PAR FRED LESMAYOUX

L'Univers du Rugby - - Edito -

Se le­ver, ap­plau­dir, fé­li­ci­ter les An­glais sur notre sol ne coule pas dans la sève gau­loise. Ce n’est pas dans nos ra­cines. Pour­tant, du bout des lèvres et d’un fair- play as­su­ré, nous leur lan­ce­rons un « Con­grats, gent­le­men ! » . Un sans- faute pour un Grand Che­lem, le 13e de leur his­toire. Une troupe re­boos­tée par un coach étran­ger et en avant la tour­née ! S’il suf­fi­sait d’ava­ler une pinte pour ef­fa­cer un cau­che­mar de Coupe du monde, on en com­man­de­rait im­mé­dia­te­ment deux. Ed­die Jones, pour l’An­gle­terre, et Guy No­vès, pour la France, si­gnaient leurs dé­buts dans ce Tour­noi 2016, à la tête d’équipes son­nées et qui abor­daient la com­pé­ti­tion avec une sa­crée gueule de bois. La com­pa­rai­son s’ar­rête là. Les deux tech­ni­ciens, sous pres­sion, n’avaient ab­so­lu­ment pas les mêmes cartes en main. L’un s’est ap­puyé sur une sé­lec­tion dé­jà vac­ci­née, l’autre a in­jec­té du sang neuf avec un tout nou­veau pro­jet de jeu. Sur­tout, l’un bé­né­fi­cie du sou­tien d’une fé­dé­ra­tion et d’une for­ma­tion qui lui ga­ran­tissent une mise à dis­po­si­tion to­tale de ceux qui font la fier­té na­tio­nale. L’autre doit com­po­ser avec un ca­len­drier ab­surde et sur­char­gé fait de dou­blons en plein Tour­noi, avec des joueurs pas tou­jours ti­tu­laires en Top 14, etc. Ce n’est pas nou­veau, ça fait dix ans que ce bri­co­lage per­dure. Le bi­lan sta­tis­tique in­cite à dé­clen­cher l’alarme, si­rène hur­lante. At­ten­tion les oreilles, qu’elles soient en chou- fleur, ca­chées sous un casque ou bar­dées d’un élas­to, il ne fau­drait pas bais­ser pa­villon…

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