Dans son nid

LE PHO­TO­GRAPHE YANN ARTHUS-BER­TRAND AIME SE RÉ­FU­GIER DANS SA CA­BANE, À RAMBOUILLET

L'Yonne Républicaine (L'Yonne mag) - - La Une - Vé­ro­nique de La Mai­son­neuve rambouillet@cen­tre­france.com

Lorsque Yann Arthus­Ber­trand parle de la ca­bane per­chée qu’il a, un jour, dé­ci­dé de faire construire en haut d’un arbre, dans son jar­din de Rambouillet (Yve­lines), l’en­thou­siasme est tou­jours le même, de­puis dix­sept ans :

« Quand Alain Laurens m’a par­lé de son pro­jet, j’ai tout de suite été sé­duit et je lui ai dit : “J’en veux une !” C’était la pre­mière qu’il construi­sait. Ce qui m’a plu, c’est qu’il ne cou­pait au­cune branche, ne plan­tait au­cun clou et qu’il conce­vait chaque ca­bane se­lon l’arbre dans le­quel elle se trouve. Le res­pect de la na­ture, c’est im­por­tant pour moi. »

« Je m’y ré­fu­gie sou­vent pour dor­mir »

Cette ca­bane en bois est si­tuée à 14 mètres du sol et il faut em­prun­ter un es­ca­lier de 70 marches qui s’en­roule au­tour du tronc pour y mon­ter. Là, on dé­couvre un pe­tit nid confor­table de 2,50 mètres sur trois : « Je m’y ré­fu­gie sou­vent pour dor­mir. Je m’y en­dors très fa­ci­le­ment ! » En de­hors de ce coin re­pos, Yann Arthus­Ber­trand en a éga­le­ment fait le lieu de mé­moire de ses nom­breux voyages au­tour de la terre :

« J’ai ins­tal­lé là­haut plein d’ob­jets sym­bo­liques pour moi comme des livres et des photos per­son­nelles. Mais il y a sur­tout plein d’ob­jets que j’ai rap­por­tés des quatre coins de la pla­nète : des os, des dents d’élé­phant, des dé­fenses de mam­mouth de Si­bé­rie, des pierres de taille. C’est une au­baine pour mes pe­tits­en­fants qui vont dans la ca­bane plus sou­vent que moi main­te­nant ! »

Ce bon­heur fa­mi­lial et éco­lo­gique, Yann Ar­thusBer­trand le doit à Alain Laurens, un an­cien pu­bli­ci­taire qui a dé­ci­dé, un jour d’été de 2000, de tout lâ­cher pour créer son en­tre­prise de ca­banes per­chées : « J’ai tout de suite pen­sé que ce se­rait une bonne idée et que ce­la plai­rait. Je me suis en­tou­ré d’un de­si­gner pour des­si­ner les ca­banes et d’un com­pa­gnon char­pen­tier pour les construire. »

« Je fi­nis de tra­vailler sur le pro­chain

Wo­man »

Alain Laurens bâ­tit alors ce qu’il ap­pelle une « ca­bane brouillon », chez lui, dans le Var, pour « vé­ri­fier ses théo­ries » et com­mence à en par­ler au­tour de lui : « Dès que j’ai sou­mis l’idée à Yann, il m’a dit : “J’en veux une tout de suite, c’est le rêve de ma vie, vas­y, fais­moi un des­sin !”»

De­puis, Alain Laurens et ses équipes ont construit 500 ca­banes per­chées dans le monde en­tier. Il ex­plique : « Il y a deux sortes de ca­banes. Des grandes que nous construisons pour des hô­tels de luxe ou des mai­sons d’hôtes haut de gamme. Et des plus pe­tites pour des par­ti­cu­liers qui sont res­tés de grands en­fants, qui aiment y faire la sieste, écou­ter de la mu­ sique ou rê­vas­ser. »

Elles servent aus­si de lieux de tra­vail in­so­lites, comme le confie Yann Arthus­Ber­trand : « C’est dans cette ca­bane per­chée que j’ai écrit mon der­nier film, Hu­man, sor­ti en 2015, et là, je fi­nis de tra­vailler sur le pro­chain,

Wo­man, qui ra­conte que tout ce qui fait notre hu­ma­ni­té – la vio­lence, la guerre, le droit, l’édu­ca­tion, la san­té – se re­trouve dans l’his­toire des femmes. »

Un lieu de vie et d’ins­pi­ra­tion pour ce dé­fen­seur in­fa­ti­gable de la na­ture.

« C’est dans cette ca­bane per­chée que j’ai écrit mon der­nier film, Hu­man »

DR

CIMES. La ca­bane per­chée de Yann Arthus-Ber­trand culmine à 14 mètres du sol : « J’ai ins­tal­lé là-haut plein d’ob­jets sym­bo­liques pour moi comme des livres et des photos per­son­nelles. Mais il y a sur­tout plein d’ob­jets que j’ai rap­por­tés des quatre coins de la pla­nète. »

PHOTO JÉRÉMIE FULLERINGER

PHO­TO­GRAPHE. Yann Arthus-Ber­trand.

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