Is­tan­bul se ré­oriente.

Les tou­ristes eu­ro­péens se font plus rares sur les rives du Bos­phore. Ef­frayés par les at­ten­tats et la dé­rive au­to­cra­tique du ré­gime turc, ils sont sup­plan­tés par une nou­velle clien­tèle en pro­ve­nance du Moyen-Orient. Ira­niens, Saou­diens, Ko­weï­tiens af­flue

Magazine M - - Le Sommaire - Ma­rie Jé­go — eMin Öz­Men par pho­tos

Ef­frayés par les at­ten­tats, les tou­ristes eu­ro­péens ont dé­ser­té la ville turque. Très vite rem­pla­cés par une clien­tèle ve­nue du MoyenO­rient. Une nou­velle donne qui coïn­cide avec les vi­sées du pou­voir is­la­mo-conser­va­teur.

Qu’aiment faire entre tout Dam­mam e t ay l a , deux Saou­diennes de Riyad, lors­qu’elles sé­journent à Is­tan­bul ? «Du shop­ping» , ré­pond Dam­mam, la mère. «On aime suivre la mode» , ajoute Ay­la, la bel­le­fille. Cet en­goue­ment peut sem­bler pa­ra­doxal. Comme beau­coup de Saou­diennes, les deux femmes sont en­ve­lop­pées dans des abayas noires (te­nue ample por­tée par-des­sus les vê­te­ments), leurs vi­sages ca­chés par le ni­qab, dont seuls leurs yeux émergent, le long d’une ou­ver­ture aus­si mince que celle d’une boîte aux lettres. Ce qui ne les a pas em­pê­chées d’ar­pen­ter, avec leurs ma­ris, les ma­ga­sins toute la ma­ti­née dans le centre com­mer­cial Ce­va­hir du quar­tier de Sis­li, «le­plus vaste d’Eu­rope» , dit la pu­bli­ci­té. Ins­tal­lée en ter­rasse à la pâ­tis­se­rie Güllüo­glu, sur la place Tak­sim, la fa­mille se ré­gale de thé et de bak­la­vas sous l’auvent qui la pro­tège du so­leil ar­dent de cette après-mi­di de sep­tembre. Saad, le père, un mé­de­cin de Riyad, est at­ta­blé là en com­pa­gnie de son fils Ham­za. C’est leur troi­sième sé­jour en Tur­quie. Saad ne ta­rit pas d’éloges sur le pays : «On­mange bien, c’est pas cher,les Turcs sont ac­cueillants, ons’y sent en sé­cu­ri­té, c’est un peu comme chez nous.» Ham­za, lui, sa­lue «la­mo­der­ni­té des in­fra­struc­tures, le confort des hô­tels » . Bou­dée par les vi­si­teurs eu­ro­péens de­puis les at­ten­tats san­glants de 2015-2016, Is­tan­bul connaît un af­flux sans pré­cé­dent de •••

••• tou­ristes ve­nus du Moyen-Orient et du Golfe qui disent s’y sen­tir «en­sé­cu­ri­té» . Sans cette manne, le sec­teur tou­ris­tique turc se­rait au plus bas. Des at­ten­tats at­tri­bués à l’or­ga­ni­sa­tion État is­la­mique et à des mi­li­tants kurdes, ain­si que la ten­ta­tive de coup d’État du 15 juillet 2016 ont fait chu­ter la fré­quen­ta­tion de plus de 30 % en 2016. Jus­qu’en 2015, près de cinq mil­lions d’Al­le­mands sé­jour­naient chaque an­née en Tur­quie. C’était avant que Ber­lin re­fuse la te­nue de mee­tings pro-Er­do­gan lors de la cam­pagne du ré­fé­ren­dum vi­sant à étendre les pou­voirs du pré­sident turc. Er­do­gan était alors al­lé jus­qu’à ac­cu­ser An­ge­la Mer­kel de «pra­tiques na­zies» . De­puis, la re­la­tion ger­ma­no-turque s’est net­te­ment dé­gra­dée et les Al­le­mands ne sont plus que deux mil­lions à vi­si­ter la Tur­quie. Pour fi­nir, la chan­ce­lière al­le­mande a ap­pe­lé dé­but sep­tembre à en­ter­rer l’idée d’une adhé­sion de la Tur­quie à l’UE. «Iln’y apresque plus d’Eu­ro­péens àIs­tan­bul, dé­plore Ti­mur Bayin­dir, pré­sident de l’As­so­cia­tion des hô­te­liers du pays (Tü­rob). Un jour, ils re­vien­dront et nous les re­ce­vrons àbras ou­verts. Nous avons be­soin d’eux, ils re­pré­sentent le tou­risme cultu­rel. Avec la clien­tèle du Moyen-Orient, c’est dif­fé­rent. Nous sommes contents de les ac­cueillir,mais ils ne rem­pla­ce­ront­ja­mais les Eu­ro­péens.» En 2016, le taux d’oc­cu­pa­tion des hô­tels est tom­bé à 30 %. «Il afal­lu cas­ser les prix. No­shô­tels sont­de­ve­nus les moins chers d’Eu­ro­pe­pou­run­ser­vice hors pair» , ren­ché­rit-il dans un fran­çais par­fait, ap­pris au ly­cée de Ga­la­ta­sa­ray. Grâce aux tou­ristes moyen-orien­taux, la ville re­vit. «Heu­reu­se­ment­qu’ils­sont­là!» , ré­pètent à l’en­vi les com­mer­çants. Saou­diens, Ko­weï­tiens, Ira­niens, Ira­kiens sont vi­sibles par­tout, à la Mos­quée bleue, au pa­lais de Top­ka­pi, sur les ba­teaux qui tra­versent le Bos­phore, le long de l’ave­nue pié­tonne Is­tik­lal au coeur de l’an­cien quar­tier chré­tien de Beyo­glu. En fin de jour­née, après leurs séances de shop­ping ef­fré­nées dans les centres com­mer­ciaux, on peut les aper­ce­voir en train de nour­rir les pi­geons de la place Tak­sim. La phy­sio­no­mie de la ville en a été trans­for­mée. Ain­si à Beyo­glu, le quar­tier fes­tif et joyeux où l’al­cool coule à flots les ven­dre­dis soir, les bars à chi­chas ont pro­li­fé­ré. «Les gens du Golfe fument ra­re­ment le nar­gui­lé. Ce sont les Li­ba­nais, les Ira­kiens qui en sont friands. Chaque na­tion ases ha­bi­tudes, tous veulent se re­laxer.Au­dé­but, nous avions pen­sé pré­voir des temps pour la prière puis nous avons consta­té que per­sonne ne le de­man­dait » , as­sure Hu­seyin Hiz­met­ci, qui tra­vaille comme guide au­près des tou­ristes arabes. «Ils viennent ici pour se dé­fou­ler» , mau­grée Ay­sel, gé­rante d’un bar à bière non loin d’Is­tik­lal. Se­lon elle, dès 23 heures, «les bars àchi­chas se trans­forment en re­paires àpros­ti- tuées» . Elle se la­mente sur l’état du quar­tier «qui aper­du son âme» et sur la po­li­tique an­ti­al­cool du gou­ver­ne­ment is­la­mo-conser­va­teur. Mu­sul­man pra­ti­quant, le pré­sident turc Re­cep Tayyip Er­do­gan n’a eu de cesse de ren­for­cer la lé­gis­la­tion contre la vente et la consom­ma­tion d’al­cool, lour­de­ment taxées. «Nous ne vou­lons pas d’une gé­né­ra­tion qui ti­tube jour et nuit sous l’em­prise de l’al­cool» , met­tait-il en garde en 2013. Plus qu’un ob­jec­tif de san­té pu­blique, l’op­po­si­tion dé­nonce la vo­lon­té d’ «is­la­mi­ser» la so­cié­té turque.

La ville s’est mise en quatre pour ac­com­mo­der ses nou­veaux tou­ristes. Par­tout, les me­nus des res­tau­rants sont pro­po­sés en turc, en an­glais, en arabe. Des pan­neaux d’in­for­ma­tion en arabe ont fait leur ap­pa­ri­tion. On ne compte plus les agences de voyages spé­cia­li­sées dans l’ac­cueil des « in­vi­tés » ( mi­sa­fir en turc, un mot sa­cré tout comme l’hos­pi­ta­li­té) du Moyen-Orient. Au bu­reau de la Tur­kish Air­lines, ave­nue Cum­hu­riyet, tous les em­ployés parlent arabe. Les res­tau­rants, les bou­tiques, les bars se sont mis à re­cru­ter des Turcs ara­bo­phones ori­gi­naires du Ha­tay, de Ur­fa ou de Mar­din, des ré­gions proches de la Sy­rie. Même les ven­deurs à la sau­vette ont pris le pli. À tous les coins de rue, ils pro­posent dé­sor­mais des tes­bih (cha­pe­lets mu­sul­mans). Se­lon le mi­nis­tère turc du tou­risme, les Saou­diens sont dé­sor­mais troi­sième au clas­se­ment des tou­ristes étran­gers qui vi­sitent Is­tan­bul, avec 413 273 ar­ri­vées pour les huit pre­miers mois de 2017, juste der­rière les Ira­niens (526 084) et les Al­le­mands, qui conservent la tête du clas­se­ment (656 428) mal­gré les aléas de la re­la­tion ger­ma­no­turque. Jus­qu’en 2016, les Saou­diens fi­gu­raient au dixième rang du clas­se­ment. Re­pé­rables entre tous, à cause de la te­nue aus­tère ar­bo­rée par leurs femmes, les Saou­diens voyagent en fa­mille. Le plus sou­vent, l’homme, en pan­ta­courts et che­mise ou­verte sur sa poi­trine, conduit la pous­sette. La femme, re­vê­tue de l’abaya noire, che­mine à son cô­té, te­nant par la main la pro­gé­ni­ture en âge de mar­cher. Cer­taines étouffent sous l’abaya. Zei­na et son ma­ri Omar, la tren­taine, ori­gi­naires de Djed­dah, sé­journent à Is­tan­bul deux ou trois fois par an en moyenne, pour «se­chan­ger les idées » . À peine dé­bar­quée à l’hô­tel, Zei­na re­mise son ha­bit tra­di­tion­nel au pla­card, op­tant pour la te­nue de la femme mu­sul­mane mo­derne : li­quette et jeans mou­lants, fou­lard lé­ger au­tour de la tête. •••

••• «Ici, per­sonne ne fait at­ten­tion ànous, on sesent libres» , dit-elle en te­nant son ma­ri par la main. Ren­con­tré sur le ba­teau qui mène à Büyü­ka­da, la plus grande des îles des Princes, à une heure d’Is­tan­bul, le couple ob­serve in­cré­dule et amu­sé, les cir­con­vo­lu­tions joyeuses d’un groupe de jeunes Ira­niennes qui chantent et dansent sur le pont su­pé­rieur, che­veux aux vents. Un peu plus loin, deux jeunes ho­mo­sexuels ira­niens se tiennent en­la­cés. «Pour nous, la Tur­quie est sy­no­nyme de li­ber­té » , ex­plique l’un d’eux. «Ons’y sent moins sur­veillés qu’en Iran, où le ré­gime s’im­misce de fa­çon in­sup­por­table dans la vie pri­vée des gens.» Ar­ri­vés à quai, les ba­teaux dé­versent leurs flots de pas­sa­gers. Une pro­ces­sion se forme le long du port où des res­tau­rants ap­pe­lés « Ka­pri », « Lido » et « Mi­la­no » leur tendent les bras. Les noms sont ita­liens, mais ce­la fait bien long­temps que les tou­ristes ne viennent plus d’Ita­lie. Mu­ham­mad, la qua­ran­taine, et son épouse, Noor, ori­gi­naires du Ko­weït, dé­jeunent à la ter­rasse du Lido, face à la mer. Ils disent raf­fo­ler des sé­jours en Tur­quie, «un pays qui nous est àla­fois fa­mi­lier et exo­tique» . Fa­mi­lier parce que mu­sul­man. «Je peux en­trer dans n’im­porte quel res­tau­rant les yeux fer­més, la nour­ri­ture est ha­lal. Et quand j’en­tends l’ap­pel àla­prière, j’ai l’im­pres­sion d’être chez moi.» Exo­tique car dif­fé­rent du Ko­weït. «Ici, on est un peu en Eu­rope. Rien n’est pa­reil, il yaune vie de rue, hommes et femmes son­ten­semble,les fem­mes­sortent dans la rue la nuit, cha­cun s’ha­bille comme bon lui semble…» Noor se sou­vient de son pre­mier choc lors d’un sé­jour à Is­tan­bul en 2012, quand elle a vu un couple s’em­bras­ser dans la rue. «La­pre­mière fois, j’étais ou­trée. J’ai fi­ni­par m’ha­bi­tuer.» Cette clien­tèle est aus­si at­ti­rée par le tou­risme mé­di­cal que pro­pose Is­tan­bul, des opé­ra­tions de chi­rur­gie es­thé­tique as­sor­ties à des vi­sites tou­ris­tiques. L’agence s’oc­cupe de tout – sé­jour en cli­nique, hé­ber­ge­ment, trans­ferts, in­ter­prète –, le pa­tient n’a plus qu’à mon­ter dans l’avion et se lais­ser gui­der. Il peut ve­nir avec sa mai­son­née. Femme et en­fants at­tendent à l’hô­tel le re­tour du chef de fa­mille qui s’est fait opé­rer. Pour sa conva­les­cence, il ira en vi­site gui­dée au pa­lais de Top­ka­pi ou à la mos­quée de Sü­ley­ma­niye. «Nous pro­po­sons ànos clients toutes les opé­ra­tions pos­sibles :chi­rur­gie du nez, soins den­taires, im­plants ca­pil­laires, àpeu près tout sauf la pro­créa­tion mé­di­cale as­sis­tée» , ex­plique Lok- man Col­pan­te­kin, di­rec­teur de l’agence Val­ley of Tou­rism du quar­tier de Sis­li. Turc ara­bo­phone, ori­gi­naire de Mar­din, il est par­ti de rien en 2006 lors­qu’il a fon­dé son agence avec l’aide d’un par­te­naire jor­da­nien. Elle est de­ve­nue pros­père en par­tie grâce à la greffe de che­veux. «C’est l’opé­ra­tion la plus de­man­dée» , confirme Lok­man. De­ve­nue une sorte de Mecque de l’im­plant ca­pil­laire, Is­tan­bul compte au­jourd’hui trois cents cli­niques spé­cia­li­sées.

Une autre forme de tou­risme est en plein dé­ve­lop­pem en t, li é e aux sé­ries té­lé­vi­sées t u rq ue s qu i , de­puis plus de dix ans, inondent les pe­tits écrans du Golfe et du MoyenO­rient. Pen­dant la croi­sière sur le Bos­phore, un clas­sique, l’ac­cent est mis sur les lieux de tour­nages. Lorsque le guide montre au loin sur la rive la mai­son qui ser­vit au tour­nage de Noor, une sé­rie à l’eau de rose de­ve­nue très po­pu­laire, les femmes sont toute ouïe. •••

••• «Elles s’iden­ti­fien­taux hé­roïnes» , croit sa­voir Hu­seyin, le guide ara­bo­phone. Dou­blé en arabe dia­lec­tal sy­rien, le feuille­ton a été lar­ge­ment dif­fu­sé. Il ra­conte les tri­bu­la­tions du couple for­mé par Noor et Mo­han­nad. Zei­na, la Saou­dienne en quête de mo­der­ni­té, n’a pas ra­té un épi­sode. «C’est mo­derne et tra­di­tion­nel àla­fois. Le mode de vie dé­crit est occidental et les va­leurs mu­sul­manes sont quand même pré­ser­vées. Et quel­ro­man­tisme !C’est ce qui fait dé­faut chez nous » , confie la jeune femme. Le Siècle ma­gni­fique, autre sé­rie culte sur la vie au pa­lais à l’époque du sul­tan Sü­ley­man Ier dit « So­li­man le Ma­gni­fique » a cap­ti­vé les es­prits. Dif­fu­sée dans 43 pays, vue par 200 mil­lions de spec­ta­teurs, elle a contri­bué à faire connaître la Tur­quie. Les femmes se sont en­ti­chées du per­son­nage de Roxe­lane, une es­clave du ha­rem de­ve­nue l’épouse du sul­tan. Zei­na n’en re­vient pas : «J’ai mar­ché sur ses traces au pa­lais de Top­ka­pi.» Pour at­ti­rer la clien­tèle du Golfe, du MoyenO­rient, et éga­le­ment du Magh­reb, les Turcs ont mis les pe­tits plats dans les grands. Les vi­sas sont dé­li­vrés en quelques mi­nutes à l’aé­ro­port ou sur In­ter­net se­lon une pro­cé­dure ra­pide, sauf pour les res­sor­tis­sants ira­niens et russes, qui sont exemp­tés de vi­sas, tout comme les Ma­ro­cains et les Tu­ni­siens. Prag­ma­tique, An­ka­ra tient à sau­ver son sec­teur tou­ris­tique, une im­por­tante source de de­vises. Puisque les Eu­ro­péens ne viennent plus, il s’agit de choyer la clien­tèle arabe. «À terme, nous es­pé­rons aus­si at­ti­rer Chi­nois et In­diens » , as­sure Ti­mur Bayin­dir, non sans re­con­naître quelques dé­con­ve­nues avec les tou­ristes ve­nus de l’Inde. «Ils n’ai­maient pas notre gas­tro­no­mie, des hô­tels ont dû re­cru­ter des­cui­si­niers in­diens.»

Pl us la rg e m e n t , la nou­velle donne tou­ris­tique est conforme au tour­nant de po­li­tique étran­gère vou­lu par le nu­mé­ro un turc. Le tro­pisme arabe du pré­sident Er­do­gan n’est pas à né­gli­ger. «Ilaé­tu­dié dans une imam ha­tip [école pour imams], sa­femme, Emine, est d’ori­gine arabe et­lui-même parle arabe » , rap­pelle Lok­man Col­pan­te­kin. Sou­cieux d’im­pri­mer sa marque dans l’His­toire, Re­cep Tayyip Er­do­gan se voit en chef de file du monde mu­sul­man. Aux yeux des is­la­mo-conser­va­teurs, aux com­mandes du pays de­puis 2002, l’ar­ri­mage du pays à l’Oc­ci­dent n’était pas un bon choix, il n’a fait qu’éloi­gner les Turcs de leur hé­ri­tage ot­to­man, de leurs ra­cines spi­ri­tuelles et re­li­gieuses. Il est grand temps d’en chan­ger. Sur­tout à l’heure où les res­pon­sables eu­ro­péens mul­ti­plient les cri­tiques en­vers le pré­sident Er­do­gan, fus­ti­gé pour sa fibre des­po­tique. Le vi­rage est aus­si éco­no­mique. Ces der­nières an­nées, les ca­pi­taux en pro­ve­nance du Golfe et de l’Ara­bie saou­dite ont af­flué. Les com­pa­gnies turques telles que Di­gi­turk, Fi­nans­bank, Türk Te­le­kom ont été ache­tées par des in­ves­tis­seurs du Qa­tar et d’Ara­bie saou­dite. Dé­ve­lop­per la fi­nance is­la­mique en Tur­quie est l’ob­jec­tif des is­la­mo-conser­va­teurs. En fé­vrier 2017, la banque Ku­veytTürk a lan­cé une sous­crip­tion de deux mil­liards de livres turques (en­vi­ron 475 mil­lions d’eu­ros) à tra­vers des des su­kuk [obli­ga­tions is­la­miques]. Ce sec­teur re­pré­sente au­jourd’hui 5 % des tran­sac­tions (contre 2 % en 2002). «L’Ara­bie compte tout au­tant pour nous que l’Union eu­ro­péenne» , avait dé­jà dé­cla­ré M. Er­do­gan en 2010 lors d’un voyage à Riyad, ca­pi­tale avec la­quelle les re­la­tions sont au­jourd’hui au­tre­ment plus cor­diales qu’avec Bruxelles.

Ci-contre, des femmes à la Mos­quée bleue.

La jour­née type des va­can­ciers moyen-orien­taux se ter­mine sou­vent sur la place Tak­sim, à gauche, après de longues heures de shop­ping.

Des tou­ristes arabes sur un mar­ché dans le quar­tier de Sü­ley­ma­niye.

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