LE QUO­TI­DIEN DU BÉ­BÉ EN 8 ÉTAPES CLAS­SIQUES ................................. 12

Ma Grossesse - - Sommaire -

Il est im­por­tant d'an­ti­ci­per le re­tour à la mai­son pour ne pas être prise au dé­pour­vu. Bien sûr on ne peut ja­mais tout pré­voir, mais cer­tains dé­tails pra­tiques dont nous al­lons par­ler ici peuvent gran­de­ment vous fa­ci­li­ter l'exis­tence.

Lorsque Mé­la­nie, jo­lie femme de 35 ans et ma­man pour la pre­mière fois, est sor­tie de la ma­ter­ni­té en cette belle mi­jour­née d'hi­ver, un jo­li couf­fin l'ac­com­pa­gnait. Bien que vê­tue de vê­te­ments amples - comme aux der­niers jours de sa gros­sesse - et son vi­sage n'ayant pas en­core éli­mi­né toutes les traces de la fa­tigue ac­cu­mu­lée, elle tient fer­me­ment son couf­fin et vé­ri­fie pour la mil­lième fois sans doute que son en­fant dort bien, cette mi­nus­cule créa­ture dont elle com­mence seule­ment à vrai­ment réa­li­ser qu'elle est son en­fant.

On a tou­jours presque tout pré­vu

Une or­ga­ni­sa­tion préa­lable bien pen­sée per­met­tra de ga­gner en éner­gie, en calme et en ré­cu­pé­ra­tion : une chambre ran­gée, des re­pas dé­jà pré­pa­rés et conge­lés, une pile de couches pour le bé­bé, du co­ton, di­verses lo­tions, une pe­tite phar­ma­cie adap­tée, du lait en poudre au be­soin, des bi­be­rons, des té­tines, un lan­dau, etc... En théo­rie, tout est prêt pour ré­pondre aux be­soins de l'en­fant et pour se sim­pli­fier la vie. Mais on ne peut pas pré­voir nos ré­ac­tions, nos peurs, nos doutes, qui sur­gissent du plus pro­fond de notre in­cons­cient. On craint tel­le­ment, par­fois, de ne pas être à la hau­teur...

Au-de­là des doutes et des peurs...

Com­ment vit-on une ma­ter­ni­té ? Chaque cas est un cas par­ti­cu­lier mais sou­vent, des fac­teurs comme l'âge de la mère (plus ou moins jeune, plus ou moins mûre), sa si­tua­tion sen­ti­men­tale ou conju­gale, son équi­libre préa­lable à la nais­sance du bé­bé, son de­gré de dé­sir par rap­port à cet en­fant, sont au­tant de cri­tères qui peuvent rendre la si­tua­tion plus com­plexe. De la ma­nière dont elle gère ces dif­fé­rents points va dé­pendre sa ca­pa­ci­té à faire face à cette charge de ma­ter­ni­té et les dif­fé­rents sou­cis qu'elle en­gendre. Phy­siques, tout d'abord : il faut ré­cu­pé­rer d'un ac­cou­che­ment - un évé­ne­ment qui n'est pas ano­din - qui a peut-être né­ces­si­té une épisiotomie, une cé­sa­rienne... qui a lais­sé des marques.

“Re­nou­ve­lez tous les jours les ré­serves de couches et langes, ayez tout à por­tée de main, près de votre lit et du ber­ceau. Le mot-clé au cours de cette pé­rio de est « à proxi­mi­té »

Par ailleurs, la femme vit une nou­velle ré­vo­lu­tion hor­mo­nale, puisque son corps a en­ta­mé un pro­ces­sus de re­tour à l'état d'ori­gine. Puis, il y a l'al­lai­te­ment, qu'on ap­prend, et d'autres doutes peuvent sur­gir si on croit mal faire ou que l'en­fant ne s'y adapte pas. Le mo­ral est en­core ex­trê­me­ment fra­gile à ce stade et l’on passe de la joie à la peur en un clin d'oeil.

Pour les femmes qui, par tem­pé­ra­ment, aiment tout contrô­ler, tout or­ga­ni­ser, cette phase peut ap­pa­raître en­core plus dif­fi­cile que pour celles qui res­tent calmes en toutes cir­cons­tances, car les pre­mières se sentent à la mer­ci des évé­ne­ments et doivent l'ac­cep­ter. Or, en toute si­tua­tion il est bon de se rap­pe­ler que le bé­bé est le "porte-symp­tôme" de la mère ; celle-ci doit donc, quoi qu'il lui en coûte, ap­prendre à sa­vou­rer plei­ne­ment ce plai­sir d'être deux, de voir naître et gran­dir une re­la­tion ex­tra­or­di­naire, de se re­gar­der, de se tou­cher et de se res­pi­rer l'un l'autre. Ces échanges entre une mère et son en­fant ne sont pas seule­ment sou­hai­tables, ils sont fon­da­men­taux.

Une li­ber­té res­treinte... mais un amour sans prix

Que l'on soit une mère jeune ou une mère plus âgée, ce qui ne chan­ge­ra pas c'est que la to­tale li­ber­té - si elle exis­tait avant - est ré­vo­lue : au­jourd'hui on est "de ser­vice" 24 heures par jour et 7 jours sur 7 (ce qui, par­fois, peut créer un sen­ti­ment de claus­tro­pho­bie). On ne peut plus dire que "ven­dre­di soir c'est la fin de la se­maine, ce week-end je me re­pose et j'en­voie mon en­fant quelque part", puisque le concept même de week-end est de­ve­nu abs­trait ! On s'aper­çoit très vite que les aides of­fertes par la famille, la grand-mère, une amie, en plus du conjoint s'il est là, sont in­dis­pen­sables, car on ne peut tout sim­ple­ment pas faire face et of­frir le même de­gré d'at­ten­tion à l'en­fant en per­ma­nence - et ce, pen­dant quelques mois. Heu­reu­se­ment, on peut aus­si comp­ter sur cette mer­veilleuse "loi de com­pen­sa­tion" : le plai­sir de ser­rer contre soi, à toute heure du jour ou de la nuit, un bé­bé qui vit sus­pen­du à l'amour qu'on lui porte et à l'at­ten­tion qu'on lui té­moigne, un être qui nous aime de ma­nière in­con­di­tion­nelle. Cette sen­sa­tion est unique.

Un va­carme per­ma­nent : les conseils des autres !

Rien n'est plus fa­ti­gant, épui­sant, as­sour­dis­sant, que ces ra­fales presque constantes de "il faut", "tu de­vrais", "crois-en mon ex­pé­rience" etc... de la part de l'en­tou­rage. Au tout dé­but, quand la ten­sion at­teint les li­mites du sup­por­table, quand on veut tout faire à la fois alors qu'on manque de force, quand on don­ne­rait tout ce qu'on pos­sède pour pou­voir faire une sieste... évi­dem­ment le té­lé­phone se met à son­ner, à moins que ce soit la son­nette de la porte.

Les amis, les proches, les connais­sances dé­filent, les conver­sa­tions s'éter­nisent, et la der­nière vi­site est ac­cueillie comme un soulagement. Puis, peu à peu, le rythme dé­croît et c'est le phé­no­mène in­verse qui se pro­duit : la mère se sent iso­lée, loin du monde, des conver­sa­tions, des amis - sur­tout de ceux qui n'ont pas d'en­fant - et elle peut éprou­ver cette sen­sa­tion désa­gréable que le monde tourne sans elle. Il faut vite dé­pas­ser ce cap, cet état mo­ral, car les gens vous aiment tou­jours au­tant mais peut-être craignent-ils de vous dé­ran­ger.

Par ailleurs, cette li­ber­té res­treinte dont vous dis­po­sez main­te­nant donne un prix plus pré­cieux au moindre mo­ment libre - boire un ca­fé en ter­rasse, al­ler au ci­né­ma, dî­ner aux chan­delles avec son amou­reux... Certes, un en­fant nous oc­cupe à temps com­plet. Mais s'il faut s'oc­cu­per de lui, il ne faut ja­mais pour au­tant ou­blier de s'oc­cu­per de soi.

On peut pas­ser d'un état d'ex­trême al­lé­gresse à un état de peur en un clin d'oeil. L'an­goisse d'une res­pon­sa­bi­li­té aus­si su­bite qu'écra­sante se mé­lange à un sen­ti­ment d'in­tense sa­tis­fac­tion

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