Le grand dé­fi­lé

AVANT SAINT-cLOuD LE 26 AOûT, L’AN­gLAISE fAIT HALTE À SAINT-MALO cE VEN­DrE­DI. MAIS DANS QuELLE TE­NuE ?

Magazine M - - Le Sommaire - marc beau­gé par

PJ Har­vey.

v 2016, prê­tresse rock. Neuf ans plus tard, chan­ge­ment d’am­biance. Sor­tie de sa pé­riode vic­to­rienne, l’An­glaise, en concert à la Vic­to­ria Wa­re­house de Man­ches­ter, porte du noir, du cuir, des ri­deaux, des lau­riers et sur­tout des boots à se­melles pla­te­formes per­fo­rées de la créa­trice belge Ann De­meu­le­mees­ter. Qui elle aus­si, vi­si­ble­ment, a de l’hu­mour.

II 1995, brIllant oracle. Trois ans plus tard, toute am­bi­gui­té est dis­per­sée. En concert dans l’Il­li­nois, PJ Har­vey porte des se­quins, re­pre­nant à son compte l’une des ten­dances les plus an­ciennes de l’his­toire. Tou­tan­kha­mon, cé­lèbre blo­gueur de mode égyp­tien, avait été pla­cé dans un tom­beau re­cou­vert de pe­tites pièces sem­blables à des se­quins, cen­sées lui as­su­rer une sta­bi­li­té fi­nan­cière post mor­tem. On n’est ja­mais trop pré­voyant.

I 1992, jeune mage. Elle a 23 ans, est an­glaise, fait du rock et toute la presse spé­cia­li­sée dit le plus grand bien de son pre­mier al­bum, Dry. En somme, tout irait bien pour la jeune PJ Har­vey si les cri­tiques ne se plai­saient pas à la ran­ger dans la case « grunge », lais­sant sup­po­ser que ses mé­lo­dies élec­triques s’ac­com­pagnent d’une hy­giène dou­teuse et d’un goût ves­ti­men­taire in­cer­tain. Alors que cette veste en jean Wran­gler, re­con­nais­sable au fa­meux W cou­su sur les deux poches poi­trine, est par­fai­te­ment pré­sen­table. Et que, vi­si­ble­ment, PJ, che­veux mouillés, sort de la douche.

Iv 2007, py­thIe vIc­to­rIenne. On re­trouve PJ Har­vey dans le Dor­set, dont elle est ori­gi­naire. Elle vient de sor­tir l’al­bum White Chalk, es­sen­tiel­le­ment fait de bal­lades au pia­no, et s’est com­po­sé un look d’ins­pi­ra­tion vic­to­rienne en par­faite adé­qua­tion. En l’oc­cur­rence, on no­te­ra ses belles manches gi­got, très en vogue au dé­but du xixe siècle, et par­ti­cu­liè­re­ment pri­sées par la reine Vic­to­ria. Si, si, vous sa­vez, la blo­gueuse de mode.

III 2004, cou­turIère Im­pro­vI­sée. Neuf ans ont pas­sé et PJ Har­vey se pro­duit à l’Ham­mers­mith Apol­lo de Londres. Pour l’oc­ca­sion, elle ar­bore une robe faite mai­son à par­tir d’un vieux tee-shirt à son ef­fi­gie. L’An­glaise a même pous­sé le sens du dé­tail jus­qu’à se confec­tion­ner un sem­blant de paire de gants opé­ra. Preuve que la ro­ckeuse a le sens de l’hu­mour. À dé­faut d’un vrai ta­lent de sty­liste.

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