Des jeunes pour la der de Jacques Bru­nel

L'Univers du Rugby - - Italie - Par Paul Perie

Pour son der­nier Tour­noi avec la Squa­dra Az­zur­ra, Jacques Bru­nel a choi­si de lan­cer dix nou­veaux dans le grand bain. L’Ita­lie doit faire face à de nom­breuses ab­sences pour le dé­but de la com­pé­ti­tion. Elle au­ra beau­coup de mal à faire ou­blier une Coupe du monde dé­ce­vante.

Comme un signe du des­tin, le Ger­sois Jacques Bru­nel va en­ta­mer son der­nier Tour­noi à la tête de la sé­lec­tion ita­lienne au Stade de France, contre les hommes de Guy No­vès. Ap­pe­lé en 2011, l’an­cien ad­joint de Ber­nard La­porte ar­ri­ve­ra au bout de son contrat en juin 2016. Il lais se­ra sa place à l’ac­tuel en­traî­neur des Har­le­quins Co­nor O’Shea, an­cien in­ter­na­tio­nal ir­lan­dais. On peut être cer­tain que le Fran­çais au­ra à coeur de ter­mi­ner son man­dat en beau­té, en ten­tant d’évi­ter la cuillère de bois ob­te­nue en 2014 et même la 5e place ac­cro­chée l’an pas­sé. Pour me­ner à bien sa mis­sion, Jacques Bru­nel conserve sa ligne di­rec­trice : s’ap­puyer sur la nou­velle gé­né­ra­tion. Après avoir lan­cé Sar­to, Cam­pa­gna­ro, Ian­none ou en­core Can­na, le sé­lec­tion­neur de la Botte va une nou­velle fois pa­rier sur la jeu­nesse pour pal­lier les nom­breuses bles­sures frap­pant le XV trans­al­pin. Dans la liste des 30 joueurs re­te­nus pour le Tour­noi 2016, on ne re­trouve ain­si que 16 gar­çons qui ont dis­pu­té la der­nière Coupe du monde, ter­mi­née à la 3e place de la poule D, der­rière la France et l’Ir­lande. Loin de l’ob­jec­tif que s’était fixé Jacques Bru­nel à sa prise de fonc­tions : un quart de fi­nale.

Dix bleus chez les Az­zur­ri

« Les ras­sem­ble­ments d’une jour­née or­ga­ni­sés cet hi­ver nous ont per­mis de voir un grand nombre de joueurs et d’en­vi­sa­ger des al­ter­na­tives in­té­res­santes pour les nom­breuses ab­sences avec les­quelles nous de­vons com­po­ser pour la pre­mière par­tie du Tour­noi » , a dé­cla­ré Jacques Bru­nel. L’an­cien ma­na­ger de l’USAP a ain­si re­te­nu dix nou­veaux élé­ments dans le pre­mier groupe ita­lien et le re­nou­vel­le­ment se fait aus­si bien de­vant que dans les lignes ar­rières.

“Après quatre ans pas­sés avec le même en­traî­neur et le même sys­tème, il fal­lait ap­por­ter un nou­veau soufffle et créer une nou­velle mo­ti­va­tion” Ser­gio Pa­risse

Par­mi les dé­bu­tants, les deux pi­liers An­drea Lo­vot­ti ( 26 ans) et Mat­teo Za­nus­so ( 22 ans) pour­ront pro­gres­ser aux cô­tés des ex­pé­ri­men­tés Martin Cas­tro­gio­van­ni et Lo­ren­zo Cittadini. Le ta­lon­neur Or­nel Ge­ga ( 25 ans) se­ra quant à lui la dou­blure du fu­tur Tou­lou­sain Leo­nar­do Ghi­ral­di­ni. En troi­sième ligne, trois nou­veaux joueurs dé­barquent der­rière le ca­pi­taine em­blé­ma­tique Ser­gio Pa­risse et l’ex­pé­ri­men­té Ales­san­dro Zan­ni. Les deux Sud­Afri­cains An­dries Van Schalkwyk et Abra­ham Steyn dé­fen­dront les cou­leurs de l’Ita­lie, tout comme Ja­co­po Sar­to, le grand frère de l’ai­lier Leo­nar­do. Der­rière, Jacques Bru­nel se ré­jouit du re­tour de Bia­gi, Bi­se­gni et Hai­mo­na « qui avaient eu un bon im­pact lors du précédent Tour­noi avant de se bles­ser » . Il in­tègre aus­si quatre no­vices dont le de­mi d’ou­ver­ture du Zebre Edoar­do Pa­do­va­ni. « Il y a beau­coup de nou­veaux vi­sages, avec trois gars qui se sont mis en va­leur dans le cham­pion­nat ita­lien ( ndlr : Odiete, Cas­tel­lo et Bel­li­ni), jus­qu’à ga­gner une place dans le groupe qui pré­pa­re­ra les deux pre­miers matches du Tour­noi, et d’autres qui ont sui­vi un pro­ces­sus de ma­tu ra­tion de qua­li­té dans les deux équipes de Ligue celte ( Zebre et Be­net­ton Tré­vise) » , a ex­pli­qué Bru­nel. Ce ra­jeu­nis­se­ment qui s’opère par la contrainte illustre les dif­fi­cul­tés du XV ita­lien à dé­ga­ger une os­sa­ture. Elle per­met­trait de s’ap­puyer sur une plus grande sta­bi­li­té.

Pa­risse : « Le dé­part de Bru­nel ne doit pas être un ali­bi »

La Squa­dra se pré­sen­te­ra donc pro­fon­dé­ment re­ma­niée pour ce Tour­noi des VI Na­tions qui mar­que­ra la fin de l’aven­ture Jacques Bru­nel. Pas de sen­ti­men­ta­lisme chez le ca­pi­taine Ser­gio Pa­risse qui es­time que ce­la ne doit pas per­tur­ber les joueurs. « Au ni­veau de la dé­ter­mi­na­tion et de la vo­lon­té, ce­la ne doit rien chan­ger. Le dé­part du coach ne doit pas être un ali­bi. Lorsque vous por­tez le maillot azzurro, il est nor­mal de faire preuve d’un en­ga­ge­ment maxi­mum » , dé­cla­rait le troi­sième ligne pa­ri­sien dans « La Gaz­zet­ta del­lo Sport » . Il était né­ces­saire se­lon lui de pas­ser à autre chose. « Après quatre ans pas­sés avec le même en­traî­neur et le même sys­tème, il fal­lait ap­por­ter un nou­veau souffle et créer une nou­velle mo­ti­va­tion. Si­non, on cou­rait le risque de s’ins­tal­ler dans une rou­tine et de faire bais­ser le ni­veau d’at­ten­tion gé­né­ral. » Du­rant ce Tour­noi, l’Ita­lie de­vra, quoi qu’il en soit, mon­trer autre chose que ces der­nières an­nées. De­puis la 4e place ob­te­nue en 2013 avec deux vic­toires sur la France et l’Ir­lande, le XV trans­al­pin n’a pas vé­ri­ta­ble­ment pro­gres­sé et si quelques élé­ments sortent du lot, l’équipe manque de sta­bi­li­té pour pou­voir se do­ter d’une vé­ri table iden­ti­té de jeu. Même por­tée par l’un des meilleurs joueurs du monde, Ser­gio Pa­risse, l’Ita­lie peine à trou­ver de la ré­gu­la­ri­té dans les per­for­mances. Avant la ren­contre contre la France en Coupe du monde, l’ai­lier Mir­co Ber­ga­mas­co poin­tait la res­pon­sa­bi­li­té de Jacques Bru­nel qui n’avait pas su, à ses yeux, « créer un groupe sur et en de­hors du ter­rain » . La Na­zio­nale est pri­vée de bu­teur fiable de­puis de nom­breuses an­nées. Elle ne pos­sède pas non plus de vé­ri­table lea­der au sein des lignes ar­rières, un me­neur ca­pable d’en­traî­ner les joueurs dans son sillage. De­vant, les cadres ( Cas­tro­gio­van­ni, Pa­risse, Zan­ni) vieillissent et la re­lève tarde à éclore. Les Ita­liens de­vront faire preuve de so­li­da­ri­té pour re­lan­cer la ma­chine et per­mettre au fu­tur sé­lec­tion­neur de s’ap­puyer sur des bases so­lides. La mis­sion ne se­ra pas fa­cile, le groupe de­vant dé­bu­ter sa com­pé­ti­tion par un dé­pla­ce­ment à Saint­De­nis avant de re­ce­voir l’An­gle­terre.

Si quelques élé­ments sortent du lot, l’équipe manque de sta­bi­li­té pour pou­voir se do­ter d’une vé­ri­table iden­ti­té de jeu

Edoar­do GO­RI

Leo­nar­do SAR­TO

Martin CAS­TRO­GIO­VAN­NI

Car­lo CAN­NA

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