Au coeur d’une ré­gion stra­té­gique et in­stable, le ré­gime d’Il­ham Aliev se pose en rem­part contre l’in­té­grisme re­li­gieux et le ter­ro­risme.

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mos­quées, une sy­na­gogue et un lieu de culte or­tho­doxe. Si l’Azer­baïd­jan compte 94 % de mu­sul­mans (chiites pour la plu­part), c’est un pays laïc et pion­nier: les femmes ont ob­te­nu le droit de vote vingt-cinq ans avant la France, en 1918. Ici, les mos­quées sont muettes, les femmes, têtes nues, et Is­raël y a une am­bas­sade. Un es­prit d’ou­ver­ture es­sen­tiel dans la conso­li­da­tion de ses liens avec l’Oc­ci­dent. Un sa­cré le­vier, aus­si, pour ten­ter d’in­flé­chir la po­li­tique européenne en sa fa­veur sur l’épi­neux dos­sier du Na­gor­ny-Ka­ra­bakh, l’une de ces guerres que l’on a ten­dance à ou­blier. Ce­la fait plus de vingt ans que cette ré­gion, à l’ouest du pays, est pas­sée sous l’au­to­ri­té des sé­pa­ra­tistes ar­mé­niens. Un conflit qui ne fait plus la « une » des jour­naux oc­ci­den­taux de­puis long­temps, mais qui conti­nue de faire des morts (30000 jus­qu’ici). Fin oc­tobre 2014, Fran­çois Hol­lande a re­çu à l’Ely­sée les pré­si­dents ar­mé­nien et azé­ri pour ten­ter de par­ve­nir à un ac­cord. Sans suc­cès. Stras­bourg. Elle a éga­le­ment investi plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’eu­ros dans l’Orne. Près de 70 000 eu­ros sont ver­sés chaque an­née de­puis trois ans à la Fon­da­tion du pa­tri­moine de Basse-Nor­man­die. « Cet ar­gent nous per­met no­tam­ment de res­tau­rer des églises, comme celle de Saint-Hi­laire la Gé­rard », pré­cise Nathalie Gou­let, proche de la pre­mière dame, qui se fé­li­cite aus­si d’avoir « ven­du des vaches » aux Azé­ris. « Moi, je fais de la real­po­li­tik, ajoute-t-elle. Mais ce­la ne nous em­pêche pas de dis­cu­ter des droits de l’Homme. Ce n’est pas un su­jet ta­bou. » La Fon­da­tion Gueï­dar-Aliev n’est pas la seule à oeu­vrer dans la pro­mo­tion de l’Azer­baïd­jan. Le Cercle eu­ro­péen d’Azer­baïd­jan (TEAS), ins­tal­lé de­puis 2012 dans le très chic quar­tier du 7e ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, es­saime un peu par­tout en Eu­rope. Créé en 2008 à Londres par un homme d’af­faires azé­ri, il dis­pose éga­le­ment de bu­reaux à Bruxelles, Ber­lin et Is­tan­bul. Son ob­jec­tif ? « Rap­pro­cher l’Azer­baïd­jan de l’Eu­rope », ex­plique son di­rec­teur, le lob­byiste bri­tan­nique Lio­nel Zet­ter. Ex­po­si­tions et concours de pho­to­gra­phie, concerts, fo­rum éco­no­mique, voyages dé­cou­vertes or­ga­ni­sés pour les dé­pu­tés, or­ga­ni­sa­tions de réunions-dé­bats avec les po­li­tiques… « La par­tie la plus dif­fi­cile de notre tra­vail est de faire sa­voir que le conflit qui op­pose le pays à l’Ar­mé­nie a gé­né­ré plus d’un mil­lion de ré­fu­giés et que nous sommes fa­vo­rables à une so­lu­tion pa­ci­fique, dit-il. Nous vou­lons éta­blir notre ré­pu­ta­tion de gens rai­son­nables et justes. » Mais la sou­ve­rai­ne­té de l’Azer­baïd­jan sur le Na­gor­ny-Ka­ra­bakh n’est pas né­go­ciable, pré­cise-t-il. L’Ar­mé­nie, qui avait boy­cot­té le concours de l’Eu­ro­vi­sion en 2012, a an­non­cé dé­but mars sa pré­sence aux Jeux eu­ro­péens. « C’est la preuve du pou­voir du sport ! », se ré­jouit Simon Clegg.

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