Et Fran­çois Hol­lande ces­sa d’être pré­sident.

Le 7 mai, à l’Élysée, le pré­sident sor­tant et ses convives as­sistent à la vic­toire d’Em­ma­nuel Ma­cron.

Magazine M - - Le Sommaire - Solenn de Royer par An­tho­ny GeRAce col­lages

Comme on at­tend mi­nuit le 31 dé­cembre, il faut at­tendre 20 heures. On fait sem­blant d’être en­joué mais c’est un peu for­cé. Qu’im­porte, c’est un pas­sage obli­gé en cette nuit élec­to­rale du 7 mai 2017. Fran­çois Hol­lande l’a re­con­nu lui-même un peu plus tôt dans la jour­née, dans le Fal­con qui le ra­me­nait de Cor­rèze, où il a vo­té : «Ona­beau le sa­voir avant, c’est tou­jours la té­lé­vi­sion qui vient consa­crer le vain­queur.C’est àce­mo­ment-là qu’on réa­lise vrai­ment.» Conviés à 19 heures, les in­vi­tés du pré­sident, ses mi­nistres et conseillers, ont in­ves­ti la salle des fêtes de l’Élysée, au rez-de-chaus­sée du pa­lais, avec conjoints et en­fants. Em­bed­ded pour cette nuit his­to­rique, on se glisse dis­crè­te­ment par­mi eux, le ventre un peu pin­cé, aux aguets mais l’air de rien, comme si notre pré­sence al­lait de soi, ce qui n’est évi­dem­ment pas le cas. De­vant les lourdes ten­tures rouges, le chef Ch­ris­tophe Go­mez a ins­tal­lé un somp­tueux buf­fet : huîtres, cre­vettes flam­bées et pe­tits fours so­phis­ti­qués. Du vin et des jus de fruits mais pas de cham­pagne. Il n’est pas ques­tion de cé­lé­brer trop os­ten­si­ble­ment la vic­toire de l’an­cien conseiller ély­séen qui avait pro­mis trois ans plus tôt, lors de son pot de dé­part, dans ce même sa­lon d’ap­pa­rat, qu’il fe­rait tout pour ai­der Fran­çois Hol­lande à être ré­élu en 2017. Avant 20 heures, le pré­sident sor­tant a ras­sem­blé ses mi­nistres dans son bu­reau, au pre­mier étage du pa­lais. Il leur de­mande de res­ter eux­mêmes, de ne pas ou­blier leurs ra­cines so­cia­listes, alors que le vain­queur de la pré­si­den­tielle a ca­pi­ta­li­sé sur l’ef­fa­ce­ment du cli­vage droite-gauche. «Ilyaen­core de la place pour la­so­cial-dé­mo­cra­tie dans ce pays, dit-il. Vous ne réus­si­rez pas àcons­truire l’ave­nir si vous n’af­fir­mez pas votre iden­ti­té. » Après avoir été long­temps per­sua­dé qu’Em­ma­nuel Ma­cron n’au­rait pas de ma­jo­ri­té, Fran­çois Hol­lande croit en­core à un sur­saut élec­to­ral des par­tis tra­di­tion­nels et du PS en par­ti­cu­lier. Il ignore en­core à quel point il se trompe. Mais les mi­nistres qui l’écoutent ce soir-là com­prennent que le pré­sident sor­tant n’a nul­le­ment l’in­ten­tion d’ar­rê­ter la po­li­tique. At­ten­due sur les pla­teaux té­lé­vi­sés, une poi­gnée de mi­nistres, dont Sté­phane Le Foll, Mat­thias Fekl ou Au­drey Azou­lay, s’éclipsent ra­pi­de­ment. Plu­sieurs poids lourds du gou­ver­ne­ment ( Sé­go­lène Royal, Jean- Yves Le Drian, Jean-Jacques Ur­voas…) n’ont pas ré­pon­du pré­sents à l’in­vi­ta­tion. Les autres des­cendent re­joindre la salle des fêtes. Il va bien­tôt être 20 heures. Les convives se pressent au­tour du té­lé­vi­seur, ins­tal­lé sous la ver­rière du jar­din d’hi­ver. Bernard Ca­ze­neuve et Jean- Marc Ay­rault, les deux pre­miers mi­nistres du quin­quen­nat, sur trois, à être res­tés fi­dèles, en­cadrent Fran­çois Hol­lande, l’un à droite, l’autre à gauche. Comme un cor­don de sé­cu­ri­té au­tour de ce pré­sident, sou­dain si vul­né­rable. On ai­me­rait re­gar­der ailleurs, mais il faut bien être un peu voyeur, ne pas se dé­ro­ber. •••

••• Scru­ter in­ten­sé­ment ce vi­sage pour ten­ter d’y dé­ce­ler une ombre, un fré­mis­se­ment, une émo­tion, n’im­porte quoi, un in­dice, même in­fime, mi­nus­cule, qui nous di­rait ce qu’il pense ou ce qu’il res­sent, ce pré­sident dont le pouvoir s’en va, là, main­te­nant, bru­ta­le­ment, lui glisse sou­dain entre les doigts. Le front plis­sé, les mains croi­sées de­vant lui, l’air un peu absent, même s’il fixe l’écran, Fran­çois Hol­lande écoute Da­vid Pu­ja­das évo­quer la cam­pagne «la­plus in­cer­taine de­puis long­temps» . «C’est aus­si ce soir le dé­but d’une nouvelle ère, meuble le pré­sen­ta­teur de France 2, puisque ce se­ra un pré­sident de la Ré­pu­blique qui n’a ja­mais exer­cé ce pouvoir-là… » Fran­çois Hol­lande s’es­claffe – «Ben oui, bien sûr!» – presque sou­la­gé de pouvoir iro­ni­ser en cet ins­tant si so­len­nel. Tout le monde rit, un peu trop fort. Le si­lence re­tombe. Cette fois, il est 20 heures. La sil­houette d’Em­ma­nuel Ma­cron se des­sine len­te­ment à l’écran, de même que son score pro­vi­soire : 65,1 %. «Soixante-cinq, vir­gule un » , mur­mure le pré­sident, les yeux écar­quillés. Ti­ré à quatre épingles, Bernard Ca­ze­neuve se tourne vers la se­cré­taire d’État en charge de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle Clo­tilde Val­ter. Chi­rur­gi­cal : «C’est bien, c’est net.» Hol­lande, lui, ne dit rien. Il reste fi­gé un ins­tant. Puis, dans un ef­fort pour s’ex­traire de ses pensées, il ap­plau­dit, aus­si­tôt imi­té par la pe­tite as­sem­blée. «Des ap­plau­dis­se­ments sin­cères, se sou­vient l’ex-mi­nistre de l’éco­no­mie, Mi­chel Sa­pin. Ni hy­po­crites ni en­thou­siastes.» Da­vid Pu­ja­das a lais­sé la pa­role à Laurent De­la­housse : «Em­ma­nuel Ma­cron suc­cé­de­ra àF­ran­çois Hol­lande dans quelques jours. Il de­vient à39ans le plus jeune pré­sident de la Ve Ré­pu­blique…» Un voile de tris­tesse passe dans les yeux du sor­tant. Au car­rou­sel du Louvre, les ca­mé­ras filment la danse des dra­peaux fran­çais agi­tés par les par­ti­sans du vain­queur. «Il­se­pré­pa­rait, mais àcet ins­tant, il sait qu’il n’est plus le pré­sident élu» , lâche le mi­nistre des sports, Pa­trick Kan­ner, deux pas der­rière. Lui aus­si a ob­ser­vé le vi­sage du pré­sident, son émo­tion. Il a même cru voir ses yeux s’em­buer. Il exa­gère sans doute un peu. «Une page se tourne mais est-elle du même livre ou non?» , pour­suit-il, pen­sif. La pe­tite troupe s’égaye dans la salle des fêtes, éclai­rée par plu­sieurs lustres en cris­tal, tan­dis que Fran­çois Hol­lande se re­tire un mo­ment dans le sa­lon des Am­bas­sa­deurs, pour écou­ter le pre­mier dis­cours d’Em­ma­nuel Ma­cron. Une poi­gnée de per­sonnes reste de­vant le té­lé­vi­seur, sous la ver­rière du jar­din d’hi­ver. Le pré­sident élu pro­met qu’il ser­vi­ra la France avec «hu­mi­li­té » et «dé­ter­mi­na­tion » . Il évoque en trois mots son pré­dé­ces­seur, dont il s’em­ploie­ra à prendre le contre-pied sys­té­ma­tique, à peine ar­ri­vé à l’Élysée. «Un­bon dis­cours!C’est bien, il a ci­té le pré­sident !» , com­mente le se­cré­taire gé­né­ral de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, fu­tur am­bas­sa­deur de France à Londres. En son for in­té­rieur, un jeune conseiller du pré­sident pense le contraire mais reste coi.

L’his­toire se ré­pète. Dix ans pLus tôt, en­tou­ré de ses col­la­bo­ra­teurs à l’Élysée, Jacques Chi­rac avait lui aus­si guet­té les pre­miers mots de Ni­co­las Sar­ko­zy, le 6 mai 2007. «Cha­cun de nous écoute avec la plus grande at­ten­tion chaque phrase, chaque mot qu’il pro­nonce, guet­tant se­crè­te­ment le mo­ment où il ci­te­ra sans doute le nom de ce­lui au­que­lil s’ap­prête àsuc­cé­der, ou­même le re­mer­cie­ra du sou­tien qu’il lui aap­por­té, écrit l’an­cien pré­sident dans ses Mé­moires. Mais ce mo­ment ne vien­dra ja­mais. Pour ma part, je m’abs­tiens de ma­ni­fes­ter la moindre ré­ac­tion.Mais au fond de moi, je suis tou­ché et je sais dé­sor­mais àquoi m’en te­nir.» Et lui, à quoi pense-t-il, Fran­çois Hol­lande ? Le pré­sident, qui a ap­pe­lé Em­ma­nuel Ma­cron pour le fé­li­ci­ter, re­vient dans la salle des fêtes : «Allez, j’ai pas man­gé, moi!» Il manque de tré­bu­cher sur une pe­tite fille qui fait des ga­li­pettes sur la mo­quette. Le fils de

sa « plume », Pierre-Yves Boc­quet, joue au «conseil des mi­nistres» avec d’autres en­fants, dans une joyeuse pa­gaille. Le pré­sident re­garde au­tour de lui, hé­site un ins­tant, cherche un vi­sage au­quel se rac­cro­cher : «Il est où, Bernard?» Au cours des der­nières se­maines, Bernard Ca­ze­neuve et lui se sont rap­pro­chés. Pince- sans- rire, le pre­mier mi­nistre fait ce qu’il peut pour le «dé­ri­der» . Fran­çois Hol­lande court se cher­cher une as­siette au fond de la pièce, sui­vi pré­ci­pi­tam­ment par Jean-Pierre Jouyet, che­mise écos­saise et che­veux ébou­rif­fés. Près du buf­fet, les mi­nistres hol­lan­dais, qui savent qu’ils vivent leur der­nière soi­rée à l’Élysée, de­visent avec nos­tal­gie. «Ones­saye de­ca­cher notre tris­tesse» , glisse An­dré Val­li­ni. Jean-Marc To­des­chi­ni, amer : «Ma­cron était un in­con­nu… C’est la presse qui l’a fait!» Per­du dans ses pensées, le se­cré­taire d’État aux an­ciens com­bat­tants re­fait le film du quin­quen­nat : «Fran­çois aac­cep­té la pri­maire en pen­sant qu’elle n’au­rait ja­mais lieu… Ma­cron dit en juillet qu’il ne se pré­sen­te­ra pas contre Hol­lande mais en août, il quitte le gou­ver­ne­ment, et il se pré­sente en no­vembre… Valls adon­né l’im­pres­sion de pous­ser Hol­lan­de­de­hors… » Il fait une pause, re­prend : «Pour moi, tout s’est ar­rê­té le 1er dé­cembre [jour de la re­non­cia­tion du chef de l’État] . En­suite, il fal­lait em­pê­cher Ma­rine Le Pen d’être élue…» La mi­nistre du lo­ge­ment, Em­ma­nuelle Cosse, est là aus­si. Avec son com­pa­gnon, De­nis Bau­pin, qui erre dans le grand sa­lon, es­seu­lé. Les in­vi­tés se contor­sionnent pour ne pas croi­ser la route de l’an­cien vice-pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, dé­chu de ses fonc­tions après avoir été mis en cause pour har­cè­le­ment sexuel par plu­sieurs élues éco­lo­gistes. Ados­sée contre une co­lonne en marbre, la se­cré­taire d’État aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, Es­telle Gre­lier, in­té­gra­le­ment vê­tue de noir, cherche fé­bri­le­ment sur son smart­phone les ré­sul­tats du deuxième tour de la pré­si­den­tielle dans sa cir­cons­crip­tion de Seine-Ma­ri­time. Un mois plus tard, elle se­ra sè­che­ment éli­mi­née dès le pre­mier tour des élec­tions lé­gis­la­tives, comme de nom­breux dé­pu­tés so­cia­listes sor­tants.

Les vieux com­pa­gnons de route de Fran­çois Hol­lande se sont ré­fu­giés dans un coin de la salle des fêtes, en re­trait : le mi­nistre Mi­chel Sa­pin, la conseillère ély­séenne en charge de la com­mu­ni­ca­tion in­ter­na­tio­nale Clau­dine Ri­pert, l’épouse de Jean-Pierre Jouyet, Bri­gitte Tait­tin­ger, et le conseiller san­té du pré­sident, le pro­fes­seur Oli­vier Lyon-Caen, l’un des rares à être res­tés à l’Élysée toute la du­rée du quin­quen­nat, af­fu­blé de son in­va­riable noeud pa­pillon. Un pe­tit monde à de­mi en­glou­ti, plein d’ar­rière-pensées. Il y a ceux qui re­prochent à «Em­ma­nuel » d’avoir tra­hi «Fran­çois » , ceux qui es­pèrent un poste ou une pré­bende dans le nou­veau ré­gime, ceux qui pré­fé­re­raient pouvoir fes­toyer au Louvre avec le vain­queur plu­tôt qu’er­rer dans cette triste salle des fêtes avec les vain­cus, en­tou­rant de leur sol­li­ci­tude le pré­sident le plus im­po­pu­laire de la Ve Ré­pu­blique. Il y a ceux qui ont as­su­ré leurs ar­rières et ceux qui savent qu’ils peuvent tout perdre. Conviés par Bernard Ca­ze­neuve, un jeune mi­nistre da­nois et son épouse, as­sis au mi­lieu du sa­lon, ob­servent l’as­sem­blée du coin de l’oeil, comme des pas­sa­gers clan­des­tins sur le pont de pre­mière classe du Ti­ta­nic en per­di­tion, alors que l’or­chestre joue en­core. Ni­co­lai Wam­men voit Fran­çois Hol­lande glis­ser de table en table, hôte at­ten­tion­né et char­mant. Un sou­rire pour l’un, un bon mot pour l’autre. Mais il rit trop fort et ce­la sonne faux. «C’était une nuit très spéciale, pleine d’émo­tion, les pre­mières heures de Ma­cron, les der­nières de Hol­lande…, ra­conte au­jourd’hui le Da­nois. Nous étions les deux seuls non fran­çais de cette soi­rée, àun­mo­ment dé­ci­sif de l’his­toire du pays. On sen­tait que c’était la find’une époque. Fran­çois Hol­lande de­vait avoir mille choses en tête mais il apris le temps de ve­nir nous par­ler.» Pen­dant que les in­vi­tés dînent as­sis ou pi­corent au buf­fet, deux té­lé­vi­seurs conti­nuent à dif­fu­ser les images de la vic­toire, com­men­tées, sur le pla­teau de France 2, par Sé­go­lène Royal. Bri­gitte Ay­rault s’es­claffe : «Sé­go­lène va faire des offres de ser­vice ?» Son époux Jean-Marc Ay­rault ad­met que per­sonne n’avait «vu­ve­nir » l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie. Mais que sa vic­toire tra­duit un «pro­fond be­soin de re­nou­vel­le­ment » . «À Nantes, j’ai pas­sé la main» , ajoute aus­si­tôt l’an­cien pre­mier mi­nistre. Puis : «Il­ne­faut pas sous-es­ti­mer l’émo­tion de Fran­çois Hol­lande ce soir.» Quand le pré­sident de­mande «ce­qu’il reste comme des­sert» , la salle des fêtes s’est dé­jà vi­dée. Il n’y a plus per­sonne de­vant l’écran plat pour écou­ter Jean-Luc Mé­len­chon dé­non­cer «la­pré­si­dence la plus la­men­table de la Ve Ré­pu­blique» . Pres­sés d’échap­per à ce climat pe­sant et faus­se­ment en­joué, de nom­breux hôtes se sont dé­jà dis­crè­te­ment éclip­sés, dont la mi­nistre de la san­té, Ma­ri­sol Tou­raine, par­tie re­joindre des amis. «Cette soi­rée était d’une in­son­dable tris­tesse, ra­con­tet-elle au­jourd’hui. Comme ces fêtes de fa­mille, où tout le monde tient sa place, sans qu’il faille re­gar­der der­rière la fa­çade. Tout était par­fait, dans les moindres dé­tails. Mais c’était ca­far­deux.» C’est vrai. Quand les Ca­ze­neuve et leurs amis da­nois se re­tirent à leur tour, Fran­çois Hol­lande les rac­com­pagne dans le ves­ti­bule. Le pré­sident et le pre­mier mi­nistre ba­vardent quelques mi­nutes, en re­trait. L’épouse de Ni­co­lai Wam­men prend dis­crè­te­ment une pho­to des deux hommes, tan­dis que les ber­lines sombres s’avancent sur les gra­viers de la cour d’hon­neur de l’Élysée. Fran­çois Hol­lande les re­garde par­tir dans la nuit avant de re­joindre ses in­vi­tés. Quand Pa­trick Kan­ner, res­té par­mi les der­niers, quitte en­fin le pa­lais, en fin de soi­rée, le chef de l’État est tou­jours dans la salle des fêtes. As­sis sur une chaise Na­po­léon III de bois do­ré, il fixe la té­lé­vi­sion où dé­filent en­core les images du jeune vain­queur et de son épouse, Bri­gitte, ac­cla­més de­vant la py­ra­mide du Louvre éclai­rée.

Il est 20 heures. La sil­houette d’Em­ma­nuel Ma­cron se des­sine len­te­ment à l’écran. Fran­çois Hol­lande ne dit rien, fi­gé un ins­tant. Puis, dans un ef­fort pour s’ex­traire de ses pensées, il ap­plau­dit.

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