Le rou­leau com­pres­seur est lan­cé

In­vain­cus en 2016 et te­nants du titre, les An­glais partent une nou­velle fois fa­vo­ris du Tour­noi. Ga­gner cette édi­tion est l’ob­jec­tif fixé par le sé­lec­tion­neur Ed­die Jones qui sou­haite éga­le­ment pour­suivre la construc­tion d’un groupe et d’un plan de jeu en

L'Univers du Rugby - - Angleterre - PAR PAUL PÉRIÉ

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Ed­die Jones n’a pas ra­té ses dé­buts ! De­puis sa prise de fonc­tions, l’an­cien sé­lec­tion­neur du Ja­pon a réa­li­sé un Grand Che­lem et l’An­gle­terre a ter­mi­né l’an­née 2016 in­vain­cue, à la 2e place du clas­se­ment IRB. De quoi re­do­rer le bla­son d’une na­tion trau­ma­ti­sée par la ter­rible éli­mi­na­tion dès la phase de poules de la der­nière Coupe du monde, qu’elle dis­pu­tait à do­mi­cile. Mis­sion ac­com­plie, donc, pour l’Aus­tra­lien qui met ce­pen­dant en garde ses troupes contre la suf­fi­sance. « C’est notre plus gros chal­lenge, af­firme Ed­die Jones. Nous vou­lons être confiants mais en même temps at­ten­tifs, conscients de ce qui nous at­tend. »

« Etre la meilleure équipe du monde »

Avec l’in­tro­duc­tion des points de bo­nus, le sé­lec­tion­neur sou­haite éga­le­ment voir une équipe au­da­cieuse. « Le VI Na­tions est une com­pé­ti­tion très im­por­tante mais notre ob­jec­tif est d’être la meilleure équipe du monde et nous de­vons avoir la bonne men­ta­li­té pour ce­la, c’est- à- dire une men­ta­li­té de dé­ve­lop­pe­ment, ex­plique- t- il. Nous de­vons al­ler sur le ter­rain et être proac­tifs, faire face à l’op­po­si­tion et dire : « Voi­là ce que nous al­lons faire. Si nous le fai­sons bien, nous ga­gne­rons le match » , plu­tôt que d’at­tendre et de comp­ter sur d’éven­tuelles er­reurs. » Après l’an­née ex­cep­tion­nelle vé­cue par l’An­gle­terre, Ed­die Jones vise en­core plus haut. Pour lui, 2017 doit être l’an­née de la construc­tion de « fon­da­tions so­lides pour l’équipe » . Il veut s’as­su­rer qu’elle pro­gresse sur « les com­pé­tences fon­da­men­tales » . Jones, qui a pu s’ap­puyer sur le tra­vail de ra­jeu­nis­se­ment me­né par Stuart Lan­cas­ter, son pré­déces- seur, va conti­nuer de re­mo­de­ler le XV de la Rose. Il y a d’ailleurs été for­cé par les bles­sures de joueurs cadres. « J’ai été im­pres­sion­né par les trois non- ca­pés ap­pe­lés dans le groupe. Ils ont tous de très grosses qua­li­tés phy­siques et ils ont en­vie de pro­gres­ser. Avec le nombre de for­faits, c’est une belle op­por­tu­ni­té pour eux » , es­time le sé­lec­tion­neur. Au poste de pi­lier, la dé­faillance de Ma­ko Vu­ni­po­la, com­bi­née avec le re­tour de bles­sure de Joe Mar­ler, a contraint l’Aus­tra­lien à faire ap­pel à trois gar­çons avec très peu d’ex­pé­rience au ni­veau in­ter­na­tio­nal : Matt Mul­lan ( Wasps), El­lis Genge ( Lei­ces­ter) et Na­than Catt ( Bath), qui ne compte au­cune sé­lec­tion. Dans la cage, Ed­die Jones en­re­gistre le re­tour de l’in­com­pa­rable Ma­ro Itodje. Mo­bile, grat­teur, joueur, Itodje est de­ve­nu l’un des ti­tu­laires in­dis­cu­tables du XV de la Rose à un poste où Court­ney Lawes, Joe Launch­bu­ry et George Kruis ont éga­le­ment leur

mot à dire. En troi­sième ligne, l’an­cien ca­pi­taine Ch­ris Rob­shaw est for­fait, en plus du sur­puis­sant Billy Vu­ni­po­la. Des coups durs com­pen­sés par les re­tours de Jack Clif­ford et de l’an­cien Pa­ri­sien James Has­kell, ti­tu­laire lors du der­nier Tour­noi. « James a été in­croyable avec l’An­gle­terre l’an der­nier et c’est un joueur fé­roce » , se ré­jouit Ed­die Jones. Le flan­ker de Lei­ces­ter Mike Williams pour­rait quant à lui dé­cou­vrir le ni­veau in­ter­na­tio­nal. Em­bou­teillage à l’ar­rière Dans les lignes ar­rières, mal­gré l’ab­sence de der­nière mi­nute de Ma­nu Tui­la­gi, Ed­die Jones au­ra l’em­bar­ras du choix. La sé­lec­tion de Sa Ma­jes­té en­re­gistre en ef­fet le re­tour d’An­tho­ny Wat­son et de Jack No­well. « Wat­son a tou­jours été bon avec l’An­gle­terre et c’est l’un des mar­queurs d’es­sais les plus pro­li­fiques par rap­port au nombre de tests joués » , rap­pelle l’an­cien sé­lec­tion­neur de l’Aus­tra­lie qui pour­ra éga­le­ment mi­ser sur des joueurs en grande forme comme Jon­ny May, Mar­land Yarde ou El­liot Da­ly sur les ailes. Les in­con­tour­nables Mike Brown, Jo­na­than Jo­seph, George Ford et Owen Far­rell se­ront en­core là et le staff a ap­pe­lé Hen­ry Slade et le po­ly­va­lent Alex Lo­zows­ki, néo­phyte à ce ni­veau. « C’est bon de re­trou­ver des joueurs qui n’étaient pas avec nous cet au­tomne » , in­siste le big boss qui ne va cer­tai­ne­ment pas man­quer de faire jouer la concur­rence pour ti­rer le maxi­mum de ses troupes. Car l’ob­ses­sion­nel Ed­die Jones n’a qu’une idée en tête, conti­nuer à faire pro­gres­ser son groupe. « Je suis bien sûr très sa­tis­fait de la pro­gres­sion de l’équipe mais il y a en­core beau­coup de choses à amé­lio­rer. L’an der­nier à la même époque, j’avais dit que la stra­té­gie à long terme était de dé­ve­lop­per un groupe qui puisse être le plus do­mi­nant du monde. Nous vou­lons tou­jours être meilleurs, à chaque en­traî­ne­ment, à chaque match » , in­siste le coach des te­nants du titre du VI Na­tions. Dans cette vo­lon­té fé­roce de contrô­ler chaque as­pect, l’Aus­tra­lien a fait ap­pel à She­rylle Cal­der, une spé­cia­liste de la per­cep­tion vi­suelle qui fai­sait par­tie des staffs an­glais et sud- afri­cain cham­pions du monde en 2003 et 2007 avant d’être ap­pe­lée par Ed­die Jones lorsque ce­lui- ci di­ri­geait le Ja­pon. « Je pense qu’elle va vrai­ment ap­por­ter quelque chose aux joueurs en termes de co­or­di­na­tion oeil- main » , as­sure- t- il. Et le sé­lec­tion­neur an­glais en est con­vain­cu, son équipe est mieux pré­pa­rée à ce qui l’at­tend dans ce Tour­noi. « L’an der­nier, je n’avais pro­ba­ble­ment pas réa­li­sé l’im­por­tance de cette com­pé­ti­tion et l’in­ten­si­té de la ri­va­li­té entre les pays. Cette an­née, nous se­rons mieux pré­pa­rés pour ça. Nous sommes im­pa­tients de dé­bu­ter notre match contre l’équipe de France le 4 fé­vrier. » Reste à ré- gler la ques­tion du ca­pi­ta­nat du XV de la Rose. Sus­pen­du de­puis le 9 dé­cembre pour un coup de poing as­sé­né à Sean O’Brien, Dy­lan Hart­ley se­ra au­to­ri­sé à re­jouer le 23 jan­vier. S’il man­que­ra de temps de jeu, il de­vrait être ti­tu­laire et ca­pi­taine, Ed­die Jones avouant ne pas voir beau­coup de so­lu­tions de re­change. « Quand nous au­rons dix lea­ders, nous se­rons en me­sure de ga­gner la Coupe du monde. Nous n’y sommes pas mais nous y ar­ri­ve­rons. »

« LE VI NA­TIONS EST UNE COM­PÉ­TI­TION TRÈS IM­POR­TANTE MAIS NOTRE OB­JEC­TIF EST D’ÊTRE LA MEILLEURE ÉQUIPE DU MONDE ET NOUS DE­VONS AVOIR LA BONNE MEN­TA­LI­TÉ POUR CE­LA, C’EST- À- DIRE UNE MEN­TA­LI­TÉ DE DÉ­VE­LOP­PE­MENT » ED­DIE JONES, SÉ­LEC­TION­NEUR DE L’AN­GLE­TERRE

Ma­ro ITOJE

Jo­na­than JO­SEPH

James HAS­KELL

La pre­mière ligne an­glaise au­tour du ca­pi­taine Dy­lan HART­LEY

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