DÉ­VE­LOP­PE­MENT L’AN­GOISSE DE LA SÉ­PA­RA­TION ........................ 36

Ma Grossesse - - Sommaire -

Pour un bé­bé, il n'est pas fa­cile de voir ses pa­rents par­tir. Le sen­ti­ment d'in­sé­cu­ri­té qui naît alors peut fa­ci­le­ment se trans­for­mer en an­goisse. Sa­chez com­ment faire pour mi­ni­mi­ser cette ré­ac­tion et, au contraire, ac­croître chez lui le sen­ti­ment de confiance

Il peut exis­ter chez le bé­bé une "an­goisse de la sé­pa­ra­tion", c'est-à-dire que l'en­fant est vé­ri­ta­ble­ment per­tur­bé par sa sé­pa­ra­tion d'avec ses pa­rents ou de ceux qui s'oc­cupent ha­bi­tuel­le­ment de lui. Ce phé­no­mène in­ter­vient gé­né­ra­le­ment à par­tir de 6-8 mois et dure jus­qu'à 3 ans en­vi­ron. Mais cette phase peut se pro­lon­ger si l'en­fant a vé­cu un épi­sode trau­ma­tique de sé­pa­ra­tion. Si l'on met de cô­té ce ca­rac­tère pa­tho­lo­gique, l'an­goisse de la sé­pa­ra­tion est une fa­çon pour le bé­bé de ma­ni­fes­ter son be­soin d'être ras­su­ré, de se rac­cro­cher à des élé­ments sus­cep­tibles de lui don­ner confiance et qui l'ai­de­ront, à me­sure qu'il gran­dit, à ne pas consi­dé­rer le monde ex­té­rieur comme un en­vi­ron­ne­ment hos­tile mais au contraire se­rein.

C'est lors­qu'il a pas­sé le cap des 6 mois que le bé­bé prend conscience qu'il existe, in­dé­pen­dam­ment des autres per­sonnes et du monde. Il réa­lise l'exis­tence des ob­jets et des choses, il prend conscience aus­si du fait que la pré­sence des pa­rents, leurs bras ac­cueillants, vé­hi­culent un sen­ti­ment de sécurité. Il a faim ? Sa ma­man s'en oc­cupe. Il vou­drait qu'on change ses couches ? Le pa­pa ac­court (on parle d'un monde idéal !). Quand il se sent gê­né ou qu'il a mal, le bé­bé sait qu'en pleu­rant, quel­qu'un vien­dra le se­cou­rir. Donc, dans sa lo­gique, tout ce qui est à l'ori­gine de son bien-être a la même source : les pa­rents. On com­prend donc ai­sé­ment qu'au moindre dé­part de ceux­ci, même pour peu de temps (mais cette va­leur de temps ne veut pas dire grand chose pour lui), il se pose aus­si­tôt cette ques­tion an­gois­sante : "Et main­te­nant, qui va s'oc­cu­per de moi?". Dans sa po­si­tion, cette crainte est tout à fait com­pré­hen­sible.

La peur de res­ter seul

C'est donc à cet âge que les en­fants com­mencent à res­sen­tir cette an­goisse de la so­li­tude (et de l'ab­sence de se­cours en cas de be­soin), quand ils doivent ré­in­té­grer leur chambre ou que les pa­rents quittent la pièce. Bien sûr, cer­tains en­fants en jouent et exercent une sorte de chan­tage émo­tion­nel sur leurs pa­rents, mais la base de­meure la même : la peur - par­fois, la pa­nique - de res­ter seul et aban­don­né. À me­sure que ces si­tua­tions de sé­pa­ra­tion se ré­pètent et de­viennent ha­bi­tuelles, que l'en­fant com­prend qu'il y au­ra tou­jours quel­qu'un pour ré­pondre à ses be­soins et s'oc­cu­per de lui et - sur­tout - que les pa­rents re­viennent après s’être ab­sen­tés, cette an­goisse com­mence à s'es­tom­per : il sait dé­sor­mais que "tout ira bien", ce qui lui donne confiance et le fait se sen­tir mieux.

En re­vanche, si l'en­fant a vé­cu une ex­pé­rience trau­ma­tique dans ce do­maine, un épi­sode de son exis­tence au cours du­quel on n'a pas ré­pon­du à ses be­soins à un mo­ment don­né (même si c'est dans sa pers­pec­tive à lui), ou qu'il a sen­ti que ses pa­rents (ou l'un d'eux) par­taient "dé­fi­ni­ti­ve­ment", cette pé­riode d'an­goisse peut se pro­lon­ger plus long­temps. Il est donc es­sen­tiel que les pa­rents (et sur­tout les mères...) offrent à leurs en­fants une cer­taine au­to­no­mie, ou les laissent l'ac­qué­rir (d'une ma­nière lente, certes, mais pro­gres­sive). Il ne faut ja­mais non plus qu'elles se sé­parent du bé­bé sans s'être as­su­rées qu'ils en com­prennent la rai­son ou la né­ces­si­té (mais il n'est pas ques­tion non plus de les étouf­fer ou de leur faire croire à leur re­tour que l'en­fant est en­fin "sau­vé" !).

Le bé­bé doit dis­po­ser de ses propres armes, gé­rer ses propres peurs, et vaincre son propre stress. Trans­for­mer ce pro­ces­sus en une évo­lu­tion se­reine mais ac­tive est un dé­fi dif­fi­cile mais pos­sible, et sti­mu­lant. Les pa­rents de­vront per­ce­voir cette pro­gres­sion en étu­diant les ré­ac­tions de leur en­fant, mais en veillant tou­jours à lui as­su­rer un "cadre de confiance" dans le­quel il puisse évo­luer.

Par­mi les dif­fé­rentes si­tua­tions qui peuvent gé­né­rer de l'an­goisse chez l'en­fant, on re­trouve les cas de fi­gures sui­vants :

- le mo­ment où l'en­fant doit re­tour­ner dans sa chambre ; - le mo­ment où les pa­rents quittent cette chambre ; - quand la ma­man doit s'ab­sen­ter un cer­tain temps (pour ac­cou­cher d'un autre en­fant, par exemple) ; - si l'en­fant doit être hos­pi­ta­li­sé ; - si les pa­rents sortent un soir ; - les pre­miers jours à la crèche.

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