LUKE MCLEAN LE GRAND FRÈRE

Aus­tra­lien de nais­sance, l’ar­rière de la Squa­dra Az­zur­ra Luke McLean est, der­rière Ser­gio Parisse, le joueur ita­lien le plus sé­lec­tion­né. Avec ses 84 capes, il de­vra ser­vir de guide dans un groupe en manque d’ex­pé­rience et qui doit re­do­rer son bla­son.

L'Univers du Rugby - - Italie -

Luke McLean au­rait pu jouer pour l’Aus­tra­lie mais il a choi­si l’Ita­lie, le pays de sa grand- mère ma­ter­nelle. Le po­ly­va­lent trois- quarts a por­té le maillot des Wal­la­bies à plu­sieurs re­prises. Il avait même été sa­cré cham­pion du monde des U19 en 2006. Mais un an plus tard, le joueur ori­gi­naire du Queens­land avait re­fu­sé un contrat es­poir avec la Wes­tern Force et choi­si de re­joindre Cal­vi­sa­no, à 20 ans seule­ment. Pe­tit, le rug­by n’avait rien d’une évi­dence pour lui. « Je ne vou­lais pas pra­ti­quer ce sport, se sou­vient- il. Pour dire la vé­ri­té, ça ne me plai- sait pas du tout ! Je jouais au foot. » C’est un chan­ge­ment d’école qui va mo­di­fier le destin de Luke. Dans le nou­vel éta­blis­se­ment qui l’ac­cueille, le seul sport pra­ti­qué est le rug­by. La pas­sion le prend et ses qua­li­tés sont re­mar­quées, au point qu’il est si­gné par un club pro de Perth. Avec ses ori­gines ita­liennes, il sait qu’il peut de­man­der un pas­se­port et jouer pour la Squa­dra Az­zur­ra. McLean prend sa dé­ci­sion sur un coup de tête. « Quel­qu’un est ve­nu me dire : « Il y a une pos­si­bi­li­té d’al­ler jouer en Ita­lie. » J’ai ré­pon­du : « J’ai com­bien de temps pour me dé­ci­der ? » « Quatre jours. » » Quatre jours plus tard, le grand Aus­tra­lien ( 1,91 m, 97 kg) dé­barque à Cal­vi­sa­no, dans la pro­vince de Bres­cia, pour dis­pu­ter le cham­pion­nat de rug­by trans­al­pin. Loin de la cha­leur et du so­leil aus­tra­liens, l’ac­cli­ma­ta­tion est un peu dif­fi­cile. « Je ne par­lais pas la langue, je ne connais­sais per­sonne et il pleu­vait sans cesse, ra­conte l’ar­rière in­ter­na­tio­nal. Mes amis en Aus­tra­lie pen­saient que j’al­lais ren­trer di­rec­te­ment. » Mais sa pe­tite amie, qui est au­jourd’hui sa femme et la mère de son fils, le re­joint ra­pi­de­ment. En 2009, il est trans­fé­ré à Tré­vise. Le voi­là ins­tal­lé dans la Botte de­puis dix ans. « Je n’ima­gine pas une autre vie » , as­sure au­jourd’hui Luke McLean.

Nick Mal­lett : « Il a un vrai po­ten­tiel » Très vite après son ar­ri­vée, le trois­quarts avait connu les hon­neurs de la sé­lec­tion. Le Sud- Afri­cain Nick Mal­lett avait fait ap­pel à lui pour un match contre les Spring­boks, cham­pions du monde en titre, le 21 juin 2008 au Cap, au poste d’ou­vreur. « C’est un jeune joueur qui a un très bon pied gauche, pèse plus de 90 kg et pa­raît calme et se­rein, ex­plique alors Mal­lett. Je lui ai pas­sé un coup de fil un mois avant la tour­née pour sa­voir s’il avait dé­jà joué de­mi d’ou­ver­ture. Il m’a ré­pon­du qu’il avait évo­lué à ce poste au ly­cée, donc je

lui ai dit : « Nous al­lons en Afrique du Sud et nous n’avons au­cun nu­mé­ro

10. Ça te dit de ten­ter le coup ? » » Af­fron­ter les cham­pions du monde chez eux, à même pas 21 ans, est un sa­cré dé­fi, sur­tout quand on évo­lue à un poste qui n’est pas le sien. Mais Luke re­lève le chal­lenge. Si ce pre­mier test se conclut par une dé­faite 26- 0, cette tour­née convainc Nick Mal­lett de faire confiance à l’Aus­tra­lien. Il pré­dit même qu’il se­ra pré­sent pen­dant un bon mo­ment dans cette équipe d’Ita­lie « parce qu’il a un vrai po­ten­tiel » . L’ex­pé­rience consis­tant à ins­tal­ler McLean en nu­mé­ro 10 est re­con­duite pour le Tour­noi 2009. Ca­pable de jouer ai­lier et de bu­ter, Luke se fixe dé­fi­ni­ti­ve­ment à l’ar­rière où son phy­sique, sa pré­ci­sion sous les bal­lons hauts, son très bon coup de pied et ses qua­li­tés de re­lance sont ap­pré­ciés. Il par­ti­cipe à la Coupe du monde 2011 en Nou­velle- Zé­lande, qui le voit af­fron­ter son pays de nais­sance en ou­ver­ture du tour­noi. Il marque aus­si un es­sai contre la Rus­sie. Quatre ans plus tard, c’est un élé­ment in­con­tour­nable de la Squa­dra sous les ordres de Jacques Bru­nel. Il est de l’aven­ture du Mon­dial 2015 après un pas­sage d’une sai­son à Sale. Dans le groupe re­te­nu par l’Ir­lan­dais Co­nor O’Shea pour le Tour­noi 2017, Luke McLean fe­ra of­fice de grand frère dans les lignes ar­rières, du haut de ses 29 ans et 84 sé­lec­tions. Un groupe qui en­tame une nou­velle aven­ture.

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