L’An­gle­terre qui fait de la Bre­sis­tance. Son­nés par la vic­toire du Brexit, les par­ti­sans du main­tien dans l’Union eu­ro­péenne ont re­fait sur­face le 1er oc­tobre der­nier, lors d’une marche à Man­ches­ter. Le coup d’en­voi du match re­tour, veulent-ils croire.

Le ré­fé­ren­dum sur la sor­tie de l’Union eu­ro­péenne les avait lais­sés grog­gy. Mais le 1er oc­tobre der­nier, 30 000 par­ti­sans du “in” ont ma­ni­fes­té dans les rues de Man­ches­ter. Pour beau­coup, cette marche aux ver­tus ca­thar­tiques était une pre­mière. Af­fran­chis

Magazine M - - Le Sommaire - Phi­lippe Ber­nard par en­da Bowe pho­tos

Une ma­rée bleue eu­rope dé­ferle sur les rues hu­mides de man­ches­ter. Dans la foule, Tri­cia et Tra­vor Of­ford, un couple de sexa­gé­naires, sont aux anges. En­fin! Ils ne se sentent plus seuls. La po­lice an­nonce 30 000 par­ti­ci­pants à la « marche Stop Brexit » de ce di­manche 1er oc­tobre. Ja­mais per­sonne n’a vu au­tant de dra­peaux eu­ro­péens dans une ville d’An­gle­terre où ils sont de­puis long­temps ban­nis des édi­fices pu­blics et consi­dé­rés par les po­li­tiques comme des re­pous­soirs à élec­teurs. L’im­per­méable trans­pa­rent que porte cha­cun des époux Of­ford laisse en­tre­voir le bleu étoi­lé de leur tee-shirt frap­pé d’un slo­gan qui ré­sume leur état d’es­prit : «Nem’en vou­lez pas !J’ai vo­té pour res­ter [dans l’UE]. » Quinze mois après le ré­fé­ren­dum qui les a «anéan­tis » , ce couple de cadres a craqué. Ve­nus spé­cia­le­ment de Londres, ils ma­ni­festent pour la pre­mière fois de leur vie, entre fer­veur et rage, comme pour em­pê­cher la terre de se dé­ro­ber sous leurs pas. «En1940, mon père aé­té éva­cué par mi­racle de la poche de Dun­kerque, ra­conte Tri­cia avec émo­tion. Il au­rait pu dé­tes­ter l’Eu­rope à cause des Al­le­mands. Il m’a trans­mis la convic­tion qu’elle est notre ave­nir com­mun. Dans ce monde si dan­ge­reux, il faut dé­fendre cet ins­tru­ment de paix. Nous sommes dé­ter­mi­nés às­top­per le Brexit.» Dans la pure tra­di­tion bri­tan­nique de la contri­tion per­ma­nente (« I’m sor­ry »), Tri­cia Of­ford, di­rec­trice commerciale dans l’in­dus­trie, in­siste pour dé­li­vrer un mes­sage à l’in­ten­tion de nos lecteurs : «Par­don­nez-nous, ar­ti­cule-t-elle en trem­blant. Ce n’est pas nous!Ce­sont nos po­li­ti­ciens qui ont men­ti aux gens. Notre pays va prendre des coups et nous al­lons payer la note.» De ma­ni­fes­ta­tion « pour l’Eu­rope » en « marche an­ti-Brexit », de veillée de­vant Dow­ning Street en mes­sages sur les ré­seaux so­ciaux, l’An­gle­terre re­belle au Brexit sort de l’ombre et s’or­ga­nise. S’ils sont loin de mo­bi­li­ser les 48 % de Bri­tan­niques qui ont vo­té « in » (pour res­ter dans l’UE) lors du ré­fé­ren­dum du 23 juin 2016, ces in­sou­mis-là sont peut-être l’avant-garde d’un mou­ve­ment pro­téi­forme en de­ve­nir. Dé­jà, leurs mots-dièse – « Bre­sis­tance », « IN­sur­gen­cy » ou « Stop-Brexit » – pro­li­fèrent sur les ré­seaux so­ciaux. Sur Twit­ter, le compte du « mi­nis­tère char­gé de la des­truc­tion du Royaume-Uni », pa­ro­die de ce­lui du vrai mi­nis­tère char­gé du Brexit, dif­fuse des in­for­ma­tions hi­la­rantes. Un autre, « EU Flag Ma­fia » cherche à rendre vi­sible la ban­nière eu­ro­péenne. Le 10 sep­tembre, il en a fait dis­tri­buer 2 500 aux spec­ta­teurs du Royal Al­bert Hall qui les ont agi­tés en pleine dif­fu­sion d’un concert par BBC-TV. Dans un pays où l’on ne des­cend dans la rue que pour les grandes oc­ca­sions, les cor­tèges bleu Eu­rope ras­semblent des foules in­édites. Dix jours après le vote, le 2 juillet 2016, les dra­peaux eu­ro­péens avaient fleu­ri à Londres, bran­dis par un pu­blic cos­mo­po­lite ve­nu crier sa rage de s’être fait dé­ro­ber «une par­tie de [son] iden­ti­té » mais aus­si son im­puis­sance. Ces quelque 30 000 pion­niers, blancs, plu­tôt âgés et pri­vi­lé­giés, avaient in­ven­té le «We­love EU» pro­non­cé « We love you » et s’étaient ré­chauf­fé le coeur en fre­don­nant à l’in­fi­ni «Na, na, na, na­na­na­na, EU» sur l’air de Hey Jude des Beatles. Quelques mois plus tard, une poi­gnée de mi­li­tants avaient ma­ni­fes­té de­vant le congrès du Par­ti conser­va­teur à Bir­min­gham où The­re­sa May lan­çait alors son « Brexit dur » et une ter­rible for­mule res­tée cé­lèbre : «Si­vous croyez êtreun­ci­toyen du monde, vous êtes un ci­toyen de nulle part.» Pré­ci­sé­ment ce que re­ven­diquent les pro­tes­ta­taires. Un an plus tard, tou­jours de­vant la réunion an­nuelle des to­ries, ce 1er oc­tobre à Man­ches­ter, le mo­deste ras­sem­ble­ment s’est trans­for­mé en dé­fi­lé com­pact et le désar­roi en mo­bi­li­sa­tion dé­ter­mi­née contre le «Brex­shit» (« Brexit de merde »). «Oui, je suis un sa­bo­teur» , pro­clame Tim Sto­thert, un mar­chand d’art re­ven­di­quant l’éti­quette in­fa­mante ac­co­lée par la presse ta­bloïd à ceux qui contestent les ré­sul­tats du ré­fé­ren­dum. À grand ren­fort de sif­flet, agi­tant des dra­peaux, il s’en­flamme : «Je­ne­veux pas vivre sur une pe­tite île in­to­lé­rante et re­fer­mée sur elle-même. L’Union eu­ro­péenne n’est pas fan­tas­tique, mais on de­vrait l’amé­lio­rer en­semble.» Éton­nante foule sans lea­der, sans or­ga­ni­sa­tion cen­trale ni slo­gan do­mi­nant. Pas une ban­de­role de par­ti dans les cor­tèges, pas un élu mis en avant, pas de vi­sage connu pour per­son­ni­fier le re­fus du Brexit. Le La­bour, fa­vo­rable au main­tien dans l’UE mais dont 37 % des élec­teurs ont vo­té pour la quit­ter, tente de ré­con­ci­lier les par­ti­sans du « in » et ceux du « out » au prix de contor­sions qui rendent son dis­cours in­com­pré­hen­sible. Les to­ries, dont 39 % des élec­teurs ont vo­té pour res­ter dans l’UE, se dé­battent eux aus­si dans leurs contra­dic­tions. Seuls le pe­tit LibDem, par­ti li­bé­ral dé­mo­crate, et les mi­nus­cules Greens mi­litent ou­ver­te­ment •••

••• pour un se­cond ré­fé­ren­dum an­nu­lant le pre­mier. Un seul ci­ment unit les op­po­sants au Brexit. Curieusement, c’est un jour­nal pa­pier et c’est un suc­cès. Chaque se­maine The New Eu­ro­pean ap­porte un peu d’es­poir aux eu­roB­ri­tan­niques dé­pri­més. «Le24­juin 2016 [len­de­main du ré­fé­ren­dum], j’ai res­sen­ti un ter­rible choc. Le pays éprou­vait uneé­mo­tion com­pa­rable àcelle pro­vo­quée par la mort de Dia­na, et je me suis dit qu’au­cun jour­nal n’y ré­pon­dait» , ra­conte Matt Kel­ly, un an­cien du Dai­ly Mir­ror et du Guar­dian qui s’est lan­cé dans l’aven­ture. Alors que la presse bri­tan­nique re­pro­duit les cli­vages entre par­tis po­li­tiques, The New Eu­ro­pean a été conçu comme un signe d’ap­par­te­nance à une com­mu­nau­té in­édite qui dé­passe la fron­tière La­bour-to­ries : les Bri­tan­niques an­ti-Brexit, les « fous d’Eu­rope ». «Nos lecteurs croyaient que per­sonne dans le pays ne pen­sait comme eux, ana­lyse Matt Kel­ly. Au­jourd’hui, ils lisent en pu­blic notre jour­nal en le bran­dis­sant. The New Eu­ro­pean est de­ve­nu un cri de ral­lie­ment.» Fon­dé comme une pu­bli­ca­tion éphé­mère, « l’hebdo des 48 % » ap­proche de son 70e numéro et se vend à 25 000 exem­plaires. Son ré­dac­teur en chef, né à Li­ver­pool, ville por­tuaire ou­verte sur le monde, se dé­fi­nit comme «in­ter­na­tio­na­liste par dé­faut» . «À17 ans, j’ai com­men­cé àal­ler àPa­ris pour m’as­seoir àune ter­rasse de ca­fé comme He­ming­way, ra­conte-t-il. Le Quar­tier la­tin était au centre de mon monde. L’idée que mes en­fants soient ex­clus de cet es­pace ou­vert, fait de lieux my­thiques et de va­leurs par­ta­gées, m’est in­sup­por­table.» L’en­thou­siasme pour un monde sans fron­tière et le goût des autres, Gra­ham Hu­ghes les per­son­ni­fie mieux que qui­conque. Ce Phi­leas Fogg rou­quin et mous­ta­chu de 38 ans a fait son en­trée en 2014 dans le Livre des re­cords pour avoir par­cou­ru tous les pays du monde sans ja­mais prendre l’avion. C’est lui qui, le 9 sep­tembre à Londres, ani­mait avec fer­veur le mee­ting qui clô­tu­rait la « Marche pour l’Eu­rope » face au Par­le­ment de West­mins­ter. In­con­nu du pu­blic, ce fas­ci­nant per­son­nage, à la fois réa­li­sa­teur de vi­déos et globe-trot­teur, re­lie ses convic­tions pro-eu­ro­péennes aux sou­ve­nirs des va­cances d’été dans les cam­pings du conti­nent ri­tuel­le­ment or­ga­ni­sées par son père, mé­ca­ni­cien au­to. «Aus­si­tôt le ri­deau de fer le­vé, il nous aem­me­nés en Eu­rope de l’Est, ra­conte-t-il. J’aime qu’on puisse se dire : “On prend la voi­ture et on y va.” Je me sens chez moi àBer­lin comme àBar­ce­lone.» Gra­ham Hu­ghes au­rait pu aus­si bien res­ter dans son ha­mac de Jin­ja, une pe­tite île proche de Pa­na­ma qu’il a ga­gnée en rem­por­tant « S. O. S. is­land » , un jeu d’aven­ture sur In­ter­net. Mais son odys­sée au­tour du monde qu’il ra­conte dans un livre, Man of the world, scan­dée de mul­tiples ga­lères aux fron­tières, fouilles, ar­res­ta­tions et même em­pri­son­ne­ments, lui a fait me­su­rer le prix de la libre cir­cu­la­tion qui pré­vaut dans l’Union eu­ro­péenne. L’ex­pé­rience cui­sante des «co­pains avec qui on ne peut plus par­ler parce qu’ils veulent quit­ter l’UE» a ache­vé de le je­ter dans la ba­taille contre le Brexit. L’idée des brexi­ters (par­ti­sans de la rup­ture avec l’UE) se­lon la­quelle la pros­pé­ri­té du Royaume-Uni passe par le com­merce avec le Com­mon­wealth plu­tôt qu’avec l’Eu­rope, le hé­risse. La pers­pec­tive des files de ca­mions at­ten­dant de pas­ser la douane à Douvres comme au­tre­fois lui donne des cau­che­mars. Avoir tra­ver­sé les océans à la vi­tesse d’un car­go char­gé de contai­ners a fixé ses idées sur la géo­gra­phie éco­no­mique du monde. «Pour­quoi, in­ter­roge-t-il, tour­ner le dos àun­con­ti­nent de cinq cents mil­lions d’ha­bi­tants si­tué àvingt miles, pour tendre la main àl’Aus­tra­lie qui es­tà­qua­rante jours de mer et ne compte que vingt-trois mil­lions d’ha­bi­tants?» Alors l’aven­tu­rier ri­go­lard na­tif de Li­ver­pool, long­temps adhé­rent du La­bour, mi­lite à sa fa­çon pour le main­tien dans l’Eu­rope. Il a lan­cé la cam­pagne « Bol­locks to Brexit » (lit­té­ra­le­ment « Brexit mes couilles ») dont les au­to­col­lants jaune fluo font fu­reur dans les dé­fi­lés. Gra­ham Hu­ghes pro­jette aus­si de lan­cer sur les routes d’An­gle­terre un bus rouge ana­logue à ce­lui qui a ser­vi la pro­pa­gande pro-Brexit. À chaque étape, un pe­tit spec­tacle uti­li­se­rait l’hu­mour pour dé­non­cer les aber­ra­tions de la rup­ture avec le conti­nent. Pas de dra­peaux de l’UE si mal vus, mais un co­mé­dien so­sie du mi­nistre bri­tan­nique des af­faires étran­gères Bo­ris John­son qui tour­ne­rait en dé­ri­sion les rêves im­pé­riaux de ce fa­rouche par­ti­san d’un hard Brexit. Si ce re­fus de lar­guer les amarres avec l’Eu­rope ne les réunis­sait pas, Gra­ham Hu­ghes n’au­rait ja­mais ren­con­tré Steve Ga­vin, in­gé­nieur, conser­va­teur et père de fa­mille de 51 ans. Les voi­là qui mi­litent en­semble à « Li­ver­pool for Eu­rope », un col­lec­tif qui pros­père dans cette ville ré­gé­né­rée par les sub­ven­tions de l’UE et qui a re­je­té à plus de 58 % le Brexit. Tous deux exècrent «l’idée très en­ra­ci­née d’une ex­cep­tion, voire d’une su­pé­rio­ri­té bri­tan­nique» qui sous­tend le Brexit. «Cer­tains n’ont pas ac­cep­té la fin de l’Em­pire» , en­rage Steve Ga­vin, qui porte un pin’s réunis­sant les dra­peaux bri­tan­nique et eu­ro­péen. Pour lui, le Brexit est une dé­ci­sion «fon­dée sur des men­songes» , aux an­ti­podes de l’es­prit bri­tan­nique, «ou­vert sur le monde et prag­ma­tique» . Dans la né­bu­leuse des ma­nifs proeu­ro­péennes, on croise aus­si la co­lère in­ex­tin­guible de Sas Har­ri­son, 34 ans, in­gé­nieur dans l’aé­ro­nau­tique. «Mon pays c’est l’Eu­rope » , pro­clame ce «fé­dé­ra­liste » né d’un père bri­tan­nique et d’une mère ira­nienne qui lui a «ap­pris àre­gar­der l’An­gle­terre de l’ex­té­rieur» . Il a fait ses études aux Pays-Bas, tra­vaillé en Scan­di­na­vie et voit l’UE comme «la seule fa­çon pour l’Eu­rope de n’être ni vio­len­te­ni­mar­gi­na­li­sée,etd’as­su­rer­la­sur­vie de sa culture dans le monde» car «si­vous êtes chi­nois, quelle dif­fé­rence faites-vous entre un Da­nois et un An­glais ?» Lui aus­si re­lie le Brexit à «un­ni­veau d’ar­ro­gance qui n’existe dans au­cun au­tre­pays» . «Dèsl’en­fance, glisse-t-il, les en­fants ap­prennent que l’An­gle­ter­rea­tou­jours été du bon cô­té. On ou­blie de leur dire que la reine est àmoi­tié al­le­mande.» Lui aus­si des­cend dans la rue pour la pre­mière fois, écar­te­lé entre le sen­ti­ment d’être «pris au piège par [son] propre pays» , et la convic­tion que «c’est mieux pour l’Eu­rope parce que si des pa­rents ne s’aiment pas, il vaut mieux qu’ils di­vorcent» .

Là ré­side sans doute le point com­mun entre tous les re­belles au brexit : la sen­sa­tion d’une dou­lou­reuse dé­chi­rure per­son­nelle. Ce­ri C., 56 ans, consul­tant en stra­té­gie, n’a pas ou­blié sa dé­cou­verte de Mar­seille, à l’âge de 14 ans, lors d’un échange avec le ly­cée Saint-Charles qui a pro­ba­ble­ment chan­gé sa vie. Il a tra­vaillé en Al­le­magne et en France, pays où ses en­fants sont nés et dont il parle par­fai­te­ment la langue. Ani­ma­teur ma­dré de plu­sieurs ré­seaux so­ciaux an­ti-Brexit, il n’a au­cune en­vie de re­ve­nir au temps où, avant d’adhé­rer à la Com­mu­nau­té éco­no­mique eu­ro­péenne (CEE), le Royaume-Uni était «l’hom­me­ma­la­de­del’Eu­rope» . Le sau­cis­son ita­lien et le fro­mage fran­çais ne s’ache­taient que dans des ma­ga­sins spé­cia­li­sés où l’em­me­nait son père, alors qu’ils sont au­jourd’hui sur toutes les tables. «On­nous ap­pelle les “re­moa­ners” [les râ­leurs qui veulent res­ter dans l’UE]. Nous ne râ­lons pas. Nous sommes in­quiets de la ca­tas­trophe qu’an­nonce un acte d’au­to­mu­ti­la­tion na­tio­nale.» Pour l’heure, les « fous d’Eu­rope » sont loin de se faire en­tendre. Les mé­dias, BBC com­prise, les ignorent, les jeunes ne se mo­bi­lisent guère et la pro­por­tion de Bri­tan­niques qui consi­dèrent le Brexit comme une er­reur (53 % au­jourd’hui contre 48 % lors du vote) dé­colle à peine. Juste une ques­tion de temps, sou­tiennent les mi­li­tants qui, à re­gret, comptent sur une nette dé­té­rio­ra­tion de la si­tua­tion éco­no­mique pour ou­vrir les yeux de leurs com­pa­triotes. «En­six mois, le pay­sage achan­gé et l’idée d’un se­cond ré­fé­ren­dum sur l’ac­cord fi­nal avec l’UE fait son che­min. Lorsque le chaos éco­no­mique et po­li­tique se se­ra ag­gra­vé, elle s’im­po­se­ra» , veut croire Matt Kel­ly du New Eu­ro­pean. La pos­si­bi­li­té d’un échec de la né­go­cia­tion avec les 27 nour­rit aus­si la me­nace d’une dra­ma­tique «chute de la fa­laise » à l’échéance de mars 2019, si les ex­por­ta­tions bri­tan­niques vers le conti­nent étaient sou­dain frap­pées de droits de douane. «Un­jour,nous re­vien­drons to­quer àla­porte de l’Eu­rope, as­sure Gra­ham Hu­ghes. Àmoins que, d’ici là, nous ne trou­vions ànotre porte un autre conti­nent aus­si pros­père et en paix.»

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