Qui est cet in­trus ?

Ma Grossesse - - Famille -

Quand la voi­ture s’est ar­rê­tée de­vant la porte de la mai­son et que la jeune ma­man, tout juste sor­tie de la ma­ter­ni­té, s’est ap­prê­tée à sor­tir avec le couf­fin dans ses bras, le pe­tit Maxime – dé­sor­mais frère aî­né – n’a pu se re­te­nir et a fon­du en larmes : dé­sor­mais, il fau­drait par­ta­ger l’af­fec­tion de ses pa­rents avec le nou­veau ve­nu. Pour­tant il y en avait eu des conver­sa­tions et des ex­pli­ca­tions pour ten­ter de le pré­pa­rer à cette si­tua­tion nou­velle ! Maxime était même ve­nu trois fois à la ma­ter­ni­té pour dé­cou­vrir en chair et en os ce pe­tit frère que la na­ture lui ap­por­tait (alors qu’il n’avait rien de­man­dé, se di­sait-il !). Ain­si, un in­trus al­lait en­trer dans SA mai­son ? Et y res­ter, en plus ? Et par­ta­ger sa chambre ? Et jouer avec ses ob­jets à lui, Maxime ? Et lui vo­ler l’af­fec­tion de sa ma­man ? Mais il n’en était ab­so­lu­ment pas ques­tion !

L’ar­ri­vée d’un pe­tit bé­bé est tou­jours mal ac­cueillie du point de vue de l’aî­né… et du se­cond, et du troi­sième, et ain­si de suite, car cha­cun des en­fants pré­cé­dents connaît alors le même genre dou­leur : on n’est plus le pe­tit der­nier, l’at­ten­tion ne se­ra plus la même, l’uni­vers au­quel on s’était ha­bi­tué a vo­lé en éclats. Ces ci­ca­trices pro­fondes mettent du temps à dis­pa­raître.

Mais si tout se passe bien, en re­vanche, le bé­né­fice est in­dé­niable : bien vé­cues, ces ja­lou­sies d’en­fant peuvent en ef­fet ap­por­ter aux uns et aux autres, par la suite, une cer­taine ma­tu­ri­té. Ils au­ront ap­pris à souf­frir, à par­ta­ger et à dé­pas­ser la dou­leur, au­tant d’ex­pé­riences d’une in­con­tes­table va­leur dans leur dé­ve­lop­pe­ment fu­tur. Même chez les plus ja­loux…

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