VÉ­RO­NIQUE OL­MI, écri­vain

“J’AI­MAIS SES DÉ­FAUTS À LA FO­LIE”

Madame Figaro - - Mag/décryptage -

J’ai ren­con­tré tar­di­ve­ment mon pre­mier amour, ce­lui que vous donne l’autre et ce­lui que vous ve­nez cher­cher chez l’autre. Mes grands-pa­rents, qui avaient été pré­sen­tés pour un ma­riage ar­ran­gé, ont eu huit en­fants et ont vé­cu en­semble jus­qu’à leur mort.

Chaque soir avant de s’en­dor­mir, ils se de­man­daient : “Tu m’aimes ?” S’ils se po­saient cette ques­tion (que j’en­ten­dais pos­tée der­rière la cloi­son), c’est qu’ils trou­vaient que l’amour n’avait rien d’évident : ils vou­laient se ras­su­rer. Cette quête me semble fon­da­men­tale.

Ils ha­bi­taient une mai­son qui s’ap­pe­lait “Les Gly­cines” – un ar­buste dont les branches s’en­tre­mêlent sans lais­ser d’es­pace. Pour moi, leur amour, c’était jus­te­ment cet en­che­vê­tre­ment in­dé­mê­lable. Long­temps, j’ai de­man­dé aux hommes l’im­pos­sible. Alors, on se quit­tait. Le jour où j’ai re­con­nu mon pre­mier grand amour est aus­si le jour où j’ai com­pris que j’ai­mais ses dé­fauts à la fo­lie. » « Ba­khi­ta », Édi­tions Al­bin Mi­chel (prix du Ro­man Fnac 2017). Et « Le Pre­mier Amour », Édi­tions Gras­set.

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