À QUOI SERVENT LES VAC­CINS ? ...................... 46

Ma Grossesse - - Sommaire -

Les vac­cins ont consti­tué l'une des grandes avan­cées de la mé­de­cine au siècle der­nier. Grâce à eux, les risques de ma­la­dies graves ont consi­dé­ra­ble­ment di­mi­nué. Les vac­cins sont des re­cours sûrs et ef­fi­caces dans la grande ma­jo­ri­té des cas, et n'oc­ca­sionnent que très ra­re­ment des ré­ac­tions né­ga­tives. Mais si l'on met en ba­lance les risques et les bien­faits, il n'y a au­cun doute à avoir sur les im­menses avan­tages de la vac­ci­na­tion.

De la nais­sance d'un en­fant jus­qu'à son en­trée à l'école - soit, dans les 18 pre­miers mois de sa vie -, les pa­rents savent bien que ce­lui­ci va être vac­ci­né à plu­sieurs re­prises. Mais la ma­jo­ri­té d’entre eux ne savent pas trop à quoi sert pré­ci­sé­ment chaque vac­cin, ni ce qu’il contient. Beau­coup ob­servent en­core avec une cer­taine mé­fiance l’in­fir­mière qui s’ap­proche de l’en­fant ar­mée de sa se­ringue, et s’in­ter­rogent sur l’op­por­tu­ni­té de lui in­fli­ger de telles souf­frances. D’autres craignent les éven­tuelles ré­ac­tions à ces vac­cins, ou ont en­ten­du par­ler de bé­bés qui, même vac­ci­nés, ont souf­fert de telle ou telle ma­la­die.

Le mo­ment est ve­nu de mettre de l’ordre dans vos doutes.

Fi­na­le­ment, qu’est-ce qu’un VAC­CIN ?

Il existe, à l’in­té­rieur du corps de chaque en­fant, des sub­stances ap­pe­lées « an­ti­corps », res­pon­sables de la dé­fense de l’or­ga­nisme contre les in­fec­tions. Chaque fois qu’un vi­rus ou une bac­té­rie pé­nètrent dans l’or­ga­nisme d’un en­fant, ce­lui-ci pro­duit des an­ti­corps pour contrer l’in­trus et le com­battre jus­qu’à ce qu’il soit dé­truit. Pour chaque in­trus, l’or­ga­nisme pro­duit des an­ti­corps spé­ci­fiques. Après

avoir at­teint leur but et dé­truit l’en­va­his­seur, ces an­ti­corps sont conser­vés pour pou­voir éven­tuel­le­ment être uti­li­sés plus tard. Si le même in­trus ve­nait à re­ve­nir dans l’or­ga­nisme, ces an­ti­corps se­raient « ré­veillés » et re­pren­draient le com­bat (comme ils sont dé­jà pré­sents, la dé­fense se­rait cette fois très ra­pide et très ef­fi­cace).

Lors­qu’il naît, l’en­fant pos­sède dé­jà de nom­breux an­ti­corps, dont il a hé­ri­té, pour la ma­jo­ri­té, de sa mère du­rant la gros­sesse. L’en­fant nour­ri au sein re­çoit aus­si, au tra­vers du lait ma­ter­nel, de nom­breux an­ti­corps qui le pro­tègent de mul­tiples at­taques pa­tho­lo­giques. Mais ces dé­fenses

durent peu de temps et, au­tour du 6ème mois de vie, le bé­bé est es­sen­tiel­le­ment dé­pen­dant des an­ti­corps qu’il a lui-même pro­duits.

Le vac­cin contient une parcelle du vi­rus ou de la bac­té­rie qu’il doit com­battre. Pour quelle rai­son ? Parce que l’or­ga­nisme doit d’abord « re­con­naître » ce vi­rus ou cette bac­té­rie, sa­voir à quoi ils res­semblent, pour pou­voir en­suite créer des an­ti­corps sus­cep­tibles de les com­battre.

Dès que le vac­cin est ad­mi­nis­tré, l’or­ga­nisme du bé­bé dis­tingue ce corps étran­ger et se met à pro­duire les an­ti­corps né­ces­saires. Comme le vac­cin ne contient qu’une in­fime quan­ti­té du vi­rus ou de la bac­té­rie, ce­la n’est pas suf­fi­sant pour dé­clen­cher la ma­la­die. Mais l’or­ga­nisme de l’en­fant, lui, pro­duit des an­ti­corps contre tout ce qu’il a re­çu au mo­ment de l’in­jec­tion ; dès que la bac­té­rie y pé­nètre elle est très ra­pi­de­ment dé­truite, avant même d’avoir eu le temps de pro­vo­quer le moindre dom­mage.

Quels sont les vac­cins que les en­fants DOIVENT FAIRE ?

Le ca­len­drier de vac­ci­na­tion peut va­rier se­lon les pays, de même que le do­sage – éva­lué se­lon la né­ces­si­té es­ti­mée par le mé­de­cin, en fonc­tion de chaque or­ga­nisme. La plu­part des vac­cins sont ad­mi­nis­trés dans les 18 pre­miers mois de vie, afin de sti­mu­ler le plus tôt pos­sible le sys­tème im­mu­ni­taire.

Les vac­cins DÉ­CLENCHENT-ILS de nom­breuses ré­ac­tions ?

C’est l’as­pect qui ef­fraie le plus les pa­rents, et cette ques­tion re­vient fré­quem­ment lors des vi­sites chez le pé­diatre. Il est im­por­tant que les pa­rents soient éclai­rés sur ce point, car toute peur doit être désa­mor­cée. Les deux phrases im­por­tantes à ce su­jet sont : - la plu­part des vac­cins n’en­traînent que des ré­ac­tions lé­gères ;

- des ré­ac­tions plus sé­rieuses peuvent se pro­duire, mais elles sont ex­trê­me­ment rares.

Voyons main­te­nant les ré­ac­tions les plus fré­quentes :

- Tu­ber­cu­lose (vac­cin BCG) : en­vi­ron un mois après la vac­ci­na­tion, sur­git un pe­tit no­dule (ou par­fois une ul­cé­ra­tion, c’est à dire une lé­sion cu­ta­née plus pro­fonde) à l’en­droit où le vac­cin a été fait. Au bout de quelques se­maines, quelques mois au pire, le pro­blème se règle et il n’ap­pa­raît plus qu’une pe­tite ci­ca­trice.

- Hé­pa­tite B : Ha­bi­tuel­le­ment, ce vac­cin ne pro­voque pas de ré­ac­tion, au pire une lé­gère fièvre le jour même du vac­cin.

- Diph­té­rie, té­ta­nos et toux convul­sive : Les ré­ac­tions lé­gères à ce vac­cin sont fré­quentes. La plus com­mune est l’ap­pa­ri­tion d’un no­dule (ou pe­tit noeud) dur et par­fois un peu dou­lou­reux à l’en­droit où le vac­cin a été fait. La fièvre peut aus­si se ma­ni­fes­ter, mais elle du­re­ra alors moins de 48 heures. Tou­te­fois, cer­tains en­fants sont en­core ir­ri­tés au-de­là de ce dé­lai.

- Mé­nin­gite (Hé­mo­phi­lus in­fluence b ou Hib) : Ce vac­cin n’en­gendre en prin­cipe au­cune ré­ac­tion né­ga­tive, sauf par­fois une fièvre lé­gère le jour même du vac­cin.

- Po­lio­myé­lite : Le vac­cin contre cette ma­la­die n’en­gendre en prin­cipe au­cune ré­ac­tion.

- Rou­geole, goitre, ru­béole : Suite à la vac­ci­na­tion, on peut voir ap­pa­raître une cer­taine fièvre et/ou des tâches sur le corps, entre 5 et 12 jours après la vac­ci­na­tion. Ces marques ne res­tent ha­bi­tuel­le­ment que 2 ou 3 jours.

Quelles PRÉ­CAU­TIONS doit-on prendre ?

Il est im­por­tant de pro­cé­der aux vac­ci­na­tions aux dates pré­vues. De même, à chaque vi­site à un centre de san­té on consul­te­ra le bul­le­tin des vac­ci­na­tions obli­ga­toires ou re­com­man­dées (ou bien on se ren­sei­gne­ra au­près de son pé­diatre). Le jour de la vac­ci­na­tion, il peut être né­ces­saire de don­ner à son fils un sup­po­si­toire de pa­ra­cé­ta­mol, qui sou­lage dou­leurs et fièvre. Si né­ces­saire, on re­nou­vel­le­ra l'opé­ra­tion au bout de 6 heures (mais dans la grande ma­jo­ri­té des cas, un seul suf­fit). On peut aus­si ap­pli­quer un gel lo­cal à l'en­droit où le vac­cin a été in­jec­té. Si on a ou­blié de faire tel ou tel vac­cin, on contac­te­ra son pé­diatre : très sou­vent, on pour­ra y pro­cé­der im­mé­dia­te­ment, mais il existe des ex­cep­tions.

Les vac­cins peuvent-ils être DAN­GE­REUX ?

La rai­son la plus fré­quente pour la­quelle on re­met­tra un vac­cin à plus tard est l'état ma­lade d'un en­fant - mais l'ex­cès de zèle en est sou­vent à l'ori­gine... Si l'on est vrai­ment ri­gou­reux, on ne re­por­te­ra la date du vac­cin que si l'en­fant pré­sente une fièvre su­pé­rieure à 38,5°C. Or, des vac­ci­na­tions sont fré­quem­ment re­pous­sées alors que l'en­fant ne souffre que d'une lé­gère consti­pa­tion. En fait, dans tous les cas de fi­gure, le bon sens doit tou­jours pré­va­loir, et un dé­ca­lage de quelques jours ne pré­sente pas d'in­con­vé­nient ma­jeur.

Comme il est ad­mi­nis­tré sous forme de gouttes, le vac­cin contre la po­lio­myé­lite de­vra être re­tar­dé si l'en­fant souffre de vo­mis­se­ments ou de diar­rhées. Une rai­son im­por­tante qui fe­ra que l'on évite tel ou tel vac­cin, c'est une ré­ac­tion grave ob­te­nue lors d'une in­jec­tion an­té­rieure de ce même vac­cin (ce qui reste très rare). Au moindre doute, par­lez-en au pé­diatre.

Hor­mis les vac­cins obli­ga­toires, faut-il EN FAIRE D’AUTRES ?

Cer­tains vac­cins non obli­ga­toires sont ven­dus en phar­ma­cie, et les pa­rents ignorent s'ils doivent - ou non - les ad­mi­nis­trer à l'en­fant. Par­mi les prin­ci­paux exemples, on peut ci­ter le vac­cin contre l'hé­pa­tite A, ce­lui contre le pneu­mo­coque et ce­lui contre le mé­nin­go­coque.

Voi­ci quelques pré­ci­sions sur les deux pre­miers ci­tés :

LE VAC­CIN CONTRE L’HÉ­PA­TITE A.

Cette ma­la­die est pro­vo­quée par un vi­rus, mais elle passe in­aper­çue chez la plu­part des jeunes en­fants et se soigne sans re­cou­rir à un trai­te­ment. L'hé­pa­tite A touche fré­quem­ment les en­fants is­sus d'un mi­lieu très mo­deste et qui vivent dans des condi­tions pré­caires. Le vac­cin se­ra re­com­man­dé dans les zones où la ma­la­die ap­pa­raît sou­vent. En re­vanche, lorsque cette ma­la­die est contrac­tée à l'âge adulte, elle peut avoir des consé­quences graves. Pour cette rai­son, cer­tains mé­de­cins pré­co­nisent de s'en pré­mu­nir par sou­ci de pré­ven­tion, ce qui offre deux avan­tages: on éli­mi­ne­ra le risque de la contrac­ter jeune (donc, le risque de conta­gion en­vers des adultes) ; on éli­mi­ne­ra d'em­blée le risque de la contrac­ter une fois adulte. La dé­ci­sion de pro­cé­der à ce vac­cin ap­par­tient aux pa­rents et au pé­diatre de l'en­fant. Néan­moins, on le re­com­man­de­ra vi­ve­ment si l'en­fant est ame­né à voya­ger dans des zones sen­sibles, no­tam­ment l'Afrique et l'Asie.

LE VAC­CIN CONTRE LE PNEU­MO­COQUE

Cette bac­té­rie est à l'ori­gine de plu­sieurs ma­la­dies graves (otites, pneu­mo­nies, mé­nin­gite), prin­ci­pa­le­ment chez les bé­bés de moins de 2 ans. Comme elle est une des causes pos­sibles de la mé­nin­gite, le vac­cin y cor­res­pon­dant est aus­si par­fois sur­nom­mé "nou­veau vac­cin de la mé­nin­gite".

Mais, la mé­nin­gite pou­vant pro­ve­nir de mul­tiples vi­rus ou bac­té­ries, il n'existe au­cun vac­cin qui puisse re­ce­voir cette ap­pel­la­tion. On pour­ra éven­tuel­le­ment par­ler de vac­cin contre l'hé­mo­phi­lus, l'une des bac­té­ries res­pon­sables.

Le pneu­mo­coque est à l'ori­gine de moins de 10% des mé­nin­gites cau­sées par des bac­té­ries, mais celles-ci sont en gé­né­ral très graves. Pour cette rai­son, c'est un vac­cin que l'on de­vrait ad­mi­nis­trer à tous les bé­bés de moins de 2 ans. Le vac­cin s'ef­fec­tue en plu­sieurs fois (le nombre d'in­jec­tions dé­pend de l'âge du su­jet) et peut être fait en même temps que les vac­cins obli­ga­toires.

CONCLU­SION

Les vac­cins ont consti­tué une fan­tas­tique avan­cée pour la mé­de­cine au siècle der­nier. Grâce à eux, il fut pos­sible de di­mi­nuer consi­dé­ra­ble­ment l'émer­gence de cer­taines ma­la­dies graves pou­vant tou­cher les en­fants - comme les adultes. On réus­sit même à en éli­mi­ner quelques unes comme la va­riole, qui a ces­sé d'exis­ter grâce à la vac­ci­na­tion.

Les vac­cins sont sûrs et ef­fi­caces dans la grande ma­jo­ri­té des cas, et ne pro­voquent que très peu de ré­ac­tions in­dé­si­rables. Si l'on met en ba­lance les risques et les bien­faits de la vac­ci­na­tion, les avan­tages l'em­portent très lar­ge­ment. Il est im­por­tant que les pa­rents, de plus en plus in­té­res­sés et im­pli­qués dans la san­té de leurs en­fants, sachent pré­ci­sé­ment ce que sont les vac­cins et puissent dis­tin­guer la vé­ri­té des men­songes ou lé­gendes sus­cep­tibles d'exis­ter sur ce thème.

Dans un fu­tur proche, de nou­veaux vac­cins vont ap­pa­raître pour lut­ter contre des ma­la­dies graves dont cer­taines peuvent concer­ner les en­fants en bas âge. C'est un do­maine en per­pé­tuelle évo­lu­tion, et que les mé­de­cins sur­veillent avec at­ten­tion.

Comme tou­jours, en cas de doute, consul­tez votre pé­diatre. Les vac­cins sont sûrs et ef­fi­caces dans la grande ma­jo­ri­té des cas, et ne pro­voquent que très peu de ré­ac­tions in­dé­si­rables. Si l'on met en ba­lance les risques et les bien­faits de la vac­ci­na­tion, les avan­tages l'em­portent très lar­ge­ment.

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