CJ STANDER LA RE­VANCHE DU BANNI

En pleine bourre avec son équipe du Muns­ter, CJ Stander im­pres­sionne de­puis ses dé­buts avec le XV du Trèfle lors du Tour­noi 2016. Le Sud- Afri­cain d’ori­gine est l’un des fers de lance du rug­by ir­lan­dais, au­quel il s’est par­fai­te­ment adap­té. Dé­cou­verte d’u

L'Univers du Rugby - - Irlande -

Al’heure des voeux, CJ Stander a cer­tai­ne­ment dû sou­hai­ter que 2017 soit une aus­si belle an­née, sur le plan spor­tif, que celle qu’il vient de vivre. En 2016, le joueur du Muns­ter a lit­té­ra­le­ment ex­plo­sé au ni­veau in­ter­na­tio­nal. Pour ses dé­buts sous le maillot du XV du Trèfle lors du Tour­noi des VI Na­tions - un nul 16- 16 contre le pays de Galles -, le troi­sième ligne de 26 ans avait été élu Homme du match. Une en­tame fra­cas­sante que l’in­té­res­sé a confir­mée mal­gré un Tour­noi dé­ce­vant pour les te­nants du titre. Au point d’être dé­si­gné Joueur ir­lan­dais de l’an­née par ses pairs en mai 2016 et par les jour­na­listes en no­vembre. « Ça a été une grande an­née. Les trois der­nières ont été in­croyables, ex­pli­quait- il alors. J’ai tra­vaillé dur pour ar­ri­ver là où j’en suis. Main­te­nant, le plus im­por­tant est de conti­nuer à pro­gres­ser. Je ne dois pas me croire ins­tal­lé. » Le joueur né en Afrique du Sud fait au­jourd’hui l’una­ni­mi­té en Ir­lande. Il a ain­si été nom­mé ca­pi­taine du Muns­ter la sai­son der­nière en l’ab­sence de Pe­ter O’Ma­ho­ny. Sa com­bi­nai­son vi­tesse et puis­sance met constam­ment son équipe dans l’avan­cée. Ca­pable d’évo­luer en nu­mé­ro 8 et comme flan­ker, CJ Stan- der est un re­dou­table pla­queur et son as­so­cia­tion avec Ja­mie Heas­lip est par­ti­cu­liè­re­ment re­dou­table. Du­rant ses dix sé­lec­tions, il s’est ain­si of­fert le scalp des Aus­tra­liens, des Sud- Afri­cains et des Néo- Zé­lan­dais, dans la pre­mière vic­toire ir­lan­daise de l’his­toire face aux Blacks. Dans ce match rem­por­té 40- 29 à Chi­ca­go, Stander a ins­crit un es­sai. Ce ré­sul­tat, il l’a dé­dié à An­tho­ny Fo­ley, l’en­traî­neur du Muns­ter et an­cien nu­mé­ro 8 in­ter­na­tio­nal, dé­cé­dé quelques jours plus tôt. « Il re­pré­sen­tait tel­le­ment pour moi… Il est réel­le­ment ce­lui sur qui mon rug­by s’est construit ces quatre der­nières an­nées. Il m’a mon­tré beau­coup de choses, qu’il avait ap­prises au fil des ans. Je pense qu’il m’a fait fran­chir un cap » , ex­plique CJ.

Un « ba­by Bok » plei­ne­ment ir­lan­dais

Re­cru­té par le Muns­ter en 2012, en pro­ve­nance des Bulls de Pre­to­ria, Stander est alors ca­pi­taine des U20 sud- afri­cains. Ju­gé trop pe­tit pour jouer avec les Spring­boks - 1,85 m pour 114 kg tout de même ! -, il choi­sit l’exil et l’Ir­lande. En 2014, il évoque dé­jà son en­vie de re­vê­tir le maillot frap­pé du trèfle et de chan­ter l’hymne Amh­ran na bhFiann, mal­gré un ac­cent en­core bien pré­sent. « Je me sou­viens que quand je suis ar­ri­vé, je di­sais sim­ple­ment que je vou­lais jouer pour l’Ir­lande, ra­conte- til. Les an­nées ont pas­sé et c’était tou­jours dans un coin de ma tête. A mon ar­ri­vée, l’ob­jec­tif était de res­ter ici aus­si long­temps que pos­sible. Le Muns­ter m’a sou­te­nu. A pré­sent, je veux le sou­te­nir. » Spor­tif ac­com­pli, ce fils de fer­mier sud- afri­cain avait dé­bu­té le rug­by à l’âge de 9 ans. Il s’est éga­le­ment es­sayé au lan­cer de disque, avec suc­cès puis­qu’il a rap­por­té une mé­daille d’or des Jeux du Com­mon­wealth Ju­niors. For­mé comme de­mi d’ou­ver­ture jus­qu’à l’âge de 14 ans, il pos­sède une ges­tuelle et une vi­sion du jeu re­mar­quables pour un troi­sième ligne. Adroit sous les bal­lons hauts, bon re­lan­ceur, l’an­cien joueur des Bulls est éga­le­ment un poi­son dans les rucks. Le pro­to­type du rug­by­man mo­derne qui s’est par­fai­te­ment adap­té au ni­veau in­ter­na­tio­nal. « Ce que j’ai ap­pris, c’est qu’à ce ni­veau, tout doit être ins­tinc­tif. Vous ne pou­vez pas vous ar­rê­ter et pen­ser : « Je vais faire ça. » Du­rant le temps que vous pre­nez pour ré­flé­chir, l’équipe ad­verse fait quelque chose de dif­fé­rent. » CJ Stander aborde le Tour­noi 2017 en pleine forme. Les Ra­cing­men, ba­layés par le Muns­ter à do­mi­cile ( 327) en Coupe d’Eu­rope, peuvent en té­moi­gner. Le nu­mé­ro 8 avait mar­ty­ri­sé la dé­fense des Ciel et Blancs du­rant toute la ren­contre, mar­quant no­tam­ment deux es­sais. Tou­jours dé­si­reux de rendre hom­mage à An­tho­ny Fo­ley, CJ tient à réa­li­ser un grand Tour­noi. Car il n’a qu’une phi­lo­so­phie : « Si tu joues ton jeu, que tu es dis­ci­pli­né et ré­gu­lier et que tu ré­pètes en match ce que tu as tra­vaillé du­rant la se­maine, tu au­ras des ré­sul­tats. » Ses ad­ver­saires sont pré­ve­nus. Pas sûr que ce­la suf­fise tou­te­fois.

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