“J’ai par­fois du mal à en­tendre geindre des per­sonnes aux­quelles on de­mande de tra­vailler une de­mi­heure de plus ou de dé­ca­ler leurs va­cances. D’un autre cô­té, j’ai ap­pris aus­si qu’on peut être je­té comme un Klee­nex.”

Magazine M - - Le Magazine - Jean Ca­riou, ex-li­Cen­Cié éCo­no­mique

en­tendre cer­taines per­sonnes geindre parce qu’on leur de­mande de tra­vailler une de­mi-heure de plus ou de dé­ca­ler leurs va­cances de quelques jours. Quand tu sais ce que si­gni­fie ne pas avoir de bou­lot, tu prends for­cé­ment du re­cul. D’un autre cô­té, j’ai aus­si ap­pris qu’on peut être je­té comme un Klee­nex. Je fais mon tra­vail avec conscience pro­fes­sion­nelle avec le pe­tit coup de rein sup­plé­men­taire s’il le faut, mais pas au-de­là. » Même au tout dé­but de son in­té­gra­tion, Jean n’a ja­mais sen­ti que ses col­lègues de tra­vail trai­taient dif­fé­rem­ment l’an­cien chô­meur qu’il était : « Il faut dire que je me mon­trais le plus rayon­nant pos­sible. Même si j’étais dé­truit à l’in­té­rieur, à la li­mite de la dé­pres­sion, je sur­jouais le cô­té positif. » Phi­lippe Ci­rier, de l’agence In Up, note d’ailleurs qu’en l’es­pace d’une tren­taine d’an­nées les re­gards ont chan­gé dans le monde de l’en­tre­prise : « Une pé­riode de chô­mage dans un par­cours pro­fes­sion­nel n’est plus un fac­teur dis­cri­mi­nant qui va mar­quer l’in­té­gra­tion d’un sa­la­rié. Le phé­no­mène s’est ba­na­li­sé. » L’an­cien chô­meur, un sa­la­rié comme les autres ? C’est bien la seule consé­quence po­si­tive du chô­mage de masse.

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