Le grand dé­fi­lé The­re­sa May.

LA PRE­MIÈRE MI­NISTRE BRI­TAN­NIQUE NE S’HABILLE JA­MAIS PAR HASARD. ET, FRAN­CHE­MENT, C’EST TANT MIEUX.

Magazine M - - Le Sommaire - marc beau­gé par

III 2011, sceau dans le vIde.

Quatre ans plus tard, Ma­dame May, de­ve­nue se­cré­taire d’État à l’in­té­rieur et mi­nistre des femmes et des éga­li­tés, as­siste à une com­mé­mo­ra­tion en mé­moire des vic­times du 11-Sep­tembre à la ca­thé­drale Saint-Paul. Pour l’oc­ca­sion, elle ar­bore un flam­boyant « cha­peau sceau » en soie et ve­lours, fai­sant en­core la dé­mons­tra­tion de sa clair­voyance ves­ti­men­taire. Car, si l’homme doit im­pé­ra­ti­ve­ment re­ti­rer son couvre-chef dans les lieux de culte, la femme a tout loi­sir de le gar­der. Parce que, dit-on, il lui se­rait trop com­pli­qué de se re­coif­fer en­suite. Mais nul doute que, pour ce­la aus­si, The­re­sa au­rait une so­lu­tion…

Iv 2012, bleu de chauffe.

un an après, The­re­sa est en­core de sor­tie. La mi­nistre as­siste à la re­mise de l’Asian Wo­men of Achie­ve­ment Awards. Mal­gré son im­po­pu­la­ri­té (The­re­sa a dans l’idée de ré­duire le nombre de mi­grants au royaume-uni en in­ter­di­sant le re­grou­pe­ment fa­mi­lial aux plus pauvres d’entre eux), ne comp­tez pas sur elle pour com­mettre un im­pair sty­lis­tique. Ce soir-là, sa robe tur­quoise est ins­pi­rée du sa­ri tra­di­tion­nel, ap­pa­ru en 100 av. j.-C. et en­core très po­pu­laire au­jourd’hui en Asie du Sud. Trop forte, cette The­re­sa.

I 2004, mère cou­rage.

An­cienne ban­quière, an­cienne consul­tante fi­nan­cière, The­re­sa May, 48 ans, est en train de faire son trou chez les conser­va­teurs. Et le se­cret de sa réus­site tient évi­dem­ment à son sens ai­gu du dé­tail. Ain­si, ce jour-là, The­re­sa se rend à la re­mise du prix de l’en­fant le plus cou­ra­geux de l’an­née, vê­tue de la te­nue idéale pour dé­par­ta­ger les can­di­dats. De fait, le ga­min qui ose­ra re­gar­der sans sour­ciller, et sans dé­faillir, cet en­semble gris à im­pri­mé pais­ley géant mé­ri­te­ra lar­ge­ment son titre. N’est-ce pas ?

II 2007, À boue por­tant.

Trois ans plus tard, The­re­sa avance tou­jours vite et bien. Sur la scène de la confé­rence du Par­ti conser­va­teur, à Black­pool, elle dé­am­bule dans des wel­lies, des bottes an­glaises nom­mées ain­si en hom­mage à Ar­thur Wel­les­ley, pre­mier duc de Wel­ling­ton et grand ama­teur de marche dans la boue. Chaus­sée de la sorte, The­re­sa cher­chet-elle à dé­ter­mi­ner l’élu conser­va­teur le plus cou­ra­geux de l’an­née ? Non. Elle a pré­vu, dans la fou­lée, de vi­si­ter un jar­din com­mu­nau­taire de Black­pool. Quelque chose à y re­dire ?

v 2016, coup de sangle.

À force de pen­ser à tout, The­re­sa May a donc fi­ni par grim­per jus­qu’à Dow­ning Street. Mais, dé­sor­mais char­gée de mettre en place le Brexit, elle sait que le che­min se­ra long, ca­ho­teux et pé­nible. Alors, elle a at­tra­pé ses bâ­tons de marche, san­glé son sac à dos, en­fi­lé son po­lo rouge et coin­cé ce­lui-ci dans son pan­ta­lon de marche en po­ly­es­ter et élas­thanne. Ce­la suf­fi­ra-t-il cette fois ? No­bo­dy knows.

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