Le DJ et chan­teur Yuk­sek.

Fi­gure de l’élec­tro fran­çaise, le Ré­mois a in­vi­té plu­sieurs ar­tistes dans son nou­vel al­bum, “Nous Ho­ri­zon”, à l’at­mo­sphère soul et dis­co. Nous Ho­ri­zon, de Yuk­sek, 1 CD Par­ty­fine/Bar­clay/Uni­ver­sal (à pa­raître le 24 fé­vrier). En concert le 12 avril, à La C

Magazine M - - La Culture - Par Sté­phane Da­vet

Je ne me suis ja­mais consi­dé­ré comme un vrai chan­teur. Je ne me sens pas vrai­ment à ma place comme lead sin­ger en stu­dio et en­core moins sur scène. À mes dé­buts, je pro­dui­sais sur­tout une tech­no ins­tru­men­tale où la voix était très tra­fi­quée. Au­jourd’hui, j’aime écrire des mor­ceaux, mais la voix reste un simple ins­tru­ment. Je n’ai pas de chan­sons à texte. C’est d’ailleurs pour ce­la que j’écris en an­glais. En fran­çais, je res­sen­ti­rais plus for­te­ment le be­soin de sens, mais je suis trop im­pres­sion­né par les grands pa­ro­liers pour m’es­sayer à ça. Nous Ho­ri­zon est proche de la soul et du dis­co. J’aime ces sons pro­duits entre 1976 et 1982, quand cette mu­sique était en­core jouée avec de vrais ins­tru­ments. Je chante sur les titres les plus non­cha­lants, ceux qui ne de­mandent pas trop de tech­nique. Pour les autres, j’ai pro­po­sé à des in­vi­tés de s’en char­ger. J’ai ren­con­tré Vic­tor Solf, un des deux chan­teurs du groupe Her. Puis, après avoir croi­sé les Lon­do­niens de Bre­ton en tour­née, j’ai de­man­dé à leur chan­teur, Ro­man Rap­pak, d’in­ter­pré­ter Live Alone. J’aime sa fa­çon très an­glaise de bouf­fer les mots, ce­la ajoute du mys­tère et donne à son chant une émo­tion par­ti­cu­lière. J’ai contac­té la chan­teuse grecque Mó­ni­ka, qui in­ter­prète deux titres, lors d’une tour­née aux États-Unis. Nous nous sommes croi­sés à Los An­geles, où elle ha­bi­tait alors. J’avais ado­ré le single Se­cret in the Dark, qu’elle avait en­re­gis­tré avec les Dap-Kings. Il y avait le groove sen­suel du dis­co, mais aus­si une fra­gi­li­té un peu an­dro­gyne. Je ne suis pas un grand fan des voix fé­mi­nines du R’n’B. Ces filles savent presque trop bien chan­ter, leurs mu­siques sur­pro­duites im­posent des émo­tions à la pelle sans m’en pro­cu­rer une seule. Plu­tôt que tra­vailler par échange de fi­chiers nu­mé­riques, j’ai de­man­dé à ces ar­tistes de ve­nir dans mon stu­dio, à Reims. Le lieu est spa­cieux, con­for­table, avec beau­coup de ma­té­riel et d’ins­tru­ments. Comme je peux re­ce­voir des gens dans ma grande mai­son, j’ai l’im­pres­sion de faire à la fois stu­dio d’en­re­gis­tre­ment et Bed and Break­fast. J’ai conscience que ce prin­cipe de fea­tu­ring pose un vé­ri­table cas­se­tête quand vient l’heure des concerts. Mó­ni­ka vit en Grèce, Her va sor­tir son pre­mier al­bum et tourne sans ar­rêt… Nous sommes quatre ins­tru­men­tistes sur scène et je nous vois mal jouer avec des voix en­re­gis­trées, sa­chant que je suis in­ca­pable de chan­ter les titres de mes in­vi­tés. Je n’ai ni leur tes­si­ture ni leur vé­lo­ci­té… Nous es­sayons de trou­ver des dates où tout le monde est là. Pour l’ins­tant, sont ca­lés les concerts de La Ci­gale et du Printemps de Bourges. J’ai par ailleurs de quoi m’oc­cu­per, avec mes DJ sets, mes pro­duc­tions et les com­po­si­tions de mu­siques de film.

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