Un Bren­nus, si­non rien...

Alors qu’il avait do­mi­né le cham­pion­nat, le MHR s’est ef­fon­dré en fi­nale l’an pas­sé. Une mésa­ven­ture que Vern Cot­ter ne veut pas re­vivre pour sa deuxième sai­son au club. Pour ce­la, il va se mon­trer en­core plus exi­geant. Ça pro­met...

L'Univers du Rugby - - Montpellier Hérault Rugby -

Cer­tains ont pu « se ré­jouir » de la dé­faite de Mont­pel­lier en fi­nale contre Castres. Le pe­tit qui bouffe l’ogre. L’ar­gent qui ne fait pas tout. C’est un fait : Mo­hed Al­trad, le pré­sident, dé­pense sans comp­ter. Trop, au goût de ses concur­rents. Et ça ne rap­porte pas le Bren­nus dans l’Hé­rault pour au­tant. Mais le boss s’en­tête. En bon bu­si­ness­man, il at­tend que le vent tourne et que ses af­faires ( spor­tives) fleu­rissent. « Dans le monde de l’en­tre­prise aus­si, il y a des mo­ments durs. On per­siste, on s’ac­croche, on conti­nue et en gé­né­ral, l’ef­fort, le cou­rage et la té­na­ci­té fi­nissent par payer » , dit- il. Lea­ders in­con­tes­tés de la phase ré­gu­lière 2017- 18, in­vain­cus à l’Al­trad Sta­dium et larges vain­queurs du LOU en de­mi- fi­nales, les Cistes n’avaient ja­mais été aus­si proches du Graal. Mais ils ont dû dé­chan­ter. Le­çon re­te­nue. Vern Cot­ter, l’en­traî­neur prin­ci- pal, connaît beau­coup mieux la mai­son dé­sor­mais. Son­né mais pas tou­ché, il veut re­par­tir de l’avant, avec en­core plus d’exi­gences. « C’est com­pli­qué de di­gé­rer une fi­nale comme ça. Un match de rug­by, c’est vrai­ment com­plexe… On est dé­çus de ne pas avoir maî­tri­sé cer­taines choses. Il y a beau­coup de trucs qu’on veut et qu’on va ré­gler entre nous. La dé­cep­tion a été to­tale à tous les ni­veaux du club. Tout le monde va se re­mettre en ques­tion et se re­mettre au bou­lot. C’est der­rière nous, main­te­nant. On va ti­rer les le­çons de cette dé­faite pour re­bon­dir. Il y a deux ans, la claque était in­ter­ve­nue en de­mi- fi­nales. Au prin­temps, c’était en fi­nale. J’es­père qu’on au­ra ré­glé tous les pro­blèmes si on la dis­pute à nou­veau… » Le MHR ver­sion 2018- 19 ne connaî­tra pas les mêmes bou­le­ver­se­ments que son pré­dé­ces­seur.

« NOUS VOU­LONS DÉ­VE­LOP­PER NOTRE CA­PA­CI­TÉ À NOUS DÉ­PLA­CER SUR LE TER­RAIN PAR RAP­PORT À L’AN PAS­SÉ. ON DOIT AUS­SI ÊTRE CA­PABLES D’EXÉ­CU­TER LES GESTES TECH­NIQUES SOUS LA PRES­SION » VERN COT­TER, EN­TRAέNEUR PRIN­CI­PAL

La sai­son pré­cé­dente avait vu l’ar­ri­vée mas­sive de stars XXL ( Aa­ron Cru­den, Ruan Pie­naar, Ya­cou­ba Ca­ma­ra, Louis Pi­ca­moles, Jan Ser­fon­tein). Cinq élé­ments seule­ment ont quit­té l’ef­fec­tif : Jesse Mogg, Joe To­mane, Da­vit Ku­bria­sh­vi­li, Charles Gé­li et Ju­lien De­lan­noy. La prin­ci­pale re­crue se nomme Jo­han Goo­sen. Un dos­sier qui a fait cou­ler beau­coup d’encre et qui ap­porte de l’eau au mou­lin de ceux qui dé­noncent la cu­pi­di­té de joueurs consi­dé­rés comme de simples mer­ce­naires. Qu’im­porte ! Vern Cot­ter sait qu’il tra­vaille­ra beau­coup plus se­rei­ne­ment pour son « an deux » , pla­cé sous le signe de la conti­nui­té et de la for­ma­tion. Sans perdre l’am­bi­tion. « On connaît da­van­tage les joueurs, leurs points forts et les choses à dé­ve­lop­per, dit- il. Cette an­née, on va pou­voir mon­ter le cur­seur et être plus exi­geants sur cer­taines choses. Il fau­dra être plus ré­gu­liers et que cette no­tion de tra­vail de­vienne notre culture au MHR. On doit bos­ser les uns pour les autres. Par mo­ments, on est ca­pables de le faire. Ce qui ne me plaît pas, c’est le fait de lâ­cher des matches. Je ne veux plus voir ça. J’es­père qu’on va y ar­ri­ver. Jo­han Goo­sen est un plus mais il y a aus­si Ju­lien Le De­ve­dec et Le­van Chi­la­cha­va. Et beau­coup de jeunes éga­le­ment. Il y a des gar­çons comme Ji­mi Maxi- min, Ma­thias Bastide et Ga­briel Ngan­debe qui étaient avec nous l’an­née der­nière. C’est la deuxième fois qu’ils font la pré­pa­ra­tion avec l’équipe pro­fes­sion­nelle. J’es­père qu’ils pour­ront re­te­nir quelques at­ti­tudes, quelques trucs sur le pro­fes­sion­na­lisme, des choses qu’ils as­si­mi­le­ront. Il y au­ra peut- être quelques sur­prises aus­si… »

Il faut un men­tal d’acier !

Vern Cot­ter va donc in­ci­ter ses sol­dats à se for­ger un men­tal d’acier, his­toire de ne plus plus lâ­cher un match avant son terme. Le but est qu’ils par­viennent à gar­der leur lu­ci­di­té et leur maî­trise tech­nique. Il leur fau­dra avant tout évi­ter de mul­ti­plier les fautes. Le point faible de Mont­pel­lier l’an der­nier, sur­tout à l’ex­té­rieur... Mal­heu­reu­se­ment aus­si en fi­nale. « Nous vou­lons dé­ve­lop­per notre ca­pa­ci­té à nous dé­pla­cer sur le ter­rain par rap­port à l’an pas­sé, ex­plique le tech­ni­cien néo- zé­lan­dais. Notre pré­pa­ra­tion phy­sique est ba­sée là- des­sus. On doit aus­si être ca­pables d’exé­cu­ter les gestes tech­niques sous la pres­sion. » Ha­sard du ca­len­drier, c’est contre Castres, son bour­reau, que Mont­pel­lier dé­bu­te­ra le pro­chain exer­cice. Il y au­ra de la re­vanche dans l’air !

Ne­ma­ni NADOLO

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