: Mar­tine Liau­taud.

IS­SUE DU MONDE DE LA FI­NANCE, LA PRÉ­SI­DENTE FON­DA­TRICE DE LA WO­MEN INI­TIA­TIVE FOUN­DA­TION BOUS­CULE LES CODES DU LEA­DER­SHIP.

Madame Figaro - - Sommaire -

Une heure de ré­veil ?

6 heures, pour prendre mon temps.

Le pitch de votre poste ? Je suis pré­si­dente de Liau­taud et Cie, société de con­seil stra­té­gique et d’in­gé­nie­rie fi­nan­cière, au­près de groupes du Cac 40 et de leurs di­rec­tions gé­né­rales.

Et, de­puis 2015, je suis pré­si­dente fon­da­trice de la Wo­men Ini­tia­tive Foun­da­tion (WIF), qui re­groupe des ac­ti­vi­tés phi­lan­thro­piques et oc­cupe 50 % de mon temps. La fon­da­tion pro­meut les femmes dans le monde des af­faires, qu’elles soient en­tre­pre­neures en crois­sance ou cadres dans les grands groupes.

Nous dé­ve­lop­pons des pro­grammes de trai­ning et de lea­der­ship, en Ca­li­for­nie à Stan­ford avec BNP Pa­ri­bas par exemple, pro­dui­sons des études chif­frées, des pro­grammes de men­to­ring en France, aux États-Unis et bien­tôt au Canada.

Des ré­sul­tats à don­ner ? On a ai­dé quelque trois cents femmes en­tre­pre­neures à pas­ser une étape dé­ci­sive dans leur dé­ve­lop­pe­ment.

Votre dé­fi­ni­tion du lea­der­ship ? Il faut une vi­sion. Et plus que ja­mais en­traî­ner les autres.

Si l’on re­monte à l’ori­gine ? J’ai gran­di avec des pa­rents for­mi­dables, qui ont eu cinq en­fants. Un père po­ly­tech­ni­cien, di­rec­teur de re­cherche aé­ro­spa­tiale, très brillant, sauf dans les af­faires ! Il m’a don­né confiance en moi et le sens des res­pon­sa­bi­li­tés. Ma mère, mal­gré des études de droit, n’a ja­mais tra­vaillé. Ce­la lui a man­qué.

Un évé­ne­ment qui a tout dé­clen­ché ?

À 22 ans, le ban­quier Jack Fran­cès, qui m’a em­bau­chée à la Banque de Suez (après Sciences Po et des études de droit). Un gé­nie aty­pique (pré­sident du di­rec­toire d’In­do­suez no­tam­ment, mort en 2005, NDLR). En­trée au dé­par­te­ment d’ex­ploi­ta­tion ban­caire, j’étais, à 30 ans, di­rec­trice de banque, as­so­ciée quelques an­nées plus tard. À 38 ans, je réus­sis­sais très bien, j’avais di­ri­gé des pri­va­ti­sa­tions… Mais je cher­chais mon ta­lent à moi. J’ai sui­vi le Stan­ford Exe­cu­tive Pro­gram et créé ma banque d’af­faires. Si je ne l’avais pas fait, j’au­rais eu l’im­pres­sion que mon des­tin m’échap­pait.

Être une femme dans la banque ? Au dé­but, on m’a sous-es­ti­mée. Quelle li­ber­té ! On di­sait que j’ai­mais rire, c’était ma ma­nière de por­ter des mes­sages sé­rieux, d’en­traî­ner les gens.

Qu’est-ce qu’une vie réus­sie ? J’ai eu ma pé­riode Ras­ti­gnac, même si j’ai créé des équipes et des em­plois. Vient ce mo­ment où l’on s’in­ter­roge. Pas­sé 45 ans, on com­prend que si le mou­ve­ment de la vie n’est pas tour­né vers les autres, il n’est pas in­té­res­sant. Quand est ar­ri­vée la loi sur les quo­tas, j’étais at­ter­rée par les chiffres. J’ai pris mes res­pon­sa­bi­li­tés pour ai­der les femmes en­tre­pre­neures. Tout est im­por­tant dans la vie, mais rien n’est grave, sauf la ma­la­die et la mort de gens que vous ai­mez. Le reste, il faut l’abor­der avec le plus de gé­né­ro­si­té, d’en­thou­siasme, de beau­té pos­sible.

PAR VI­VIANE CHOCAS / PHO­TO LÉA CRESPI

BU­SI­NESS MAN­TRA « Pen­ser plus haut, plus large, et avec les autres. Il faut rê­ver d’abord, en­suite ac­com­plir. Je crois aux faits. »

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