, mon­trant le même en­ga­ge­ment. Mon rôle est fa­ci­li­té. » Best ne veut pas s’ape­san­tir sur le pas­sé mais le soir de l’éli­mi­na­tion en Coupe du monde face aux Pu­mas, il avait no­té l’en­vie des uns et des autres de re­ve­nir le plus vite pos­sible à la com­pé ti­tion. « Oui, les gars étaient im­pa­tients de re­ve­nir ra­pi­de­ment, tous en­semble, pour se battre, s’écla­ter, ga­gner et pro­gres­ser en­core au ni­veau in­ter­na­tio­nal. Là, j’ai com­pris qu’on re­bon­di­rait très vite. » Si les jeunes ont bien com­pris le mes­sage de Cap­tain Best, l’Ir­lande de­vrait être en me­sure de rem­por­ter un troi­sième tour­noi consé­cu­tif, ce qui se­rait une pre­mière pour le pays. A no­ter qu’au cours des dix der­nières an­nées, trois sé­lec­tions ont rem­por­té le Tour­noi trois fois : la France, le Pays de Galles et l’Ir­lande avec des suc­cès en 2009, 2014 et 2015. Par­mi les nou­veaux ar­ri­vants, on sui­vra avec at­ten­tion les dé­buts d’Ul­tan Dillane, deuxième ligne né à Pa­ris. Il a vé­cu dans la ca­pi­tale, avec son père ori­gi­naire de Côte d’Ivoire, jus­qu’à l’âge de 7 ans. Lors­qu’il évo­luait dans les sé­lec­tions ir­lan­daises de jeunes et qu’il de­vait ren­con­trer une équipe tri­co­lore, il uti­li­sait son fran­çais pour dé­cryp­ter le jeu des Bleuets ! Joe Sch­midt sait qu’il peut comp­ter sur lui, sur le ter­rain et en cou­lisses, pour battre la France. La grande.

Jo­na­than SEX­TON

Keith EARLS

Ja­mie HEAS­LIP

De­vin TO­NER

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