Posts et pos­tures #af­ter­sho­wer.

LES AC­CROS DES RÉ­SEAUX SO­CIAUX NE CESSENT DE METTRE EN SCÈNE LEUR VIE À COUPS DE HA­SH­TAGS ET DE SEL­FIES, LAN­ÇANT LA TEN­DANCE (OU PAS). CETTE SE­MAINE, LA PHOTO POST­DOUCHE.

Magazine M - - Le Sommaire - PAR CARINE BI­ZET — ILLUS­TRA­TION ALINE ZALKO

INS­TA­GRAM POUR­RAIT FA­CI­LE­MENT ÊTRE REBAPTISÉ LAVIEDESGENS.COM. Man­ger, dor­mir, faire du sport… Tout ce que vous n’avez son­gé à connaître d’hu­mains lamb­da est là. Y com­pris leurs ha­bi­tudes de salle de bains. Pas de pa­nique, on n’est pas – en­core – au ni­veau sel­fie sur le trône. Le #af­ter­sho­wer ras­semble plu­tôt ceux qui sont dé­si­reux de faire par­ta­ger leur sa­von­nage et autres ablu­tions du jour. Ima­gi­nez une ver­sion té­lé-réa­li­té de ces pu­bli­ci­tés pour sa­vons in­times. Fait étrange, il n’est que très peu ques­tion de pro­pre­té dans le monde #af­ter­sho­wer ; en re­vanche, on ren­contre une bonne tri­bu d’ex­hi­bos un peu fourbes qui font le coup de la ser­viette. Au-des­sus des seins en ver­sion bus­tier pi­geon­nant pour les filles, op­tion qui tient à peine sur les hanches pour les gar­çons. Tou­jours avec l’ef­fet « oups! j’ai pas fait ex­près » – on peut les soup­çon­ner lé­gi­ti­me­ment de tes­ter leurs pro­chaines pho­tos de pro­fil Tin­der ou Grin­dr. Plus am­bi­gus, cer­tains uti­lisent ce ha­sh­tag pour pos­ter des au­to­por­traits « hu­mides », au sens de « re­garde ma tête de chien mouillé » ( les sous- en­ten­dus sexuels dé­pen­dant de la mo­ti­va­tion de cha­cun[e]). Évi­dem­ment, il y a de la triche : beau­coup de ces images sont en noir et blanc pour mieux gom­mer les dé­gâts d’un sé­jour pro­lon­gé sous le pom­meau de la douche. Quant à ceux et celles qui se cachent der­rière un filtre photo chien/chat/la­pin, à quoi bon prendre ce sel­fie si ce n’est pour voir à quoi vous res­sem­blez avec le bru­shing de Ran­tan­plan ? En­fin, les ac­ti­vi­tés du #af­ter­sho­wer sont aus­si l’oc­ca­sion d’or­ga­ni­ser un fes­ti­val co­lo­ré de pla­ce­ment de pro­duits : mousse à ra­ser, crème hy­dra­tante pour le corps, sham­poing, sa­von li­quide… C’est un vrai su­per­mar­ché du soin cor­po­rel qui doit trans­for­mer ces braves consom­ma­teurs en boules odo­rantes va­nille/musc/fram­boise/barbe à pa­pa. Un mys­tère de­meure ce­pen­dant : à en ju­ger par l’odeur qui ac­cueille chaque ma­tin les usa­gers dans les trans­ports en com­mun, au­cun des adeptes du #af­ter­sho­wer ne prend le bus ou le mé­tro. Mais alors où sont-ils?

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