SAN­TÉ MÉ­NIN­GITE : LA TER­REUR DES PA­RENTS ....... 60

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Qu'est-ce qu'une mé­nin­gite ? Quels en sont les symp­tômes ? Com­ment la trai­ter ? Que peut-on es­pé­rer ? Où en sont les nou­veaux vac­cins à ce su­jet? Dé­cou­vrez les ré­ponses à toutes les ques­tions que vous vous po­sez sur cette ma­la­die qui fait trem­bler de peur tous les pa­rents.

S'il fal­lair choi­sir un mot sus­cep­tible de ter­ro­ri­ser tous les pa­rents, le choix se por­te­rait cer­tai­ne­ment sur ce­lui-ci : mé­nin­gite. La rai­son en est simple : tous les pa­rents savent qu'il s'agit d'une ma­la­die as­sez fré­quente, grave, qui peut tuer un en­fant ou pro­vo­quer chez lui de très sé­rieuses lé­sions cé­ré­brales. Mais, bien que la mé­nin­gite soit une réa­li­té et un dan­ger qu'on ne puisse nier, il existe de nom­breux doutes, voire cer­taines idées fausses, sur cette ques­tion.

Es­sayons d'y voir un peu plus clair sur les prin­ci­paux as­pects liés à cette ma­la­die qui nous ap­pa­raît si épou­van­table : la mé­nin­gite.

Qu'est-ce qu'une mé­nin­gite ?

Les mé­ninges sont 3 mem­branes qui en­tourent le cer­veau et la moelle épi­nière. Elles ont un rôle très im­por­tant car les vais­seaux san­guins les tra­versent avant d'ar­ri­ver au cer­veau, afin que ce­lui-ci re­çoive l'éner­gie né­ces­saire à son fonc­tion­ne­ment.

Une mé­nin­gite si­gni­fie une in­flam­ma­tion des mé­ninges. Cette in­flam­ma­tion se pro­duit lors­qu'un vi­rus ou une bac­té­rie touche les mé­ninges. Il existe plus de 100 vi­rus ou bac­té­ries ca­pables de pro­vo­quer une mé­nin­gite. On peut scin­der ces agres­seurs en deux groupes : les vi­rus, qui pro­voquent une mé­nin­gite vi­rale, et les bac­té­ries, qui en­traînent une mé­nin­gite bac­té­rienne.

La mé­nin­gite vi­rale peut être dé­clen­chée par plus de 70 vi­rus dif­fé­rents. La ma­la­die se dé­clare sou­vent du­rant les mois d'été ou au dé­but de l'au­tomne. La mé­nin­gite peut se dé­cla­rer à tout âge.

Il existe aus­si un grand nombre de bac­té­ries sus­cep­tibles de pro­vo­quer une mé­nin­gite. Jus­qu'il y a 10 ans en­vi­ron, une bac­té­rie ap­pe­lée He­mo­phi­lus était la prin­ci­pale res­pon­sable des mé­nin­gites bac­té­riennes chez l'en­fant. Dès 1988, avec l'ap­pa­ri­tion d'un vac­cin ca­pable de pré­ve­nir la ma­la­die dé­clen­chée par l'He­mo­phi­lus, la mé­nin­gite due à cette bac­té­rie ces­sa pra­ti­que­ment d'exis­ter. Au­jourd'hui, deux autres bac­té­ries sont res­pon­sables de la grande ma­jo­ri­té des cas de mé­nin­gite bac­té­rienne : le

pneu­mo­coque et le mé­nin­go­coque. Le pneu­mo­coque est plus fré­quent chez les bé­bés de moins de 2 ans, tan­dis que le mé­nin­go­coque s'at­taque à des en­fants plus âgés. D'une ma­nière gé­né­rale, la grande ma­jo­ri­té des mé­nin­gites bac­té­riennes touche des en­fants de moins de 2 ans.

Mais il existe aus­si d'autres types de mé­nin­gites graves, comme celles pro­vo­quées par le ba­cille de la tu­ber­cu­lose ou par cer­tains cham­pi­gnons. Mais ces si­tua­tions res­tent rares.

Quel sont les dif­fé­rents types de mé­nin­gite

De nom­breux pa­rents parlent, à ce su­jet, de "bonnes " ou de "mau­vaises" mé­nin­gites", et cette no­tion re­pose ef­fec­ti­ve­ment sur un fond de vé­ri­té. En gé­né­ral, la mé­nin­gite pro­vo­quée par un vi­rus pré­sente des ma­ni­fes­ta­tions plus lé­gères et moins de com­pli­ca­tions que celle dé­clen­chée par des bac­té­ries. En sim­pli­fiant à l'ex­trême, la mé­nin­gite vi­rale se­rait donc une "bonne" mé­nin­gite, et la mé­nin­gite bac­té­rienne une "mau­vaise". Mais il est clair que d'autres as­pects entrent en jeu, et no­tam­ment l'âge de l'en­fant. Chez un nou­veau-né ou un bé­bé âgé de seule­ment quelques mois, même une mé­nin­gite vi­rale peut avoir de graves consé­quences. De la même ma­nière, chez un en­fant pré­sen­tant des dé­fenses faibles (comme dans le cas du si­da, par exemple), tout type d'in­fec­tion peut être ju­gé grave.

Tou­te­fois, comme nous al­lons le voir, toutes les mé­nin­gites bac­té­riennes ne sont pas iden-

tiques : le plus sou­vent, celles pro­vo­quées par le pneu­mo­coque pré­sentent les plus grands dan­gers (lé­sions cé­ré­brales, mort).

Quels en sont les symp­tômes ?

Plus l'en­fant est grand, plus le diag­nos­tic cli­nique de mé­nin­gite est fa­ci­li­té. Les symp­tômes les plus com­muns sont la fièvre, les maux de tête et les dou­leurs dans le cou. Sou­vent, ces symp­tômes sont as­so­ciés à des nau­sées ou à des vo­mis­se­ments. Cer­tains en­fants se plaignent aus­si de ne pas réus­sir à voir ou sup­por­ter la lu­mière, ce que les mé­de­cins ap­pellent la pho­to­pho­bie. Sou­vent, pour­tant, les pa­rents ne re­marquent chez leur bé­bé qu'une at­ti­tude "bi­zarre" : l'en­fant semble ir­ri­té, pleure fré­quem­ment ou reste pros­tré. Dans ce cas de fi­gure, comme pour les autres ma­la­dies, il est né­ces­saire de faire preuve de bons sens, si­non on risque de soup­çon­ner une mé­nin­gite au moindre trouble. Or, il existe de mul­tiples mo­tifs pour les­quels un en­fant souf­fri­ra de maux de tête, et d'autres ma­la­dies - sou­vent bé­nignes - peuvent en­traî­ner des vo­mis­se­ments. Sans par­ler des in­nom­brables causes de fièvre. Il faut donc gar­der ses es­prits et ne pas se pré­ci­pi­ter à l'hô­pi­tal sous pré­texte que ces seuls symp­tômes sont ap­pa­rus.

D'autres cas, en re­vanche, sont plus évi­dents. Un en­fant de 5 ans, qui, sou­dain, se met à souf­frir de maux de tête, de vo­mis­se­ments, et qui dans le même temps ob­serve une cer­taine pros­tra­tion, doit être aus­si­tôt exa­mi­né par un mé­de­cin. Mais ces si­tua­tions res­tent rares. Dans la plu­part des cas, seules cer­taines ma­ni­fes­ta­tions se sont pro­duites, et c'est l'exa­men mé­di­cal qui dé­ter­mi­ne­ra si l'hy­po­thèse de la mé­nin­gite est fon­dée ou non.

Chez les en­fants plus jeunes - avant 2 ans et, sur­tout, avant 1 an -, les ma­ni­fes­ta­tions de la mé­nin­gite sont en­core plus sub­tiles. Le bé­bé peut seule­ment pleu­rer (parce qu'il a mal), avoir de la fièvre ou vo­mir - ce qui peut avoir des tas d'ori­gines. Il peut aus­si sim­ple­ment som­no­ler un peu plus, re­fu­ser de la nour­ri­ture, bref, ne pas pré­sen­ter de symp­tômes très dif­fé­rents qu'à l'ha­bi­tude. Pas de pa­nique, ce­pen­dant. Toutes ces ma­ni­fes­ta­tions ne sont en rien spé­ci­fiques à la mé­nin­gite. On s'in­té­res­se­ra plu­tôt la ma­nière dont ces troubles se pro­duisent, ce que l'exa­men mé­di­cal vien­dra - ou non - confir­mer.

Com­ment s'ef­fec­tue le diag­nos­tic ?

Après l'exa­men mé­di­cal, si la sus­pi­cion de mé­nin­gite se confirme, le spé­cia­liste va vou­loir ef­fec­tuer une ponc­tion lom­baire, c'es­tà-dire pré­le­ver un échan­tillon du li­quide pas­sant dans les mé­ninges. Cette opé­ra­tion s'ef­fec­tue à l'aide d'une ai­guille que l'on in­tro­duit dans le dos de l'en­fant au ni­veau des der­nières ver­tèbres. Il ne s'agit pas, soyons hon­nêtes, d'un exa­men agréable, mais il faut le faire si c'est né­ces­saire. Il va ain­si per­mettre de confir­mer ou non la mé­nin­gite et, si tel est le cas, si celle-ci pro­vient d'un vi­rus ou d'une bac­té­rie. D'autres exa­mens peuvent alors être en­vi­sa­gés, no­tam­ment des ana­lyses de sang.

Quelles sont les com­pli­ca­tions pos­sibles ?

La mé­nin­gite vi­rale donne ra­re­ment lieu à des com­pli­ca­tions. Une ex­cep­tion, tou­te­fois : les cas de mé­nin­gite vi­rale chez les nou­veaux­nés (âgés de moins d'1 mois), où les com­pli­ca­tions peuvent être graves. À cette ex­cep­tion près, il n'y a pas de consé­quences sé­rieuses et le bé­bé ré­cu­pè­re­ra en moins d'une se­maine. À l'in­verse, la mé­nin­gite bac­té­rienne peut pro­vo­quer des lé­sions plus ou moins graves chez 30 à 40% des bé­bés tou­chés. Les pro­blèmes les plus fré­quents concernent des per­tur­ba­tions au­di­tives, mais dans des cas plus ai­gus on peut ar­ri­ver à l'épi­lep­sie ou à dif­fé­rentes lé­sions cé­ré­brales pou­vant en­traî­ner un re­tard men­tal. Ce genre de com­pli­ca­tions est plus fré­quent en­core si la bac­té­rie in­cri­mi­née est le pneu­mo­coque, et peut, hé­las, avoir les pires consé­quences.

Trai­te­ment

Comme nous l'avons dit pré­cé­dem­ment, les mé­nin­gites ne sont pas toutes iden­tiques. Donc, leur trai­te­ment ne l'est pas non plus. En ce qui concerne la mé­nin­gite vi­rale, au­cun trai­te­ment n'est né­ces­saire hor­mis les me­sures nor­males des­ti­nées à sou­la­ger la fièvre ou les vo­mis­se­ments. Ha­bi­tuel­le­ment l'en­fant reste hos­pi­ta­li­sé 24 à 48 heures jus­qu'à dis­pa­ri­tion des troubles les plus im­por­tants. Il quitte l'éta­blis­se­ment dès qu'il ne res­sent plus de dou­leurs et qu'il to­lère l'ali­men­ta­tion. Au contraire, dans le cas d'une mé­nin­gite bac­té­rienne, gé­né­ra­le­ment plus grave, on in­jec­te­ra à l'en­fant un an­ti­bio­tique par in­tra­vei­neuse - et ce pen­dant au moins une se­maine. Il res­te­ra donc hos­pi­ta­li­sé du­rant toute cette pé­riode.

Com­ment évo­lue la ma­la­die ?

La mé­nin­gite pro­vo­quée par un vi­rus évo­lue presque tou­jours dans le bon sens. Elle ne laisse pas de sé­quelles, à moins d'avoir été contrac­tée chez les bé­bés ex­trê­me­ment jeunes. La mé­nin­gite bac­té­rienne, elle, peut évo­luer né­ga­ti­ve­ment et lais­ser des sé­quelles chez 30 à 40% des bé­bés tou­chés. Même après la sor­tie de l'hô­pi­tal, ces en­fants doivent être sui­vis par des spé­cia­listes avec pour ob­jec­tif d'iden­ti­fier de ma­nière pré­coce le moindre pro­blème que la mé­nin­gite au­rait pu oc­ca­sion­ner et qui sou­vent se ré­vèle plus tard (ex : un pro­blème d'au­di­tion).

Les proches, les amis, les ca­ma­rades de l'école ou de la crèche

Dans les cas où se confir­me­rait une mé­nin­gite bac­té­rienne, il est né­ces­saire que les per­sonnes vi­vant dans le même foyer que l'en­fant, mais aus­si les ca­ma­rades de la crèche ou de l'école, qui par­tagent donc la même pièce, se fassent ad­mi­nis­trer un an­ti­bio­tique pen­dant 2 à 4 jours à titre de pré­ven­tion. Le mé­de­cin s'en­tre­tien­dra avec les pa­rents sur cet as­pect, et un res­pon­sable de san­té pré­vien­dra l'école. Mais il ne faut pas non plus être alar­miste et som­brer dans l'exa­gé­ra­tion. Les gens qui au­raient été en contact avec l'en­fant de temps en temps au cours des der­niers jours n'au­raient pas be­soin de se sou­mettre à ce trai­te­ment pré­ven­tif. Ni les autres en­fants de la même école mais tra­vaillant dans une autre salle. En­fin, et c'est peut-être le plus im­por­tant : en cas de mé­nin­gite vi­rale, per­sonne n'est te­nu à un trai­te­ment aux an­ti­bio­tiques, ni l'en­fant ma­lade, ni la famille proche, ni les ca­ma­rades d'école.

Quels sont les vac­cins qui existent ?

Les vac­cins ont re­pré­sen­té une avan­cée ma­jeure de la mé­de­cine au siècle der­nier. Grâce à la vac­ci­na­tion, on a pu pré­ve­nir de nom­breuses ma­la­dies graves et res­pon­sables de la mort d'in­nom­brables en­fants et adultes. La mé­nin­gite peut éga­le­ment être pré­ve­nue par ce biais. Il est im­por­tant tou­te­fois d'éclai­rer le pu­blic sur quelques idées re­çues. La plu­part des mé­nin­gites sont pro­vo­quées par un vi­rus (mé­nin­gite vi­rale) et il n'existe au­cun vac­cin contre cette forme de la ma­la­die. Heu­reu­se­ment, elle est bé­nigne et ne pré­sente pas de risques ma­jeurs. En re­vanche, il est très im­por­tant de se pro­té­ger du risque de mé­nin­gite bac­té­rienne, celle-ci pou­vant avoir de graves consé­quences, fai­sant no­tam­ment ap­pa­raître des lé­sions dans le cer­veau, voire en­traî­nant le décès de l'en­fant. En 1988 fut lan­cé un vac­cin contre la bac­té­rie ap­pe­lée Hé­mo­phi­lus, prin­ci­pale res­pon­sable des mé­nin­gites bac­té­riennes chez les bé­bés de moins de 2 mois. On pu alors consta­ter une baisse gra­duelle du nombre de cas de mé­nin­gite chez les en­fants, et celles dues à l'ac­tion de cette bac­té­rie dis­pa­rurent presque to­ta­le­ment. Ce vac­cin ap­par­tient au­jourd'hui au ca­len­drier des vac­ci­na­tions obli­ga­toires, et tous les en­fants doivent le faire sous la forme de 4 in­jec­tions : à 2, 4, 6 et 15 ou 18 mois. La prin­ci­pale contro­verse se si­tue au­tour des "nou­veaux vac­cins" contre la mé­nin­gite. Ils concernent la lutte contre d'autres bac­té­ries : le pneu­mo­coque et le mé­nin­go­coque. Il est très im­por­tant que les pa­rents s'in­forment cor­rec­te­ment sur ces nou­veaux vac­cins, pour qu'il n'y ait au­cune confu­sion sur la né­ces­si­té ou non d'y pro­cé­der.

Voyons cha­cun de ces cas in­di­vi­duel­le­ment :

Le vac­cin contre la bac­té­rie ap­pe­lée pneu­mo­coque pro­tège le su­jet contre la mé­nin­gite is­sue de cette bac­té­rie. Comme nous l'avons vu, il s'agit d'une mé­nin­gite rare, qui concerne prin­ci­pa­le­ment les bé­bés âgés de moins d'1 an, mais qui peut être dé­vas­ta­trice et lais­ser de graves lé­sions au ni­veau du cer­veau, voire en­traî­ner la mort. Ce vac­cin pro­tè­ge­ra aus­si le su­jet contre les pneu­mo­nies et les otites dues à l'ac­tion de cette même bac­té­rie. De ce fait, les en­fants de moins de 2 ans - et plus en­core, ceux de moins d'1 an - doivent su­bir cette vac­ci­na­tion. Le nombre de doses dé­pend de l'âge du su­jet au mo­ment de la pre­mière vac­ci­na­tion, mais l'en­fant re­çoit en gé­né­ral 4 in­jec­tions à 2, 4, 6 et 18 mois. L'in­con­vé­nient de ce vac­cin est qu'il est as­sez oné­reux. Le vac­cin contre la bac­té­rie ap­pe­lée mé­nin­go­coque sou­lève d'autres pro­blèmes, car il n'en existe pas une seule forme mais plu­sieurs, dé­si­gnées par les lettres A, B et C ; or, le vac­cin dis­po­nible ne pro­tège que de la mé­nin­gite pro­vo­quée par le mé­nin­go­coque C. Le nombre de doses né­ces­saires dé­pend de l'âge de l'en­fant Par­lez-en à votre pé­diatre.

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